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Procès Thomas Sankara : « J’ai peur, je veux vivre comme tout le monde » (Elysée Ilboudo)

L’audience s’est  poursuivie ce 27 octobre avec à  la barre  l’accusé Ilboudo Yamba Elysée. La partie civile qui n’avait pas fini son interrogatoire, a repris la parole. Tour à tour, Me Prospère Farama, Me Yaméogo J. Patrice, Guy Hervé Kam, Me Séraphin Solé, Me Ambroise Farama et Me Lallogo ont voulu savoir davantage sur un certain nombre de faits.

Me Prospère Farama a voulu savoir davantage sur la fonction de chauffeur de Elysée Ilboudo et si l’accusé avait subi une quelconque pression, intimidation et autres lors de son audition? Il répond « Non ». « Vous   étiez donc lucide? », réplique Me P. Farama. « Oui », répond l’accusé.

A la question de Me Kam pour  savoir si l’accusé a peur pour  sa sécurité, l’accusé répond : « J’ai peur. Je veux vivre comme tout le monde ».

« Avez-vous rencontré Diendéré depuis votre arrestation », interroge Me Kam. A cette question, l’accusé reconnaît qu’il a,  par moments, eu des échanges avec Diendéré. Mais lors de certaines questions, Elysée Ilboudo opte pour le silence ou évoque sa dépression mentale pour ne pas répondre. Mais au finish, il a fini  par reconnaitre  que les déclarations contenues dans son dossier sont bel et bien les siennes. « Oui,  Diendéré était   là-bas avec ses hommes », a-t-il dit.

Me Séraphin Somé a rappelé au Tribunal l’importance et la nécessité d’enregistrer  ce procès. A  son avis, au regard de ce qui se passe, sa crainte est de voir qu’au second degré, des accusés nient ce qu’ils ont dit en première instance. « Je voudrais que le greffier en chef en tienne compte et qu’il prenne bonne note », a-t-il souhaité. Me Somé est cependant revenu sur les types d’armes utilisées au soir du 15 octobre 1987, notamment la RPG7 FM, les kalachnikovs et PA. « Finalement, est-ce l’opération a été trop facile et vous n’avez pas fait usage de toutes les armes? Il rétorque en précisant que chaque arme a un but précis et un objectif bien défini à atteindre. Me Somé poursuit et  demande à  M.Ilboudo à quoi Hyacinthe Kafando faisait allusion lorsqu’il est revenu peu après l’horreur et  a dit qu’ils avaient fini leur travail. (Silence).

Après une suspension de 10mn, l’audience reprend. « Dites-nous M.Ilboudo, chaque membre du commando avait une kalachnikov et un PA si j’ai bien compris ? », a demandé le président du tribunal. « Oui monsieur le Président », a-t-il répondu. Est-ce qu’un commando peut faire usage de deux kalachnikov en même temps ? Est-ce que vous avez vu un des commandos utiliser deux kalachnikov à la fois au moment des tirs? ». « Non »!

« Mais comment se fait-il que vous ne retrouviez pas votre arme que vous avez déposée juste auprès de vous? ». (Silence).

« Nous vous demandons de nous clarifier l’affaire de votre arme qui s’est volatilisée et finalement c’est au domicile de Blaise Compaoré que vous l’avez retrouvée. Il faut qu’on éclaircisse cette affaire », suggère le président. Pour lui, ce n’est pas de cette manière que l’on peut nier si vous avez vous-même tiré ou pas. « En tout cas, pas en  votre qualité de militaire », a-t-il ajouté.

L’agent judiciaire de l’Etat a voulu également savoir si parmi les 13 victimes, il y avait des agents de sécurité du Conseil de l’entente? L’accusé dit ne pas avoir connaissance. « Comment se fait-il que Blaise Compaoré soit chez lui, et tous ses deux chauffeurs se retrouvent sur le site du Conseil? Vous ne trouvez pas ça bizarre ? », a-t-il interrogé. « En tout cas », répond l’accusé sur un ton moins précis.

Didèdoua Franck ZINGUE

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