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PERSPECTIVE DE LEVEE DE LA LIMITATION DES MANDATS PRESIDENTIELS AU BURUNDI : Il faut pleurer le peuple burundais

 

La Commission nationale de dialogue inter-burundais (CNDI) vient de remettre son rapport au président Pierre Nkurunziza. Un rapport d’étape qui comporte, pourrait-on dire, des germes supplémentaires de l’aggravation de la crise au Burundi. En effet, parmi les pistes de réformes  contenues dans ledit rapport, figure la levée du verrou de la limitation des mandats présidentiels. Or, c’est justement l’entêtement de Nkurunziza à briguer un troisième mandat, qui est à l’origine de la crise que traverse le Burundi depuis plus d’un an. Cette volonté du pouvoir de sauter le verrou limitatif du nombre de mandats présidentiels, montre à souhait que Pierre Nkurunziza n’a ni la volonté, ni l’intention de quitter les affaires. Cela est d’autant plus vrai que les partisans de l’homme proposent que la Constitution burundaise prime désormais sur l’Accord d’Arusha, qui pourtant, aura non seulement permis de mettre fin à une décennie de guerre civile au Burundi, mais aussi permis à Nkurunziza de pouvoir accéder légalement au pouvoir. Comme on le sait, les dictateurs ne respectent les textes que quand ceux-ci les arrangent.  L’un des arguments massue sur lequel Nkurunziza s’est arc-bouté pour briguer le troisième mandat, est que la loi n’est pas rétroactive et que, de ce fait, il avait droit à un autre mandat, puisqu’il était déjà en fonction lorsque l’accord d’Arusha qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux, entrait en vigueur. Or, dans le cas des présentes réformes, Nkurunziza veut que si elles sont adoptées, elles s’appliquent directement à lui. Avec  ces nouvelles réformes, le moins que l’on puisse dire c’est que le Burundi s’enfonce davantage dans le gouffre. Et il faut en conséquence, pleurer le peuple burundais car, ce n’est pas demain la veille la fin de son calvaire.  Au lieu de trouver une solution à la crise qui aura fait des centaines de morts et mis sur les chemins de l’exil, des milliers de Burundais, le pasteur-président est plutôt préoccupé par un pouvoir à vie. Car, c’est bien de cela qu’il s’agit.

A trop vouloir chercher à se protéger, Nkurunziza court le risque de finir très mal

Il est navrant de constater que pendant que la tendance sur le continent noir est à la limitation des mandats présidentiels, Nkurunziza choisit de ramer à contre-courant de ce principe cardinal de la démocratie. Cela n’a rien d’étonnant. On dirait même qu’on le voyait venir avec ses grandes godasses.  Il avait sans doute sa petite idée en tête quand il caressait déjà le rêve de rempiler pour un troisième mandat. A présent fortement contesté par un peuple qui lui en veut d’avoir opéré un forcing pour se maintenir au pouvoir, le satrape burundais se voit obligé de se confectionner une solide carapace : le pouvoir à vie. A la vérité, Nkurunziza sait qu’il est condamné à rester au pouvoir car, il sait que le sang qu’il a versé, ne saurait rester impuni. Il sait que le jour où il quittera le pouvoir, il aura non seulement  affaire à son peuple, mais aussi aux tribunaux.  Et comme tout bon dictateur, il ne veut pas que son passé le rattrape, d’où cette volonté de vouloir régner ad vitam æternam. Mais à trop vouloir chercher à se protéger, Nkurunziza court le risque de finir très mal. Car le Burundi est au bord du gouffre du seul fait de sa boulimie du pouvoir. Même s’il donne l’impression d’être résigné, le peuple burundais pourrait tôt ou tard refuser de continuer d’avaler les couleuvres.

Dabadi ZOUMBARA

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