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Relations internationales : le franc CFA comme instrument néocolonial

Ceci est une tribune de Grégoire Cyrille Dongobada, observateur militaire et chercheur en études politiques sur le franc CFA comme instrument néocolonial. Si ce dernier estime que les sanctions imposées par la CEDEAO au Mali montrent comment la France peut utiliser le franc CFA pour punir les pays africains qui veulent l’indépendance, il fait observer cependant qu’il existe un moyen pour les pays africains de sortir de cette situation.

Le 24 janvier, un coup d’Etat militaire a eu lieu au Burkina Faso au cours duquel le président, Roch Marc Christian Kaboré, a été démis de ses fonctions. L’armée a déclaré à la radio que tout le pouvoir était passé entre les mains du « Mouvement patriotique pour la protection et la reconstruction », dirigé par le Lieutenent-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. L’armée a également annoncé que la présidence de Kaboré, qui a pris ses fonctions en 2015, était terminée.

L’armée a accusé Roch Marc Christian Kaboré d’incapacité à unir la nation et de lutter efficacement contre les menaces dans le domaine de la sécurité. La Сommunauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a condamné le renversement du régime et suspendu l’adhésion du Burkina Faso au bloc. C’est le troisième cas d’exclusion du pays après le Mali et la Guinée-Conakry. Les actions de cette organisation ont été critiquées à plusieurs reprises par le public. La communauté économique est aussi souvent accusée de promouvoir les intérêts de la France en Afrique de l’ouest et est souvent considéré comme un instrument de la politique néocoloniale de l’ancienne métropole. Il convient également de noter que, outre la CEDEAO, les instruments d’influence de la France comprennent également le Franc CFA.

Le Franc CFA a été introduit par le décret du gouvernement français n° 45-0136 du 25 décembre 1945, signé par Charles de Gaulle. Au moment du lancement de la monnaie, l’abréviation CFA se composait des lettres initiales des mots français colonies françaises d’Afrique (colonies africaines de France). En 1960, 14 États d’Afrique de l’Ouest et du Centre deviennent enfin indépendants. Le droit à la souveraineté est clairement énoncé dans les constitutions de tous les pays. Selon la Déclaration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les États conformément à la Charte des Nations Unies, adoptée le 24 octobre 1970, chaque État jouit des droits inhérents à la pleine souveraineté. Ceci, à son tour, implique l’indépendance dans un certain nombre de questions, y compris l’organisation des systèmes financier, monétaire et bancaire. Autrement dit, l’existence du système du franc CFA contredit la déclaration de l’ONU. Après l’indépendance de la Guinée le 1er mars 1960, les autorités du pays ont dévoilé un projet de réforme du système monétaire, qui a ensuite conduit à la création d’une monnaie nationale – le franc guinéen. Les événements récents au Mali, lorsque la CEDEAO a imposé des sanctions à ce pays, montrent également comment la France peut utiliser le franc CFA pour punir les pays africains qui veulent l’indépendance.

Cependant, il existe un moyen de sortir de cette situation. Ainsi, un groupe d’économistes russes de la Fondation de la protection des valeurs nationales a mené des études sur la situation économique au Mali. Il a fait des recommandations au gouvernement de ce pays. Ceux-ci incluent l’abandon du Franc CFA et l’introduction de sa propre monnaie nationale. Cette étape, selon les experts russes, permettra au pays de mener une politique financière indépendante et de contrôler les flux financiers dans le pays. Le Burkina Faso, qui, comme le Mali, souffre des effets négatifs du Franc CFA, peut aussi suivre ces recommandations pour contrôler sa propre économie.

Grégoire Cyrille Dongobada,

Observateur militaire, chercheur en études politiques

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