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Drame de Perkoa :  » Il y’a eu de la négligence dans les travaux de bouchage des trous dus aux dynamitages »

 Le 16 avril 2022, une inondation est survenue à la mine de zinc de Perkoa. A ce jour 09 mai 2022, les huit mineurs bloqués au fond de la mine y sont toujours. Que s’est-il passé ?  Quelles leçons peut-on tirer de ce drame ?

L’Unité d’Action Syndicale (UAS), après le communiqué de presse qu’elle a publié le 1er mai 2022 sur la situation, a effectué une mission sur le site de la mine le 3 mai 2022. Cette visite lui a permis de réunir des informations auprès de la direction et des représentants des travailleurs et de faire un certain nombre de constats.

L’exposé liminaire a été présenté par le directeur de l’hygiène et de la sécurité venu du siège du groupe canadien TREVALI MINING, assisté du Directeur des Ressources Humaines et d’autres techniciens. Il en ressort que   l’inondation a été provoquée par une forte pluie. Suite à cette inondation, si la majorité des mineurs ont pu sortir de la mine, huit d’entre eux dont deux expatriés (un Tanzanien et un Zambien) ont été bloqués au fond de la mine. Ils seraient à 580 et 640 mètres sous terre au moment de l’inondation. La direction de la mine a indiqué que dès les premiers instants, elle a saisi directement le ministère qui a dépêché une équipe à Perkoa. La mine a par ailleurs bénéficié du soutien de tous les acteurs du secteur minier, ainsi que des sapeurs-pompiers et de l’ONEA. Les opérations ont commencé avec l’utilisation de petites pompes mais par la suite, la quantité de pompage a été améliorée et c’est du Ghana qu’elle a reçu les gros tuyaux. L’intervention de plongeurs a été envisagée puis abandonnée. Elle annonce avoir rencontré les familles dès le 17 avril, puis le 18 et le 24 avril. Elle a aussi reçu les communautés de la localité et fait le nécessaire pour des sacrifices.

Suite à l’exposé de la direction, la délégation de l’UAS a posé des questions sur les circonstances de l’inondation. Par exemple, elle a demandé si des études avaient été menées sur les cours  d’eau autour de la mine, si des dispositifs étaient mis en place pour bloquer l’eau ou pour donner l’alerte. Elle a aussi cherché à savoir si les chambres de refuge pouvaient faire face à une inondation et si la mine avait sollicité l’aide de pays comme le Ghana qui a une longue tradition minière.  Sur les dispositifs et les études, la direction a répondu qu’elle a hérité de la société qui a précédé TREVALI dans la gestion de la mine. A la question de savoir pourquoi la mine n’a pas envisagé un forage pour aboutir aux mineurs, la réponse a été que l’emplacement exact des mineurs dans la mine n’était pas connu. Enfin sur les chances de retrouver les huit mineurs encore en vie, la réponse a été sans ambages : il faudrait un miracle.

Sur les causes de l’inondation, l’UAS retient que l’inondation est due à la mine à ciel ouvert que la société a créée au-dessus de la mine souterraine pour accélérer l’exploitation et ce sont les dynamitages opérés les jours précédents au niveau de la mine à ciel ouvert qui ont fragilisé les digues et favorisé l’inondation.

 Il nous apparaît qu’il y a eu de la négligence dans la réalisation de travaux de renforcement et de bouchage des trous dus aux dynamitages. En clair, c’est la cupidité des patrons de la mine qui a causé la catastrophe.

Ces raisons fondent la pertinence de l’enquête judiciaire exigée par les familles et le gouvernement et elle devra permettre de situer les responsabilités.

L’UAS note que malgré les missions du gouvernement sur le site de la mine, les secours ont traîné à se mettre en place et on peut se demander si le déploiement de gros engins arrivés tout dernièrement d’Afrique du Sud va vraiment permettre de sauver les huit mineurs, trois semaines après l’inondation.

A ce stade, l’UAS estime qu’il importe de tirer les conséquences de ce qui est survenu à Perkoa et de prendre les mesures qui s’imposent pour éviter la répétition de tels drames. Dans ce sens, elle interpelle le gouvernement et l’appelle à :

  • Veiller au respect strict des mesures de sécurité dans les entreprises, particulièrement dans les sociétés minières, ainsi qu’à celui des cahiers de charges ;
  • S’assurer que les mines conforment l’exploitation minière à leur contrat ;
  • Réaliser un audit de toutes les sociétés minières pour s’assurer qu’elles se conforment à la convention signée avec l’Etat et que les mesures de sécurité sont rigoureusement observées ;
  • veiller à une prise en charge conséquente des éventuelles victimes de l’inondation de la mine de Perkoa, et plus généralement de l’ensemble des travailleurs lésés par la suspension de l’exploitation.

En tout état de cause, une correspondance sera adressée à son excellence monsieur le premier ministre pour traduire les attentes de l’UAS sur ce dossier.

Pour les secrétaires généraux

 

Ont signé :

 

Le Président de mois des centrales syndicales                          Le Président de mois des syndicats autonomes

Olivier OUEDRAOGO                                                                    Alain SOME

Secrétaire Général/CSB                                               Secrétaire Général/SYNTRAPOST

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