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PUTSCH DE SEPTEMBRE 2015 : le constat de la CCVC, deux ans après

Déclaration de la coordination des CCVC (Coalition nationale de lutte contre la vie chère) de la ville de Ouagadougou à l’occasion de la commémoration de l’AN2 de la Résistance victorieuse du peuple contre le putsch de septembre 2015.

« Peuple de Ouagadougou, puisons dans la Résistance Populaire victorieuse de septembre 2015, les leçons nécessaires pour mieux organiser nos luttes face à la dégradation continue des conditions de vie et de travail et du climat économique, social et sécuritaire dans notre pays et particulièrement dans notre ville.

Le 16 septembre 2017 marque le deuxième anniversaire de la résistance populaire héroïque contre le Coup d’Etat contre-révolutionnaire, de type fasciste du Général Gilbert DIENDERE et ses hommes de main de l’ex-Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP).

En rappel, le 16 septembre 2015, alors que se tenait un Conseil des ministres, les éléments de l’ex-RSP, garde prétorienne de Blaise Compaoré, ont procédé à une prise en otage du Président de la Transition, Michel KAFANDO, de son Premier ministre, Yacouba Isaac ZIDA, ainsi que deux autres ministres. Dès le lendemain 17 septembre, un communiqué officialisera le putsch, annonçant ainsi la prise du pouvoir par le Conseil National pour la Démocratie (CND) du Général Gilbert DIENDERE. Ce coup de force visait à restaurer le pouvoir mafieux de Blaise Compaoré chassé par l’insurrection populaire d’octobre 2014 et, du même coup, étouffer l’aspiration de notre peuple à son émancipation sociale et nationale.

Face à cette agression, toutes les composantes du Peuple burkinabé y compris les forces de défense et de sécurité saines, dans un élan unitaire, entrent aussitôt en résistance active, pour faire barrage à ce nième coup de force dans notre pays. Au bout d’une dizaine de jours de luttes multiformes développées sous une pluie de balles de l’ex-RSP qui a fait 15 morts et 114 blessés, le Peuple parvient à faire échec au coup d’état réactionnaire du Général Gilbert DIENDERE et à arracher d’importants acquis : libération des otages, dissolution du RSP suivi de son démantèlement, mise aux arrêts des putschistes, etc.

Cette résistance héroïque, traduit si besoin en était encore, la profonde aspiration de notre Peuple pour une république démocratique et moderne ; sa ferme détermination à se battre non seulement pour préserver les acquis arrachés avec l’Insurrection Populaire (IP) d’octobre 2014, mais aussi, pour son émancipation et le progrès économique et social véritables.

Deux ans après cette héroïque et victorieuse résistance du Peuple, quel constat fait-on ?

Sur le plan judiciaire, jusque-là, justice n’est toujours pas rendue aux martyrs tombés sur le champ de la résistance. Pourtant, la commission d’enquête mise sur pied sous la Transition a rendu son rapport avec des éléments précis qui devraient faciliter le traitement judiciaire de ces dossiers. En lieu et place de la justice, on a plutôt assisté progressivement, et ce, avec amertume, à des libérations tous azimuts, à des blanchiments par ci, des allègements de charges par-là, le tout sur un fond de manipulations politiciennes de la justice ! Toute une scène procédurale judiciaire est mise en œuvre pour faire croire au peuple burkinabè que le Général Gilbert DIENDERE serait en définitive le seul à porter le chapeau de cette agression barbare contre notre Peuple.

Sur le plan socio-économique, la situation n’est guère reluisante. Les braves populations sont contraintes de vivre dans une misère indicible, malgré le PNDES qui a, pendant longtemps, été brandi tambour battant, comme la panacée à leurs souffrances. La corruption et le pillage des ressources publiques qui ont fait le lit de l’insurrection populaire (IP), sont plus que jamais pratiqués à longueur de journée. Face à la détérioration continue des conditions de vie et de travail, les populations développent des luttes multiformes pour garantir leurs droits à un logement décent et à une éducation de qualité pour les enfants du Peuple, l’accès à l’eau potable et à l’électricité, etc.

Sur le plan sécuritaire, en dépit des déclarations hasardeuses du genre « on va terroriser les terroristes », notre peuple, particulièrement celui de Ouagadougou est en proie au grand banditisme et aux menaces et attaques terroristes qui ne cessent d’endeuiller de nombreuses familles et nos vaillantes FDS.

Face à cette situation, la Coordination des CCVC de la ville de Ouagadougou :

-honore la mémoire des martyrs tombés, tout en soulignant que le meilleur hommage qui puisse leur être rendu, c’est de contribuer à la lutte avec abnégation pour que :

. leurs assassins soient traduits en justice, jugés et condamnés à la hauteur de leurs forfaits ;

. notre peuple arrache son émancipation économique et social véritables ;

-réitère son appel au Peuple de Ouagadougou à s’organiser en Comités de défense et d’approfondissement des acquis de l’Insurrection et de la Résistance populaires (CDAIP) ou à les renforcer dans les quartiers, yaars et arrondissements de la ville, pour engager des luttes autour de ses préoccupations, et pour faire barrage à la montée du grand banditisme et du terrorisme dans la Ville de Ouagadougou ;

-appelle les CCVC des arrondissements à s’impliquer dans la réussite des activités menées par les CDAIP de la ville de Ouagadougou dans le cadre de la commémoration du 2ème anniversaire de la résistance au putsch du 16 septembre 2015

-encourage les éléments des FDS qui, malgré le dénuement total dans lequel les plonge le pouvoir MPP, font face à la montée du terrorisme, au prix de leur vie.

Vive la résistance héroïque au putsch de septembre 2015 !

Non au putschisme !

En avant pour la défense et l’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et de la résistance victorieuse de septembre 2015 !

Pain et liberté pour le Peuple ! »

Ouagadougou le 12 septembre 2017

CCVC/BASKUY

Harouna NIKIEMA

 

CCVC/BOGODOGO

Frédéric O. MANDI

 

CCVC/BOULMIOUGOU

Dominique YAMEOGO

 

CCVC/NONGREMASSOM

Gombila KABORE

 

CCVC/SIGNONGHIN

Alain O. KOALA

photo. droit  libre TV

 

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