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Albatros, slameur burkinabè : « le slam et moi, nous sommes unis pour le meilleur et pour le meilleur »

Albatros est son nom d’artiste mais à l’état civil, il se nomme Honorat Judicaël Zongo. Il fait partie de la jeune génération de slameurs qui est en train d’écrire les belles pages du slam au pays des Hommes intègres. Il était l’invité de actuburkina, le 1er novembre dernier, dans le cadre de sa rubrique « Vie de stars ». Avec lui, il a été question de ses débuts dans le slam, ses projets mais aussi sa vision sur ce genre musical au Burkina. Justement sur la question, Albatros est confiant en ce qui concerne le slam au Burkina car, selon ses propos, leurs devanciers ont réussi à imposer ce genre musical et la jeune génération mène le combat nécessaire pour maintenir la flamme allumée.

Tu as choisi comme nom d’artiste Albatros. Pourquoi Albatros ?

Albatros est le nom d’un oiseau qui se distingue par la grandeur de ses ailes, également par le fait qu’il prend difficilement son envol à cause de ses grandes ailes. Mais une fois qu’il est en l’air, il peut faire presque toute l’année sans que ses pattes ne touchent la terre ferme. C’est la raison pour laquelle j’ai pris ce nom Albatros qui fait en même temps un contraste avec ma forme car qui parle d’Albatros parle de quelqu’un de très grand et très musclé pour ceux qui connaissent l’oiseau, contrairement à moi qui suis mince. En fait, j’ai pris ce nom pour créer le contraste et faire connaitre aussi qu’à mes débuts, j’étais un peu négligé quand je partais pour une scène car j’ai commencé à un moment où le slam n’était pas populaire que ça.

C’était en quelle année déjà ?

C’était en 2015. Quand je suis sur scène, je dis que le baobab naît d’une petite graine mais c’est la plus vilaine chenille qui donne naissance au plus beau papillon, donc je suis Honorat Judicaël Zongo alias Albatros né petit mais destiné à devenir grand tout comme l’Albatros qui prend difficilement son envol. Je sais qu’en embrassant cette carrière de slameur, ce sera difficile mais une fois que je serai grand, plus rien ne m’arrêtera.

Pourquoi avoir choisi le slam comme genre musical ? As-tu été inspiré par de grands noms du slam ?

Il faut dire que mon grand frère a été slameur et c’est par lui d’ailleurs que j’ai connu le slam parce qu’il avait l’habitude d’écouter les sons et il avait aussi commencer à écrire, à déclamer ses textes. C’est sous son mentorship que je me suis lancé dans l’écriture des textes de slam, à m’exercer, et je me suis rendu compte que le slam me permettait de me libérer parce qu’à l’origine, j’étais une personne très introvertie et très timide.  Donc je me suis rendu compte que le slam me permettait de dire ce qui me passait par la tête, dire ce qui était dans mon cœur, ce qui a fait que le mariage s’est fait très vite, étant entendu qu’au départ, j’aimais tout ce qui concernait l’art. C’est de là qu’est né mon amour pour le slam et nous sommes désormais unis pour le meilleur et pour le meilleur.

Combien d’albums totalises-tu à ce jour ?

Je n’ai qu’un seul single clipé sur le marché du disque. Il faut dire aussi que je m’oriente plus sur la création, c’est à dire que lorsqu’il y a une activité qui a un thème et qu’on me fasse appel, je fais une création spéciale sur le thème pour présenter. C’est ce qui de mon point de vue a étouffé un peu les sorties discographiques mais nous travaillons à corriger cela.

L’artiste-slameur, Albatros

 Quels sont les projets d’Albatros ? Y-a-t-il des tournées ou des concerts en vue ?

J’ai beaucoup de projets en cours. Et déjà, l’un des projets que je viens de concrétiser tout récemment, est que j’étais en tête d’affiche au Festival international du théâtre et des marionnettes de Ouagadougou (FITMO 2023), le dimanche 29 octobre dernier où j’ai présenté un spectacle que j’ai moi-même préparé. Cela faisait partie de mes projets en cours. C’était la première diffusion du spectacle, un spectacle 100% slam, c’était quelque chose d’assez diffèrent par rapport à ce que j’ai l’habitude de faire où vous avez toute la lumière, une mise en scène et des chorégraphies. C’est un projet que j’ai   conçu et la mise en œuvre c’était au FITMO. La suite du projet consistera à développer un spectacle « Dialogue avec grand père », qui est un spectacle d’une heure trente minutes, 100% slam avec des danseurs contemporains, des conteurs, des marionnettistes, bref un spectacle complet qui est déjà en cours. Hormis côté spectacle, nous avons tout récemment fait un passage sur l’une des radios de la place où nous avons déclamé un texte sur la sécurité routière qui a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux donc nous sommes en train de l’enregistrer pour le faire suivre d’un clip pour une sensibilisation sur la sécurité routière.

Y a-t-il a des projets à l’intérieur et à l’extérieur du pays ?

Déjà nous croisons les doigts pour être retenu au Marché des arts et spectacles d’Abidjan (MASA) car nous y avons postulé. Si nous somme retenu, sera notre première sortie à l’international.

C’est tout ce que l’on vous souhaite, en tout cas ! Penses-tu que le slam a de l’avenir au Burkina ?

Ah oui, je pense que cette question ne se pose plus ces temps-ci car il y a tellement de slameurs en activité, tellement de créations en slam qu’on peut dire que le slam se porte bien au Burkina Faso.  Grâce à nos devanciers, le slam a eu une place dans le secteur culturel burkinabè et nous aussi faisons de notre mieux pour que la flamme soit maintenue, donc je pense que le slam a de l’avenir au Burkina.

Comment votre art, le slam, peut-il contribuer à lutter contre le terrorisme ?

Je pense qu’en tant qu’artiste, nous sommes des personnalités dont les voix portent.  Et le slam est un moyen essentiel parce qu’il permet de travailler sur l’intellecte l’homme.  S’il y a des personnes qui se sont retournés contre le Burkina, le travail doit se faire au niveau des consciences. C’est ce combat que nous artistes nous menons dans le cadre de la lutte contre cette guerre qui nous est imposée c’est-à-dire utiliser notre art pour conscientiser ceux qui se sont égarés et c’est ce je suis déjà en train de faire.

Un autre projet, je travaille sur un titre concernant les forces de défense et de sécurités sur la situation nationale, en vue de les encourager à continuer le combat jusqu’à la victoire finale. C’est un titre qui va sortir très bientôt car en tant que slameur, nous sommes un pilier dans ce combat parce que notre art peut contribuer à changer les mentalités.

Quels sont tes rapports avec les autres slameurs ?

J’ai de très bons rapports avec les autres slameurs du Burkina.  On se retrouve pratiquement à chaque cérémonie. Nous avons une grand messe dénommée « havre de mots » qui se tient chaque dernier vendredi du mois, et presque tous les slameurs s’y retrouvent pour partager de bons moments.

Quel est le message que tu as à adresser à l’endroit de tes fans ?

 

Propos recueillis par Colette DRABO

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