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Aly Verhutey, artiste-musicien burkinabè : “Il y a un véritable problème de promotion de notre culture à l’extérieur”

Lorsque l’on dit Aly Minoungou, ils sont certainement nombreux ceux qui ignorent de qui il s’agit. Mais il suffit de dire Aly Verhutey pour que les uns et les autres se souviennent de l’auteur de certains tubes à succès qui ont bercé et continuent de bercer les mélomanes. “Au nom de la femme”, “Le saoulard s’en fout” ou encore “A notre époque” sont entre autres chansons qui ont fait danser bien des mélomanes Burkinabè et même au-delà des frontières. En 27 ans de carrière, Aly Verhutey totalise 9 albums dont le dernier sorti en fin 2022, et de nombreux singles. Dans cet entretien qu’il a bien voulu accorder à actuburkina le 18 mars dernier, l’artiste s’est prononcé sur divers sujets dont les 27 ans de sa carrière musicale, son regard sur la musique burkinabè et ses projets parmi lesquels la création d’une école de musique Aly Verhutey. Voici ce qu’il nous a confié !

 Cela fait un bon bout temps qu’on entend de moins en moins Aly Verhutey. Pourquoi ce silence ?

Il faut comprendre qu’il n’y a pas de silence en tant que tel puisque j’ai sorti mon tout dernier album en fin 2022 avec la chanson Nayitondo qui cartonne un peu partout en ce moment. Et 2022 a marqué mes 25 années de carrière musicale où il y a eu un très grand concert au CENASA au cours duquel pas mal d’artistes et de nombreux mélomanes ont répondu présent à l’appel. Donc je ne pense pas qu’il y ait un silence du moment où il y a une œuvre en cours.

Vous l’avez dit, vous totalisez 27 ans de carrière aujourd’hui, avec combien d’albums au compteur ?

J’ai au total 9 albums avec plusieurs singles.

En 27 ans de carrière, quand vous dressez le bilan, en êtes-vous satisfait ?

L’homme ne peut pas être satisfait à 100% mais seulement, il faut noter que déjà à mi-parcours, je suis très content parce que l’objectif principal était de me faire connaitre dans mon pays et à l’extérieur, ce qui a été atteint. Il me fallait aussi tendre la main à la nouvelle génération,  chose qui est aussi faite. Donc je pense qu’à mi-parcours, le bilan est satisfaisant.

Vous parlez de tendre la main à la jeune génération. Lorsque vous regardez la musique burkinabè dans son ensemble, quel commentaire pouvez-vous faire ?

Je pense que la musique burkinabè connait une nette évolution. Je sais qu’en son temps, nous n’avions pas eu les mêmes avantages que les jeunes aujourd’hui. Avec les réseaux sociaux et autres, il est beaucoup plus facile aujourd’hui de se faire connaitre à travers plusieurs plateformes de téléchargement en ligne notamment (Youtube, Facebook, Whatsapp), la percée des médias en ligne, ce que nous n’avions pas dans le temps, où les choses se limitaient à la radio et à la télévision. Toute chose qui n’était pas chose aisée. Aujourd’hui il y a une révolution avec l’ouverture de nombreuses chaines de radio et de télévisions, d’organes de presse également, ce qui n’était pas le cas quand nous venions dans la musique. Je pense qu’il y a une évolution et côté musique, il y a eu beaucoup de changements parce qu’en son temps, la façon de travailler n’était pas pareille à celle d’aujourd’hui où il y a des logiciels assez performants, la technologie est avancée. Aussi, on a beaucoup d’arrangeurs, ce qui fait qu’il y a la concurrence et beaucoup sont obligés de se perfectionner contrairement à l’époque où il n’y avait que deux ou trois arrangeurs, et chacun faisait à sa tête. Il y a beaucoup de choses assez positives en la matière.

Quel est votre regard sur la politique culturelle ? Pensez-vous que les autorités font assez en matière de culture ?

Quels sont les projets de Aly Verhutey à court et moyen termes ?

Mes projets, c’est de toujours continuer à accompagner les jeunes et créer une école de musique. Déjà nous avons une chaine de télé culturelle qui va bientôt être relancée parce qu’on avait commencé la diffusion et on a arrêté mais d’ici là, on va la relancer. Il y aura d’autres projets culturels et le moment venu, l’opinion sera informée.

Et vos projets pour l’international ?

Au plan international, il y a un véritable problème de promotion de notre culture à l’extérieur. Nous avons nos ambassades et dans chaque ambassade, il y a un représentant culturel et ce dernier doit être le relais de notre culture dans le pays d’accueil. Mais je ne pense pas que cela soit fait à 100% parce que nous sommes arrivés dans des pays où les gens nous réclament des supports musicaux du terroir, à savoir les CD, des clés USB et autres parce qu’ils n’en trouvent pas sur place. Pourtant, je pense que c’est l’ambassade qui est représentant culturel qui doit tout mettre en œuvre pour que tous les ressortissants sur le territoire en question, qui expriment le besoin, puissent acquérir les supports dont ils ont besoin.  Que ce soit du côté de la littérature, la musique, la mode, etc, il arrive que vous vous retrouviez dans un pays et quand il y a la fête nationale et que quelqu’un a besoin d’un chapeau de Saponé par exemple, il faut forcément appeler à Ouagadougou pour qu’on vous le fasse parvenir par la poste ou par avion. Je pense que cela n’est pas normal. Dans chaque ambassade, on doit avoir un compartiment culturel où l’on peut trouver tout ce que l’on recherche. Si vous êtes par exemple en France et que vous voulez manger du gombo sec, je pense qu’à l’ambassade, il devrait y avoir un endroit où on peut en trouver ; on n’a pas besoin forcément d’appeler au pays parce que l’ambassade représente le pays d’origine sur un autre territoire donc il faut qu’on pense à tout cela et c’est ce qui va faire avancer beaucoup de choses.

Quel est votre message à l’endroit de vos nombreux fans d’ici et d’ailleurs ?  

Propos recueillis par Colette DRABO

 

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