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Discours du PM sur la situation de la nation : « le gouvernement doit écouter son opposition et tenir compte des suggestions qui lui sont faites », député Bouba Yaguibou du CDP

A l’issue  du discours du Premier ministre Christophe Dabiré sur la situation de la nation hier 20 mai 2021,  quelques députés se sont prononcés. Si pour certains députés,  c’est un discours satisfaisant d’autres par contre déplorent son caractère dubitatif,  sans aucune perspective. Lisez plutôt !

 Bouba Yaguibou, député CDP

« Le gouvernement doit écouter son opposition et tenir compte des suggestions qui lui sont faites régulièrement »

« Le PM est venu nous faire le point sur l’effort du gouvernement dans différents domaines pour répondre aux aspirations des populations sans pour autant nous faire le point de la situation au temps T. On reconnait qu’il y a des efforts qui ont été faits mais ils restent insuffisants. Sur la question de la sécurité par exemple, on se pose la question de savoir quelle est la stratégie du gouvernement. Ce que l’on observe au niveau de la sécurité, c’est un pilotage à vue que le gouvernement est en train de faire alors que c’est dans un secteur assez sensible. Aucun Burkinabè ne dort tranquillement aujourd’hui à cause de l’insécurité. Le gouvernement doit écouter son opposition et tenir compte des suggestions qui lui sont faites régulièrement. Comme le PM l’a souligné dans son discours,  le Burkina est un et indivisible. Il fait appel à l’union sacrée mais il faut que l’on constate réellement que le gouvernement est dans cette disposition d’esprit pour qu’ensemble, nous puissions travailler pour le développement du pays. Nous sommes déjà satisfaits de pouvoir nous exprimer sur les questions majeures de la vie de la nation. Il appartient maintenant au gouvernement de jouer pleinement son rôle »

 

Gilbert Noel Ouédraogo, député ADF/RDA

« Des efforts sont faits mais beaucoup reste à faire »

 

« Des efforts sont faits mais beaucoup reste à faire. Ce qui revenait de manière récurrente dans les questions des députés, ce sont les  questions de l’insécurité, des infrastructures mais également l’éducation. Nous attendons que quelque chose soit fait dans ces domaines. Il y a des promesses qui ont été faites sur le volet des infrastructures mais on constate aujourd’hui que beaucoup de villes ne sont pas reliées par le bitume, beaucoup de voies sont  en mauvais états et ont besoin d’être refaites. Sur le plan sécuritaire, ce qui est important, c’est ce qui doit être fait pour le retour de la paix de façon définitive sur l’ensemble du territoire. Le Burkina Faso a encore beaucoup de défis à relever. Et c’est notre rôle en tant qu’élus nationaux d’attirer l’attention de nos gouvernants sur les réalités de notre pays »

 

Dissan Boureima Gnounou, député du groupe parlementaire RDJ

« Dans le discours, on sent une hésitation de la part du gouvernement dans cet exercice »

 » Nous avons écouté le discours du Premier ministre sur la situation de la nation. J’avoue que dans le discours, on sent une hésitation de la part du gouvernement dans cet exercice. Certes, le Premier ministre a abordé des sujets importants comme la sécurité, la relance économique, la paix sociale mais on sent de l’hésitation. Cela relève des non-dits. Nous espérons simplement que le gouvernement sait exactement sur quel pied nous sommes en train de danser. Nous aurions souhaité un discours beaucoup plus rassurant et convainquant pour les Burkinabè. Nous avons remarqué ces derniers temps, des situations extrêmement difficiles qui n’ont pas été évoquées dans le DSN. Alors qu’on doit faire l’exposé sur l’état de la nation. Quand la situation est difficile, il faut la partager avec les élus pour qu’ensemble, on résolve les problèmes des populations. L’exécutif est certes sur le terrain, mais nous aussi, élus nationaux en font autant et c’est nous qui sommes en phase avec les préoccupations des populations. Il ne faudrait donc pas que ce soit dans la rue qu’on apprenne certaines choses. Nous ne sommes pas des opposants. L’exécutif et le législatif sont deux pouvoirs indépendants qui doivent s’accompagner. Cependant, il faut seulement se dire la vérité afin de permettre à chaque entité  de contribuer au développement de la nation. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, nous devons rompre avec certaine façon de communiquer, accepter qu’il y a un problème et se donner la main pour le résoudre. Ce discours devait être une occasion de se dire la vérité »

 

Patrice Kouraogo, député MPP

« C’est un Premier ministre qui doit se retrousser les manches »

 

« J’ai bien aimé l’articulation du discours qui se laisse lire et qui situe vraiment les problèmes. Le discours a abordé les questions de l’insécurité, la pandémie du Covid-19, l’éducation, la croissance économique et bien autres sujets d’actualité. Ce discours a été soutenu par des données statistiques. La situation du Burkina, au regard de l’insécurité, est chancelante mais l’espoir est permis pour un développement durable. Le DSN est maintenant dans un format qui permet de capter l’essentiel de l’action gouvernementale et d’aller au fond avec les questions et commentaires. Contrairement aux autres années, c’est un exposé qui prenait beaucoup plus de temps et c’était fastidieux non seulement pour le PM mais aussi pour la Représentation nationale. C’est un Premier ministre qui doit se retrousser les manches. Fort heureusement, il en est conscient avec toute son équipe. L’effort doit être mis sur la question de l’insécurité où il faut, à un certain moment, que le gouvernement rassure la Représentation nationale ainsi que les populations ».

Propos recueillis par Fidèle KONSIAMBO

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