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RECRUTEMENT ANNONCE DE JEUNES VOLONTAIRES: « On ne peut pas demander à un chien d’aller attraper une proie que le lion n’a pas pu attraper » (Pascal Zaïda)

Au lendemain de l’attaque du convoi de la société minière SEMAFO, le président du Faso, Roch Marc Kaboré, a, dans son message à la nation, «ordonné le recrutement de volontaires pour la défense de la Nation dans les zones sous menace ». Nous avons recueilli l’avis du coordonnateur national du CED, Pascal Zaïda, sur la question et voici ce qu’il en pense.

« Pour être sincère avec vous, cette décision du chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré,  de recruter des volontaires pour lutter contre le terrorisme m’a beaucoup surpris et étonné. Si tel est le cas, le président du Faso prépare  le pays à une guerre civile et il ne reste qu’à l’armée de prendre ses responsabilités. Je le savais en manque criard de solutions pour faire face au phénomène, mais je ne l’ai jamais imaginé envisager un seul instant d’appeler à la mobilisation populaire armée.  Lequel appel devrait en principe précéder  des réponses à certaines questions. Le Burkina Faso est-il en sous-effectif militaire ? J’ose répondre par la négative en ce sens que les autorités actuelles n’ont jamais évoqué une question de sous-effectif pour justifier l’incapacité de contenir les attaques terroristes récurrentes. Ce qui est jusque-là avancé comme raison de notre déroute,  c’est  le manque de matériel adéquat et la faible motivation des soldats qui sont sur les champs de bataille. Au lieu de régler ces questions, le président annonce le recrutement de civils pour aller combattre dans les zones sous menaces terroristes.   Notre armée a toujours été bâtie sur un socle solide et est préparée à faire face à n’importe quel ennemi pour défendre l’intégrité de notre territoire. La menace terroriste n’a pas commencé seulement avec le président Roch Marc Christian Kaboré,  contrairement  à ce que certains serviteurs zélés du pouvoir tentent de nous faire croire. Sous l’ancien régime, la menace terroriste était réelle et n’eût été la vigilance et la promptitude  des autorités politiques et militaires en son temps, les terroristes auraient occupé le pays. C’est dire donc  que si les terroristes sont entrés au Burkina, c’est parce que nos autorités en charge de la sécurité et de la défense du territoire ne jouent pas leur rôle. Le pouvoir actuel a travaillé à diviser l’armée et à exclure certains militaires rompus à l’art de la guerre. Le pouvoir a travaillé à diviser la population. Et un peuple divisé qui se regarde en chiens de faïence, ne peut pas faire face à l’ennemi. Donc, nous demandons au président de réconcilier le peuple, de  réconcilier les acteurs majeurs de la société,  tant militaires que politiques,  et il verra qu’ensemble, nous pourrons vaincre le terrorisme.

Ce n’est pas en armant  les civils que nous pourrons vaincre les terroristes. On ne peut pas demander à un chien d’aller attraper une proie que le lion n’a pas pu attraper. A moins que ces civils qui seront armés, aient une autre mission que celle de lutter contre le terrorisme. Et avec ce pouvoir, il faut tout prévoir et être vigilant. Car, il vous souviendra que les milices armées de gourdins et de machettes que notre pays a connues dans les années 1998, ont vu le jour grâce à un haut responsable du parti au pouvoir actuel. En tout état de cause, les militaires radiés et les policiers révoqués ont toujours demandé leur réintégration pour aider leurs frères d’armes à lutter contre le terrorisme. Sans oublier que des militaires et non des moindres, spécialistes de la lutte contre le terrorisme, croupissent injustement dans les prisons. On n’avait qu’à les libérer et les mettre à la tâche, et vous verrez que tous les terroristes vont fuir ici comme des rats ».

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1 commentaire

istawar 12 novembre 2019 at 17 h 54 min

Qui est chien et qui est lion?
Faites attention à votre façon de vous exprimer M. Zaïda.

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