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SOMMET DE YAOUNDE SUR BOKO HARAM : On attend des actes concrets

Les sommets se multiplient pour trouver une solution au problème Boko Haram. Après celui qui a regroupé à Niamey, en octobre dernier, les responsables des armées des pays membres de la Commission du Bassin du lac Tchad, la capitale nigérienne accueillait encore, le 20 janvier dernier, une douzaine de pays africains et non-africains, pour réfléchir  sur la mise en place d’une force mixte multinationale devant permettre de lutter contre Boko Haram.

Dans le même ordre d’idée, les dix pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) se sont retrouvés le 16 février dernier à Yaoundé, pour peaufiner une stratégie commune de lutte contre la secte islamiste nigériane qui a  affiché ses visées expansionnistes sur la sous-région.

Cette énième réunion pour se pencher sur le cas Boko Haram, vient confirmer, si besoin en était encore, que la mesure du péril a été suffisamment prise par les chefs d’Etat de la sous-région, dont certains ne dorment plus que d’un œil. Surtout depuis que Abubakar Shekau s’en est ouvertement et directement pris à certains d’entre eux, comme le Nigérien Mahamadou Issoufou et l’hôte de ce sommet, Paul Biya. Pour ce dernier, c’est une sorte d’ironie de l’histoire, en ce sens que l’on a longtemps eu l’impression que le président camerounais snobait ses pairs africains, par son désintérêt total pour les différents sommets de l’instance africaine auxquels il ne daignait pas prendre part. Aujourd’hui, il découvre qu’il a besoin de se joindre à d’autres, si ce n’est pas un appel au secours de sa part, pour le combat contre les barbus nigérians.  Comme quoi, l’on a souvent besoin d’un plus petit que soi, comme dit l’adage. Et il faut espérer qu’après l’épisode Boko Haram, Paul Biya révisera sa position vis-à-vis de ses pairs africains.

En tout état de cause, face à la régionalisation de la menace et du péril islamiste, les chefs d’Etat de la sous- région n’ont, en réalité, pas d’autre choix que de mutualiser leurs forces et d’harmoniser leurs vues, pour espérer venir à bout de la secte qui a ouvert plusieurs fronts dans plusieurs pays, notamment au Cameroun, au Niger voire au Tchad, sans oublier le Nigeria qui est son sanctuaire naturel.

Il ne faudrait pas que les résolutions de ce sommet en restent au stade de vœux pieux

Toutefois, l’on ne peut pas aller en guerre, de surcroît contre un adversaire aussi redoutable que Boko Haram, sans arrêter une stratégie digne de ce nom. C’est pourquoi cette rencontre de Yaoundé, qui intervient au moment où les troupes camerounaises, tchadiennes et nigériennes sont déjà engagées sur le terrain, est à saluer à sa juste valeur. Ce jeu d’alliances aurait d’ailleurs pu s’élargir aux pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) qui sont aussi confrontés au même ennemi. Cela aurait permis de gagner en temps et de ratisser encore plus large. Surtout au moment où il est question de mettre en place une force africaine de 8 700 soldats, sous l’égide de l’Union africaine (UA)  et de l’ONU.

Cela dit, face à la multiplication de ces réunions, l’on ne peut s’empêcher de penser que l’on perd quelque part du temps. Parce que, sur le terrain, l’ennemi avance. C’est pourquoi l’on attend des actes concrets de ce sommet de Yaoundé, pour vite passer à l’action, car le temps presse, et Boko Haram ne fait que gagner du terrain. Il ne faudrait surtout pas que les résolutions de ce sommet en restent au stade de vœux pieux, surtout que l’épineuse question du financement de cette riposte militaire reste posée. Car, connaissant les moyens limités de nos Etats, il n’est pas sûr que sur le long terme, l’effort de guerre puisse être maintenu, les interventions militaires étant souvent très coûteuses. C’est pourquoi  l’on ne devrait pas trop tergiverser pour mener cette guerre qui ne doit pas trop traîner en longueur. D’autant plus que   Boko Haram montre, à chacune de ses excursions, qu’elle dispose de moyens considérables.  Aussi faut-il espérer qu’à l’issue des concertations, des actions vigoureuses et bien coordonnées seront engagées contre la secte, pour ne s’arrêter que lorsque Abubakar Shekau et sa bande de criminels auront été mis hors d’état de nuire.

Mais pour le moment, l’on est encore loin d’un tel scénario et Boko Haram a su montrer sur le terrain, qu’il peut faire mieux que se défendre. Il est donc impératif que cette force soit le plus rapidement possible opérationnelle, pour pouvoir donner la réplique nécessaire à Boko Haram et permettre de sécuriser la région.  Autrement, tout ce ramdam n’aura servi à rien,  si ce n’est à renforcer l’image de la puissance indestructible des islamistes.

Le Pays

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