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Idak Bassavé, artiste-musicienne : « Les artistes comptent sur les concerts pour pouvoir vivre, sinon… »

Ils sont certainement nombreux ces Burkinabè qui se demandent où est passée cette icône de la musique burkinabè. Lorsque nous lui avons posé la question, elle a répondu : « je suis là, je me porte bien » avant de confier qu’elle fait pourtant des prestations dans des cérémonies tels les mariages, les dîners, etc. Mais pour tous ceux qui pensent que l’artiste a disparu des radars, ils la verront encore sous les projecteurs, puisqu’elle vient de mettre sur le marché du disque, un maxi dénommé « Kadi ». Vous l’aurez certainement deviné, il s’agit de Idak Bassavé qui n’est plus à présenter. Cette diva de la musique burkinabè qui totalise 24 ans de carrière solo, était l’invitée de actuburkina.net, le 18 juillet 2023. La crise sécuritaire, la politique culturelle du Burkina, la vie de l’artiste en dehors de la musique sont entre autres sujets abordés lors des échanges où elle fait des révélations croustillantes. Lisez plutôt !

Que devient Idak Bassavé que l’on entend de moins en moins ?

Je me porte très bien, je suis en bonne santé et je remercie le Seigneur pour cela. Il est vrai que certains disent qu’ils ne m’entendent plus mais je suis là. D’ailleurs, on ne peut pas être vu par tous à tout moment car certaines personnes aussi me voient faire des prestations dans des cérémonies, notamment des mariages, des diners, etc. donc, retenez que je suis là.

Depuis 2016, notre pays traverse une crise sécuritaire sans précédent. En tant qu’artiste, comment vivez-vous cette situation ?

On vit cette situation difficilement et douloureusement parce que pendant que nous sommes à Ouagadougou où ça va, dans d’autres localités, des Burkinabè ont tout abandonné derrière eux. Ce sont des situations douloureuses. Quand on voit des êtres humains tuer froidement leurs semblables, cela fait très mal au cœur. Quand tu penses que des enfants ne verront plus leurs pères, leurs mères du fait de la barbarie de certaines personnes, la douleur est difficile à supporter. On prie toujours le Seigneur afin qu’il étende ses mains sur chacun et que la paix revienne dans le pays.

En tant qu’artiste, ce n’est pas facile.  Nous essayons de faire passer des messages de sensibilisation au sein des populations. Par exemple, j’ai composé une chanson en hommage à nos braves soldats « Sodassa » chantée dans plusieurs langues du pays pour leur montrer que nous sommes de cœur avec eux. Il y a aussi cette chanson qui vient de sortir « Tond ka na n sak yand yé » qui est un remix. En effet, c’est le public qui m’a encouragé à reprendre cette chanson sinon qu’elle n’était pas dans mon programme. Un jour, un jeune a balancé le clip en question sur facebook et quand certains l’ont vu, ils ont dit qu’il fallait la reprendre pour encourager toute la population burkinabè, les soldats et les VDP. Ce sont donc les réactions des gens qui m’ont poussée à reprendre la chanson et si vous l’écoutez très bien, vous verrez que tout y avait été dit. Par exemple un Burkinabè qui fait du mal à un autre Burkinabè, n’est pas un vrai Burkinabè. Un vrai Burkinabè, c’est celui-là qui pardonne et qui aime son pays.  Celui qui aime son pays ne doit pas faire du mal. A cause de sa patrie, le Burkinabè est prêt à mourir que d’accepter la honte. Voilà pourquoi j’ai tenu à encourager nos soldats qui sont sur le champ de bataille.

 

L’artiste musicienne Idak Bassavé

Idak Bassavé totalise combien d’années de carrière et combien d’albums, à ce jour ?

Si je veux parler de la carrière avec la famille, je dirai 35 ans. Mais carrière solo, cela fait 24 ans. J’attends l’an prochain pour célébrer les 25 ans. J’ai à mon actif 8 albums et 1 maxi. J’ai fait le maxi en réaction à la demande des fans concernant la chanson « Tond ka na n sak yand yé ». Etant donné qu’elle ne figurait pas dans mon album, je me suis sentie obligée de faire sortir cela en maxi avec deux autres titres. Il faut signaler que j’ai fait un featuring avec la maman Aïcha Koné et une autre chanson où je parle de mariage. C’est une très belle chanson chantée en mooré mais avec un style mandingue. J’ai ajouté le clip comme bonus pour permettre à ceux qui vont acheter la clé USB de voir le clip parce que souvent, les gens ne voient pas la beauté du clip à travers les télés. Mais avec la clé USB, ils verront la vraie qualité du clip.

A quand remonte le dernier album ?

Mon dernier album « Baayo » qui est le prénom de mon père en Sissala, date de 2022. Quant au maxi, il est intitulé « Kadi ».

Comment se comporte-t-il sur le marché ?

Pour dire vrai, les gens ne paient plus les albums. Les artistes comptent sur les concerts pour pouvoir vivre, sinon pour ce qui concerne les CD et autres, les gens n’achètent pas mais avec le maxi, on attend de voir comment ça va se passer.

Dans quelles conditions ce maxi a-t-il été réalisé ?

Il a été fait de bonnes conditions parce que j’ai eu un jeune arrangeur du nom de « Yacou 3 Giga », qui est très fort. Je lui ai dit que je n’allais pas quitter le style traditionnel mais qu’il devait faire des recherches, comme c’est du liwaga, pour y mettre du style.  Et ç’a été le cas.  Quant au clip, il a été réalisé par un jeune très intelligent, « Extrem visual » que je tiens à féliciter. Il est très fort. Je voulais des images du Burkina avec des tenues traditionnelles (le Kôkô Dunda dedans) et il a fait un travail formidable que j’ai aimé et que les gens adorent aussi.

Quelle appréciation de la politique culturelle au Burkina ?

 

Que fait Idak Bassavé en dehors de la musique ?

Je fabrique et commercialise du savon liquide, de l’eau de javel et du vinaigre. J’ai eu l’autorisation du Laboratoire national de santé publique (NDLR : devenu Institut national de santé publique) pour fabriquer ces produits.  Mais de nos jours, les coûts des intrants ont tellement augmenté qu’il n’y a pratiquement plus de marge bénéficiaire surtout pour ce qui concerne le vinaigre. En plus des coûts des intrants, il y a le fait qu’il y a trop de vinaigre sur le marché, ce qui n’est pas sans conséquence sur chiffre en matière de vente.  C’est pourquoi je n’en fabrique plus pour vendre. Mais je le fais sur commande ou pour en offrir à des amis, à certains membres de ma famille, etc. En revanche, pour ce qui est du savon liquide et de l’eau de javel, j’ai assez de commandes.  A part la musique, c’est ce que je fais comme activité. Je rappelle aussi que j’ai une association dénommée association Bassavé pour le bien-être des enfants. Chaque année, nous organisons un concert gratuit au profit des enfants.

Tout le monde est unanime pour dire que Idak Bassavé est née et a grandi dans la musique jusqu’à ce jour. Peut-on dire aujourd’hui que cette musique vous a permis de vous réaliser ?

Bien sûr ! Il faut dire que j’ai eu un peu de chance quand même. Avec ma famille, nous avons tourné un peu partout, ce qui nous a valu une notoriété tant au Burkina qu’au-delà de nos frontières. Aujourd’hui quand on dit Idak Bassavé, je peux dire que c’est devenu une 2e identité pour moi. Le nom Bassavé déjà t’ouvre des portes. Je ne peux pas tout dire mais Dieu a fait des merveilles pour moi et j’ai su comment me comporter parce que dans la vie, quand ça va, il faut profiter réaliser des projets. A ce titre, j’ai beaucoup plus investi dans l’immobilier et je rends grâce à Dieu pour cela. Même si j’ai les mains vides aujourd’hui, au moins je sais qu’à chaque fin de mois, j’ai quelque chose pour pouvoir manger.

Quels ont vos projets ?

Mon souhait est de faire la promotion de mon dernier clip et faire des tournées en Côte d’Ivoire, en Europe ou aux Etats-Unis où j’ai déjà été d’ailleurs. J’ai également mes affaires et j’aimerais bien m’installer avec mes produits que je fabrique, faire une très bonne communication.

N’y a-t-il pas un projet de concert en vue ?

Pas pour l’instant non mais ça va venir, au moins dans le cadre de mes 25 ans de carrière. Là aussi, il faut se lever de bonne heure, pour chercher des partenaires, des sponsors. Et J’y pense vraiment.

Un message à l’endroit de vos milliers de fans d’ici et d’ailleurs…

 

 

Entretien réalisé par Colette DRABO

 

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