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Doundosy, artiste-musicien burkinabè : « Notre ambition, c’est de conquérir le monde »

Doundosy, de son vrai nom Salif Yoda, est un artiste-musicien burkinabè qui a bercé les mélomanes avec son album « Mélodie Djecka » en 2001. Parti juste après la sortie dudit album pour l’Angleterre pour des études, il s’est signalé avec son single « Wobr » qui signifie « retour » en langue bissa, sorti en septembre 2021, soit 20 ans après. Un single qui lui vaudra le Kundé de la chanson moderne d’inspiration traditionnelle, édition 2023. En attendant la sortie de son prochain album, il a mis sur le marché, le 1er septembre dernier, un autre single « Zounzounkou ». Le concepteur du « Djecka music » était l’invité de actuburkina, le 18 septembre dernier, dans le cadre de sa rubrique « Vie de stars ». Dans cet entretien, Doundosy nous confie ses projets, ses ambitions et se prononce sur la musique burkinabè de façon générale. Lisez plutôt !

Vous avez sorti un album « Mélodie Djecka » en 2001 et après, silence radio. Où était donc passé  Doundosy pendant tout ce temps ?

Effectivement, en 2001, il y a eu beaucoup des coïncidences dans ma vie. Il y avait la musique et mon projet d’études à Londres, en Angleterre. Au moment où je finalisais l’album, il y avait aussi la pression du départ pour l’Angleterre.  Ce qui a fait que juste après la sortie de l’œuvre, je n’étais pas là. Cela a pris du temps parce qu’il fallait non seulement s’adapter, faire face aux réalités, accomplir les missions qu’on s’était fixées, ce qui a créé cette absence pendant presque 20 ans.

Mais en 2021, vous avez fait sortir un single « Wobr ». Qu’est-ce que cela signifie ?  

Après 20 ans, ce n’était pas facile de revenir comme ça sur scène et continuer avec les mêmes ambitions. J’ai dû préparé doucement mon retour et c’est en fin 2016 début 2017 que j’ai totalement signé mon retour au Burkina.  Je me suis dit qu’étant revenu après plus de 20 ans, il y a eu certainement le déracinement parce que faire des années en train de parler uniquement l’anglais, l’accent français ou la langue maternelle a pris un coup, en clair, il y aurait des lacunes quelque part. Donc j’ai pris le temps de m’adapter, de préparer « Wobr » sorti le 1er septembre 2021, pour signifier que je suis de retour et que je sollicite l’accompagnement de tout le monde pour reprendre le combat pour la valorisation du patrimoine culturel.

L’artiste-musicien Doundosy

Est-ce à dire que Doundosy est vraiment de retour et qu’il «  ne va plus disparaitre des radars » ?

Je vous ai dit que j’ai décidé de m’installer parce que j’ai mis du temps pour le faire. Vous voyez que de 2016 à 2021, cela fait 5 ans, ce qui n’est pas petit. Donc, je pense que c’est juste une manière de dire que je ne vais plus repartir, que je suis là pour toujours. Nous sommes là pour continuer le combat culturel, être garant de cette valeur culturelle que je prône. Je souhaite qu’on protège cette valeur pour les générations à venir.

Effectivement le single « Wobr » a reçu, cette année 2023, le Kundé de la chanson moderne d’inspiration traditionnelle. Avez- vous été surpris ?

Oui, d’une part, cela été une surprise parce qu’on ne peut pas disparaitre 20 ans, revenir faire un son pour remporter un prix. J’avais des inquiétudes concernant les mélomanes et je me demandais s’ils n’allaient pas se poser la question si c’est toujours le même Doundosy, si je n’allais pas les amener ailleurs, si la démarche musicale allait être la même, etc. Donc il y avait toutes ces questions que je posais. Mais j’ai eu la chance de continuer avec les mêmes inspirations et d’avoir le même arrangeur, ce qui m’a permis de rester dans la même dynamique et continuer avec le même genre musical qui m’a valu le trophée.

 Quel regard portez-vous sur la musique burkinabè de façon générale et que pensez- vous de la politique culturelle du pays ? 

 

Quels sont vos projets à court et moyen termes ?

Après 20 ans, on a une valise pleine de choses. Le 1er septembre dernier, nous sommes revenus avec « Zounzounkou ». En 2016, avec « Wobr », c’était pour dire que nous étions là et que le travail allait commencer. « Zounzounkou », c’est pour essayer d’aider la communauté à bien vivre. Mais comment un artiste peut- t-il aider sa communauté à bien vivre ? C’est alors dénoncer ce qui cause les difficultés dans sa communauté.  Pour ma première sortie après « Wobr », j’ai voulu dénoncer ce qui ne favorise pas notre évolution, c’est-à-dire le torpillage, le fait de parler des uns aux autres. C’est un comportement que notre société doit apprendre à abandonner et essayer plutôt de travailler. J’ai la pleine conviction que Dieu a doté chacun d’un don spécial qu’il doit faire valoir dans ce monde. Mais si nous prenons tout notre temps à critiquer les autres, cela veut dire que le don que Dieu nous a donné, on ne le verra jamais. Car nous n’allons même pas trouver du temps pour chercher à savoir ce que Dieu nous a donné de précieux, pour le monde meilleur. C’est pourquoi j’ai lancé, le single « Zounzounkou », le 1er septembre 2023, pour aider les filles et fils de ce pays à vivre en communauté, et surtout pour faire avancer le pays. « Zounzounkou » est un single qui annonce un prochain album.

Avez-vous prévu des concerts ou des tournées à l’intérieur et à l’extérieur du pays ?

Nous sommes en train de nous organiser. Par rapport à « Zounzounkou », si vous l’écoutez très bien, il y a une ligne bien tracée. Notre genre musical, le « Djecka music » c’est dans l’esprit de conquérir le monde et faire voyager, notre musique au-delà de nos frontières. C’est pourquoi nous l’avons réalisé tout en live et travaillé à positionner le son selon le standard international. Notre ambition, c’est de vraiment conquérir le monde. En ce qui concerne nos projets ici au pays, il y a pas mal de choses en vue. On compte lancer notre album et s’organiser après pour faire savourer le « Djecka » à travers le pays, en tout cas là où il sera possible d’aller le présenter.

Quel est le message que vous avez à adresser à vos fans d’ici et d’ailleurs ?

Entretien réalisé par Colette DRABO

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