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CRISE SECURITAIRE : le CFOP souhaite  que Simon Compaoré soit entendu par la justice

Le traditionnel point de presse hebdomadaire de l’opposition politique a eu lieu ce 19 novembre 2019, à Ouagadougou. Les exploits réalisés par les Forces de défense et de sécurité (FDS) dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, les aveux du président du président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Simon Compaoré, les élections de novembre 2020 et la corruption dans le secteur de la défense et de la sécurité étaient au menu de la conférence de presse co animée  par le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo, et le président du Parti national des démocrates sociaux (PNDS), Yumanli Lompo.

L’opposition politique fustige les propos tenus par le président par intérim du MPP, Simon Compaoré, le samedi dernier sur une chaine de télé et de radio de la place. Selon elle, Simon Compaoré, alors invité d’une émission, a affirmé connaitre l’identité de ceux qui attaquent le pays, leurs profils et leurs lieux de résidence.  Pour le CFOP, ce « disque est désormais rayé, aucun Burkinabè ne croit encore à ces accusations sans preuves ». Mieux, il   demande que le président par intérim du MPP « soit entendu par la justice pour rétention de preuves en situation de guerre ». « Lorsqu’on est en situation de guerre et que vous déclarez que vous connaissez les auteurs des attaques, où ils résident, il n’y a pas meilleure manière de contribuer que d’aller voir la justice et les dénoncer. Sinon, nous pensons que ce sont des déclarations creuses, sans fondement et sans preuves. Si le Procureur estime que ces déclarations sont graves comme nous le pensons, ce dernier peut s’autosaisir  et convoquer pour ce genre de propos », a affirmé Eddie Komboïgo qui a  estimé que « puisque le MPP est au pouvoir et que ses plus hautes autorités connaissent où sont les terroristes mais les laissent massacrer les Burkinabè, nous sommes tentés de nous demander si ce parti n’est pas complice des ennemis de la nation ». L’occasion a été saisie par les conférenciers pour louer les récents exploits réalisés par les Forces de défense et de sécurité (FDS). Tout en saluant  ces « actes héroïques » des FDS, l’opposition a encouragées ces dernières à « aller de l’avant et à mener l’offensive pour  ramener la paix et la quiétude partout au Burkina ». « Ces exploits sont la preuve vivante que nos militaires et paramilitaires n’ont rien perdu de leur force de frappe légendaire. Il manque seulement un leadership politique, de la gouvernance vertueuse et du matériel de combat adéquat », selon le CFOP.

Aussi, les conférenciers ont dénoncé   le « mouta-mouta » entretenu par le gouvernement du MPP et ses alliés autour de l’argent des forces armées en situation de guerre. Ils en veulent pour preuve les propos du contrôleur général d’Etat, Luc Marius Ibriga qui a, dans une interview publiée le 27 août dernier sur un média en ligne de la place, dénoncé « l’opacité autour de la gestion des fonds de l’armée ». Pour l’opposition, le gouvernement gagnerait à faire preuve de plus de transparence dans la gestion des fonds de l’armée.  Pour ce faire, elle a  demandé  au gouvernement « la levée du secret-défense sur le contrôle du budget de l’armée ». « Les structures étatiques de contrôle devraient pouvoir s’assurer que l’argent destiné à l’armée va effectivement à l’armée et que les marchés  conclus au profit de l’armée respectent la règlementation et sont bien exécutés », a soutenu Eddie Komboïgo. Et malgré la crise sécuritaire, l’opposition a dit ne pas être prête à accorder un « lenga » au régime actuel. Face aux hommes de médias, elle a dit rejeter toute idée de report des élections du fait de la crise sécuritaire. « Nous devons tenir les élections à bonne date, au même titre que les autres pays attaqués…La guerre ne doit pas empêcher une élection de se tenir », a insisté Eddie Komboïgo.

Fidèle KONSIAMBO

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