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PROCES THOMAS SANKARA : « Je pressentais un dénouement sanglant en défaveur de Thomas Sankara », Ismaël Abdoulaye Diallo

A la suite du dernier accusé Tibo Georges Ouédraogo qui n’avait pas encore comparu pour des raisons de santé, l’audience a repris avec la comparution des témoins. A la reprise dans l’après-midi de ce 2 décembre,  c’était au tour de Kationga Thérèse de passer à la barre pour dire sa part de vérité en sa qualité de témoin sur les évènements du 15 octobre 1987.

Dans son témoignage, Mme Kationga dit avoir entretenu des relations avec l’accusé Bossobè Traoré depuis 1978 à Pô.  Rentrée à Ouagadougou et mariée par la suite à un inspecteur divisionnaire des douanes, Mme Kationga a gardé de bons rapports avec Bossobè Traoré. Propriétaire et gérante d’un maquis-resto, Mme Kationga dit recevoir régulièrement des éléments du Conseil de l’Entente, qui venaient se restaurer. C’est en cette qualité  d’ex-amant et en tant qu’ami,  que le 12 octobre, M. Bossobè Traoré serait venu au restaurant lui dire au revoir. Et elle lui aurait demandé où il allait pour venir lui faire ses adieux. Et Bossobè lui aurait confié que Nabié N’Soni lui a dit de ne pas se rendre au Conseil de l’Entente le soir du 15 octobre pour le sport de masse parce qu’il aura un coup d’Etat. Mais le prévenu aurait répondu à Nabié qu’il s’y rendra parce qu’il est militaire et qu’il a prêté serment pour ça. « Et j’ai demandé à Bossobè d’informer le président Thomas Sankara. Et il m’a dit que le président était déjà au courant », dit-elle.

Mais vous avez aperçu  cet au revoir ? demande le président du tribunal

« Certainement qu’il pensait être tué », répond-elle et de poursuivre en ces termes : « la preuve en est que lorsque Bossobè a été touché et était admis aux urgences de Yalgado, il m’a dit que si je suis toujours en vie, c’est à cause de Nabié N’soni. Parque les commanditaires estimaient qu’il en savait trop vu qu’il était un ami intime de Nabié ».

Confronté à M. Bossobè Traoré, l’accusé dit ne pas reconnaître les faits. Après Mme Kationga,  c’était u tour d’Ismaël Abdoulaye Diallo, ancien collaborateur du président Thomas.

Dans sa déposition, il a indiqué que dans la matinée du 15 octobre, il a contacté le président Thomas Sankara pour lui parler des tensions qui devenaient de plus en plus en plus évidentes. « Mais il m’a interrompu pour me demander si j’avais fait le rapport de la réunion de la commission anti apartheid », dit-il.

Et c’est peu après qu’il a contacté Blaise Compaoré qui lui a fait comprendre qu’il ne se sentait pas bien et qu’il était couché. « Je me suis rendu chez lui. Il m’a reçu sur la terrasse. Et avant même de dire quoi que ce soit, il m’a demandé ceci : as-tu vu Gilbert Diendéré ? Je lui ai dit Non ! Et il m’a dit qu’il venait de partir. A la suite de nos discussions sur ce que j’entendais de gauche à  droite et qui se confirmait petit à petit, Blaise m’a confirmé des tensions à certains points. Et je lui ai dit, si vous êtes arrivé là, c’est que c’est grave. Je lui ai proposé de produire une brève déclaration qui sera lue ni par Thomas, ni part Blaise, mais soit par Henri Zongo, soit par Pierre Ouédraogo. Et j’en parlerai à Sankara », confie-t-il. Et Blaise Compaoré, avant de me quitter, m’a dit ceci : « Il dira oui et il fera autre chose ».

« Avez-vous  pensé à un quelconque dénouement ? » Questionne le  Parquet. « Oui ! Mais en défaveur de Thomas Sankara. Et la suite, nous avons vu ce qui s’est passé ».

Le 16 octobre, vous avez été au Conseil de l’Entente ?

« Oui ! le 16 octobre, pendant que Jean Pierre Palm était chez moi soi-disant qu’on l’a envoyé de passer s’assurer si j’allais bien, Blaise Compaoré m’a appelé au Conseil. Et quand je suis arrivé, je lui ai demandé s’il avait dit de tuer Sankara. Il m’a dit non et a ajouté ceci : « Je voulais le faire arrêter le samedi 17 octobre puis le forcer à rendre sa démission ». Je lui ai demandé si la révolution continuait ou pas. Et il dit que la révolution continue.

Le témoin, dans sa déposition, a laissé entendre que lors d’une de ses missions le 8 août 1984 après le coup d’Etat du 4 août 1983, auprès du président nigérien Seyni Kountché, ce dernier lui aurait confié que le Mali, le Togo, la Cote d’Ivoire auraient contacté Jacques Chirac pour faire un « contre-coup » au Burkina Faso. Et le président nigérien d’alors n’a jamais appelé Blaise Compaoré par son nom, il l’appelé « Menguistu » à l’image de l’ancien président éthiopien, Menguistu Hailé Mariam qui avait éliminé tous ceux qui lorgnaient son trône, pour régner en maître absolu.

Le procès reprend le 6 décembre prochain avec la comparution de  témoins à savoir Laurent  Ilboudo, Drissa Sow, Claude François Zidwemba, Issouf Sawadogo, Boubié Bamouni, etc…

Didèdoua Franck ZINGUE

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