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Siaka TRAORE, SG du SNEA-B, à propos des réformes aux  examens scolaires : « Il s’agit d’une correction d’injustice, d’un retour à la normale »

Au sortir du Conseil des ministres du 10 mars 2021, le gouvernement a annoncé plusieurs réformes dans le système éducatif. Parmi ces réformes, on note l’organisation du Baccalauréat, qui sera rétrocédée au MENAPLN à partir de 2022. Siaka Traoré, Secrétaire général du Syndicat national des enseignants africains du Burkina, (SNEA-B), dans un entretien qu’il nous a accordé, se prononce sur ces réformes. Il estime que c’est du devoir du gouvernement d’opérer les réformes institutionnelles qui s’imposent au regard des contingences et des nécessités du moment.

Actuburkina.net : Quelle est la position du SNEAB par rapport aux réformes annoncées dans le cadre des examens et concours scolaires pour 2022 ?

Siaka TRAORE: Le Syndicat national des enseignants Africains Burkina (SNEAB) n’a pas pris position car, pour qu’il y ait prise de position, il faut que cela découle d’une instance régulière.  Ce qui n’est pas le cas. Je donne là un point de vue personnel en tant qu’acteur du système éducatif. La réaction officielle du bureau national viendra certainement après. Cela dit, vous savez que par nature, l’être humain est toujours hostile au changement par peur de l’inconnu. Sinon, je pense que c’est du devoir du gouvernement d’opérer les réformes institutionnelles qui s’imposent au regard des contingences et des nécessités du moment. Chaque Etat à sa politique éducative qui doit aussi tenir compte des évolutions et de ce qui se passe de façon générale dans les grands ensembles communautaires tels que la CEDEAO, l’UEMOA, etc. la polémique actuelle sur les réformes dans le secteur de l’éducation n’a pas sa raison d’être, car ce n’est pas la première fois que le ministère de l’éducation nationale organise l’examen du BAC. Il vous souviendra qu’au départ, le BAC était organisé par l’Office central des examens et concours scolaires (OCECOS). Le MESRI l’a récupéré il y a à peine une décennie avec pour argument phare, que le BAC est le premier diplôme universitaire mais aujourd’hui, il est clair qu’avec le système LMD, ce n’est pas du tout cela. Donc à César ce qui appartient à César. De mon point de vue, je pense que ce ne serait pas mauvais que le MENAPLN organise le BAC en 2022.

Je ne sais pas pourquoi l’opinion est accrochée à ce changement d’organisateur. Moi je n’appellerai pas cela « réforme », car le gouvernement ne touche pas au contenu et aux autres aspects techniques. Nous sommes juste face à une opérationnalisation de certains aspects de la loi d’orientation de l’Education. C’est par exemple la possibilité de passer l’entrée en 6e jusqu’à 16 ans, dans la mesure où l’obligation scolaire va jusqu’à 16 ans. Cela pourra être un grand avantage pour beaucoup de parents d’élèves.

D’aucuns estiment que ce n’est que justice que l’organisation du baccalauréat revienne au MENAPLN.   Qu’en dites-vous ? 

Je me suis déjà prononcé sur cette question en faisant l’historique de l’organisation de cet examen. La détermination de l’encrage institutionnel des examens appartient au gouvernement et non à la rue. Je ne rentrerai pas dans certains débats actuellement en cours. C’est indécent.

Les explications données par les deux ministres des enseignements sur les réformes vous ont-elles convaincu ?

Une fois de plus, c’est la position du gouvernement que les deux ministres ont défendu. Je rappelle que nous sortons d’élection où c’est à eux que le peuple a confié sa destinée pour cinq ans. Sinon, il y avait plusieurs autres programmes qui étaient proposés. Cinq ans ce n’est pas loin. Si le même peuple n’est pas satisfait par ce gouvernement, il lui appartiendra d’aviser. Ceci dit, ils ont affirmé comme je le pense aussi, qu’il s’agit d’une correction d’injustice, d’un retour à la normale. Aussi, cette réforme a pour objectif, d’harmoniser nos pratiques avec celle des autres pays membres de l’UEMOA. Ils ont enfin rassuré l’opinion publique que cette réforme ne bloquera aucunement l’accès des nouveaux bacheliers aux universités publiques du pays. Ceci vient lever certaines inquiétudes et convaincre les plus sceptiques de la faisabilité de cette réforme.

 

A votre avis, pensez-vous que tout est mis en œuvre par le gouvernement pour l’organisation du Bac à partir de 2022 par le MENAPLN sans difficultés majeures ?

Nous savons que si le gouvernement veut bien faire organiser le Baccalauréat par le MENAPLN à partir de 2022, il peut bien le faire. Techniquement, les Hommes qui conçoivent les épreuves, qui les administrent et qui les corrigent sont au MENAPLN. Il n’y a donc pas de raison que ce ministère ne puisse pas le faire.

Visiblement ces réformes annoncées ont provoqué des perturbations de cours par des élèves dans certains établissements. Qu’en dites-vous ?

Nous avons tous été élèves. Et je ne pense pas qu’à cet âge, nous comprenions grand-chose sur des réformes institutionnelles. C’est le cas également des élèves aujourd’hui. Si les sorties des élèves dans les rues étaient liées à un déficit d’informations, avec le point de presse conjoint des deux ministres, les inquiétudes des enfants seraient levées. Ils doivent maintenant faire place aux études.

Kiswendsida Fidèle KONSIAMBO

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