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PROCES DES NEUF OFFICIERS EN COTE D’IVOIRE : Les accusés videront-ils leurs ventres ?

Le procès des neuf officiers ivoiriens dont deux piliers de l’appareil sécuritaire de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo,  s’est ouvert hier à Abidjan. Deux d’entre eux manquaient à l’appel, puisque, jusque-là, introuvables.  Parmi les sept officiers, le commandant  Anselme Séka Yapo alias Séka Séka, ancien chef de la sécurité rapprochée de Simone Gbagbo, lequel s’était construit une réputation sulfureuse, son nom ayant plusieurs fois été mêlé à l’affaire dite des « escadrons de la mort ». Les faits reprochés à Séka Séka, qui devait répondre, hier, de nombreuses exactions, sont extrêmement graves: crimes de sang et bien d’autres forfaitures. Idem pour  le commandant Jean-Noel Abéhi, poursuivi pour « complot » et « désertion ».  Le moins que l’on puisse dire, c’est que Séka Séka est une grosse prise du pouvoir ivoirien. Un gros poisson repêché de la mare glauque des secrets qui ont marqué les années ténébreuses de l’ère Gbagbo. Ce poisson-là pourrait cracher de succulents morceaux de révélations.  Reste à savoir si l’accusé acceptera de « vider entièrement son ventre ».  Autrement dit, aura-t-on droit à un grand déballage ?  En tout cas, si cet ancien  « sécurocrate » ivoirien disait, en toute vérité, ce qu’il a fait, vu, su  et entendu, il est clair que ce serait un important pas en direction de la vérité  sur les nombreux crimes de sang perpétrés lors de la crise post-électorale. Peut-être aussi (puisqu’il sera également entendu sur l’affaire dite des « escadrons de la mort »),  un coin de voile se lèvera-t-il sur les circonstances de la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer.

Que ce procès serve la cause de la vérité et de la justice

Sans doute aussi saura-t-on  un peu plus sur l’assassinat du journaliste français Jean Hélène. En tout cas,  tous ces crimes participaient  d’une stratégie d’élimination physique des personnes qui dérangeaient du côté du Palais de Cocody, à l’époque.   Vivement, en tout cas, que ce procès serve la cause de la vérité et de la justice.  On peut l’espérer. L’espoir est d’autant permis que ceux qui se retrouvent aujourd’hui à la barre, ont le malheur de passer pour être des brutes épaisses  qui auront fait le malheur de la Côte d’Ivoire et auxquels la Justice ivoirienne ne fera certainement pas de cadeau.  Qui s’en plaindrait d’ailleurs, s’il s’avère qu’ils ont effectivement été des ogres sanguinaires ?  Sans aucun doute, le camp de Laurent Gbagbo. Certainement qu’au soir du verdict,  les partisans irréductibles de Gbagbo n’éprouveront aucun scrupule à crier encore à la justice des vainqueurs.  Des cris d’indignation devenus depuis longtemps une ritournelle et qui devraient décider ADO à faire rendre gorge aussi aux bourreaux de son  propre camp.  C’est la seule manière de parvenir à réconcilier tous les Ivoiriens.  En attendant, il y a une leçon qu’on peut tirer des malheurs qui frappent,  en ce moment, tous ces gens qui se sont liés corps et âme à Laurent Gbagbo qui n’avait   pour seul et ultime désir  que la confiscation du pouvoir : aucun chef d’Etat n’est éternel et ce faisant, il faut éviter de lier trop étroitement  son destin à tous ces satrapes qui  veulent coûte que coûte ramer à contre-courant  des aspirations profondes de leur peuple au changement.

« Le Pays »

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