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POLEMIQUE AUTOUR DE L’ARBITRAGE A LA CAN 2015 : Et si on recourait enfin à la vidéo ?

En football, toutes les défaites n’ont pas la même saveur. La Tunisie, qui s’est inclinée face à la Guinée Equatoriale  en quarts de finale  de la CAN 2015 à Bata (2-1), le 31 janvier dernier, doit être très amère. Elle qui a mené jusque dans les arrêts de jeu, a vu  les Equato-Guinéens égaliser par Balboa sur un penalty plus que litigieux, puis prendre l’avantage  pendant la prolongation sur un coup franc tout aussi contestable. Une rencontre émaillée de vives altercations  en toute fin de match, qui ont même nécessité  l’intervention des forces de l’ordre.

Cette qualification de la Guinée Equatoriale qui a été malheureusement  entachée  d’une série d’évènements qui ne manqueront pas de ternir l’image de cette compétition, vient encore remettre au goût du jour la question des erreurs d’arbitrage dans une compétition aussi prestigieuse que la CAN. Ainsi, Ahmed  Akaichi, l’attaquant tunisien, furieux contre l’arbitrage, a réclamé le départ  du président de la Confédération Africaine  de football  (CAN), Issa Hayatou qui, selon lui, ne peut plus rester à la tête de cette institution après ce qui vient de se passer. Ce coup de gueule du joueur tunisien est destiné à montrer à la face du monde que le milieu du football africain est véritablement corrompu.

Pour certains, la Guinée Equatoriale ayant sauvé une situation in extremis,  en acceptant d’organiser au pied levé la CAN, a bénéficié d’un retour de l’ascenseur de la CAF. Et pour ce faire, tous les moyens auraient été mis à contribution, notamment du côté  de l’arbitrage, afin de permettre à la Guinée Equatoriale d’aller le plus loin possible dans cette compétition. Les  prochains adversaires de ce pays sont donc  prévenus. Ils devront être mentalement et psychologiquement forts, en un mot, s’attendre à tout quand ils auront en face d’eux les joueurs équato-guinéens, si, du moins, l’hypothèse du coup de pouce au pays organisateur est avérée.

Cela dit, on pourrait aussi de dire que la Tunisie est, d’une certaine façon, victime d’une ironie du sort. Quand on sait que pendant la CAN 2013, lors de la demi-finale entre le Ghana et le Burkina Faso, l’arbitre tunisien, Slim  Jedidi, s’était  tristement illustré en accordant un penalty « généreux » aux Ghanéens, suivi de l’expulsion d’un joueur burkinabè très offensif qui n’est autre que Jonathan Pitroipa.   Quoi qu’on dise, cette polémique autour de l’arbitrage, relance le vieux débat sur la question de  l’instauration de la vidéo- surveillance dans les stades.

La CAF ne perd rien  à essayer

Certes, des voix s’élèveraient encore pour dire qu’une telle option enlèverait  tout son charme au football. Mais le football  est un domaine de passion tel qu’il importe de mettre, une fois pour toutes, fin aux frustrations de toutes sortes générées par l’à-peu-près.  Si la vidéo peut mettre fin à la polémique, pourquoi ne pas enfin y aller pour mettre tout le monde d’accord ?  Le recours à cette technologie sera le moindre mal, en ce sens que  son arbitrage sera nécessaire pour éclairer tout le monde.

Par ailleurs,  l’instauration  de la vidéo-surveillance pourrait   permettre d’anticiper et  de gérer les mouvements de foule. Elle pourrait  constituera  également un moyen d’identification d’éventuels auteurs d’infractions. Pour tout dire, la CAF ne perd rien  à essayer, d’autant plus qu’elle est bien souvent mise sur la sellette. En attendant, les Tunisiens  continuent  de ruminer  leur colère  contre  l’arbitre et la CAF qui, selon eux, ont  été les complices  de leur retour précipité au bercail.

Seydou TRAORE

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