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REPRISE DU PROCES EN ASSISES DE SIMONE GBAGBO: on tourne en rond

Suspendu à plusieurs reprises depuis  son ouverture le 31 mai 2016, le procès en assises de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire a encore repris hier 28 novembre 2016. Ce procès qui tient en haleine tout le peuple de Côte d’Ivoire et d’ailleurs, est loin d’être un fleuve tranquille. En effet, ce procès dont d’aucuns croyaient qu’il serait expéditif, est en passe, si ce n’est déjà le cas, de devenir un casse-tête pour le régime de Alassane Dramane Ouattara (ADO).  En tout cas, ceux qui avaient vite fait d’affirmer qu’ADO avait bien fait en ne transférant pas Simone Gbagbo à la Haye, doivent aujourd’hui se raviser. En effet, tant que ce procès ne prendra pas fin, ADO risque d’avoir  le sommeil trouble.  Tout cela, à cause de la mauvaise foi de l’épouse de Laurent Gbagbo. Car, la posture qu’elle a adoptée n’est pas de nature à faciliter la tâche à la Justice.  Elle a bâti toute sa stratégie de défense sur le déni et la dénégation, si bien que l’on se demande à quand la fin du procès.  En demandant la comparution de personnalités politiques comme Guillaume Soro, ex-chef de la rébellion, Jeannot Ahoussou, ancien Premier ministre de ADO et Philippe Mangou, ancien chef d’état-major général des armées ivoiriennes, Simone joue gros. Mais pour elle, le jeu en vaut la chandelle. Car, consciente que sa requête ne saurait être recevable, étant donné que certains de ces  anciens dignitaires du régime défunt de son époux, jouissent d’une immunité, du fait des fonctions qu’ils occupent actuellement.

 

L’accusée est consciente que son sort est scellé

 

Mais elle sait aussi que du point de vue du droit, si l’on tient à faire toute la lumière sur les crimes dont on l’accuse, ces derniers doivent être entendus par la Justice, ne serait-ce qu’en qualité de témoins, certains d’entre eux ayant obéi au doigt et à l’œil de l’ex-Première Dame. Comme on le dit, si on accuse Dieu d’un crime, c’est que les anges sont d’office coupables. Si Simone est responsable des crimes dont on l’accuse, c’est que ceux dont elle réclame la présence, ne sont pas blancs comme neige. Mais l’on pourrait dire que si Simone Gbagbo refuse de collaborer avec la Justice, c’est que c’est ADO qui lui en aura donné l’alibi. S’il avait fait juger certains de ses collaborateurs issus des rangs de la rébellion que l’on accuse d’avoir commis des crimes, la Première Dame aurait eu moins d’arguments pour justifier son attitude. Mais en protégeant des anciens rebelles dont les mains sont aussi tachées de sang, ADO donne des verges pour  se faire fouetter. Il devait savoir que Simone Gbagbo qui n’est pas un enfant de chœur, ne se comporterait jamais en victime résignée face à une justice qu’elle juge sélective. En vérité, l’attitude de l’accusée était prévisible. Elle sait, comme le disent les Ivoiriens,  qu’elle est déjà un cabri mort, car quel que soit alpha, elle ne sera pas blanchie dans ce procès. Et même si, par extraordinaire, elle venait à l’être, elle purgerait la peine de 20 ans de réclusion qui lui avait été infligée au premier procès pour atteinte à la sûreté de l’Etat. On tourne donc en rond parce que l’accusée est consciente que son sort est scellé.

 

Dabadi ZOUMBARA

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