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MANIF DE L’OPPOSITION EN RDC : Va-t-il pleuvoir sur Kinshasa ?

 

Sauf changement de dernière heure, c’est en principe aujourd’hui, 19 septembre, qu’aura lieu la manifestation du « Rassemblement », la plus grande plateforme de l’opposition en RDC, opposée à une quelconque prolongation du mandat de Joseph Kabila, lequel mandat  prendra fin le 20 décembre prochain. Arrivé au  pouvoir depuis 2001 avec à son compteur deux mandats, Joseph Kabila veut, contre vents et marées, bénéficier d’une prolongation,  alors que la Constitution le lui interdit et  prévoit que soit convoqué le corps électoral le 20 septembre 2016, en vue de l’organisation de la présidentielle avant la fin de l’année. Toute chose qui apparaît désormais impossible, surtout avec la récente sortie de la CENI qui dit ne pas être  en mesure d’organiser les élections avant 2018. Ainsi, à l’appel de la plateforme,   les Congolais ont été  invités à sortir massivement  demain devant les locaux de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et devant les ambassades du pays à l’étranger, pour exiger le départ du  président au terme de son bail. Une manifestation  qui intervient dans un contexte où le dialogue national entamé depuis début septembre et censé s’achever  hier  17 du même mois, peine à trouver un accord politique profitable à la majorité et à la frange de l’opposition prenant part aux travaux, notamment en ce qui concerne l’établissement d’un calendrier électoral clair devant aboutir à l’organisation de la présidentielle. Une fois encore donc, les populations vont battre le pavé pour marquer leur refus d’accorder un « lenga » (bonus) à l’homme fort de Kinshasa. Sans nul doute que la manif connaîtra un franc succès, car ils sont nombreux  les opposants au maintien de Kabila fils au pouvoir. Toutefois, que vaut une marche contre un dictateur comme Kabila ? Permettra-t-elle réellement d’infléchir la position actuelle du clan présidentiel ? Aucunement, quel qu’en soit le succès. Autrement dit, ce sera une marche qui, hélas, ne poussera pas le pouvoir en place à mesurer la gravité de la situation et l’on ne croyait pas si bien dire. Car, comme  pour « casser » la manif de l’opposition, la majorité a décidé  d’organiser également une marche, demain, pour  soutenir « les efforts de la CENI ».

Le risque d’affrontement entre pro et anti Kabila est grand

C’est dire que chaque camp aura ses partisans dans la rue ce jour 19 septembre, et  l’imminence d’un affrontement, voire d’un embrasement de la situation, n’est pas à exclure. Va-t-il pleuvoir sur Kinshasa ? Il faut souhaiter que cela n’arrive pas quand bien même  la journée du 19 septembre se présente en tout cas comme celle de tous les dangers. S’il est vrai que le risque d’affrontement entre pro et anti Kabila est bien grand, il  faut espérer que les forces de défense et de sécurité, qui ont très souvent la gâchette facile, ne réprimeront pas violemment les manifestants, précisément ceux opposés à la prolongation du mandat du prince régnant. Car si le pays venait à enregistrer des blessés dans le meilleur des cas  ou des pertes en vies humaines dans le pire des cas, ce serait le chaos. En tout cas, le gouvernement américain a déjà mis en garde contre tout recours à la violence et se dit prêt à imposer des sanctions ciblées aux auteurs de violences.  Il faut espérer que cette mise en garde  sera prise très au sérieux par le pouvoir congolais. En attendant, on croise les doigts.

Colette DRABO

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