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REVENDICATIONS SYNDICALES : Roch peut-il encore négocier une trêve sociale ?

Depuis un certain temps, l’on assiste à des revendications tous azimuts des organisations syndicales.  Et à  ce qu’on dit, une dizaine de préavis de grève sont dans les tiroirs comme si sous la Transition, tous  les travailleurs avaient mis en veille leurs revendications et n’attendaient que le président démocratiquement élu pour sonner la mobilisation. Normal, est-on tenté de dire, car, avec le changement qu’il y a eu, on ne pouvait pas attendre mieux que de voir  chaque corps de la Fonction publique revendiquer de meilleures conditions de travail. Cela est  d’autant plus normal que  chez nous,  en Afrique, les valeurs morales nous enseignent que  dans une famille, tous les enfants doivent être traités sur un pied d’égalité par leur père. Autrement dit, quand on n’a pas les moyens d’acheter aussi une culotte pour « Noraogo », il faut laisser « Nopoko » avec son vieux slip. Cela dit,  le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré ne dira pas, après avoir cédé aux revendications des magistrats, que le pays est à sec. Outre cela, l’injustice est d’autant plus criarde dans la Fonction publique que dans l’application de la loi 081, certains agents avancent de 400 à 600 points pendant que d’autres le font à 90 points. A cela, s’ajoutent les nominations par complaisance. Pourtant, avec le changement de régime,  l’on s’attendait à une gouvernance plus saine fondée sur  la méritocratie. Hélas ! On assiste plutôt à une distribution de postes entre copains. Cela ne peut avoir autre effet que de pousser chacun à revendiquer.

On peut revendiquer, mais assurer aussi le service minimum

Roch aurait dû, à la sortie de la Transition, négocier une trêve sociale avec toutes les organisations syndicales. Si cela avait été fait, on n’en serait certainement pas là. Il aurait eu plus de temps ne serait ce qu’en organisant des états généraux par exemple de la Fonction publique. Les conclusions qui en seraient issues, lui auraient permis de prendre une sage décision qui satisferait toutes les catégories des travailleurs  de la Fonction publique. Maintenant qu’il a raté le coach, peut-il encore négocier une trêve sociale ?  Difficile de répondre par l’affirmative, car la machine est déjà en marche et  les syndicats eux-mêmes ne semblent plus prêts à aller à la table de négociation. L’on pourrait donc dire « Roch, la solution », un de ses slogans de campagne,  les  syndicats attendent des solutions à leurs problèmes. Ils attendent satisfaction de leurs plateformes revendicatives. Toutefois, si les revendications des travailleurs sont légitimes, ils doivent savoir raison garder.   Cela dit, les employés doivent revoir  leur manière d’aller en grève.  Car, quand on fait une ou deux semaines sans travailler, on ne fait pas du tort seulement à son employeur, mais à tous ceux qui vivent des fruits de notre travail. Il faut aussi que les uns et les autres comprennent qu’à force de manifester et  ne pas travailler, on laisse voir le Burkina comme un pays rebelle. Ce qui pourrait décourager les investisseurs qui frappent à nos portes. Du reste, on peut revendiquer, mais assurer aussi le service minimum.

 

Mamouda TANKOANO

 

 

 

 

 

 

 

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