ActuBurkina
A la une Société

 Journée nationale de l’éducation catholique: Le message de Mgr Gabriel SAYAOGO

Ceci est un message de Mgr Gabriel SAYAOGO, Archevêque Métropolitain de Koupéla, Président de la Commission Episcopale pour l’Education Catholique à l’occasion de la 24e journée nationale de l’éducation catholique.

Chers fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu au Burkina Faso, acteurs et partenaires de l’éducation catholique,

La célébration de la 24e Journée Nationale de l’Education Catholique au Burkina Faso, le 7 mai 2023, se situe dans un contexte de crise des valeurs et de crise sécuritaire difficile, aggravé par endroit de crise alimentaire et du système scolaire. Cette dernière préoccupation marque profondément notre vivre-ensemble en tant qu’acteurs de ce secteur de l’éducation. Bien des familles vivent dans l’angoisse de lendemains incertains et souffrent de voir hypothéquer l’avenir de leurs enfants à qui l’instruction et l’éducation scolaire faisaient caresser l’espoir de lendemains meilleurs.

En effet, la fermeture de plus de six mille écoles vient assombrir l’horizon de tant d’enfants et de jeunes qui ne cherchent qu’à s’épanouir et être utiles à leur pays. En dépit de ce contexte inquiétant, nous voulons affirmer avec le Concile Vatican II que « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. » (G.S n°1) En plaçant donc cette 24e Journée Nationale de l’Education Catholique sous le thème : « L’Education Catholique, témoin d’espérance dans un monde en crise », nous voulons tourner notre regard vers les objectifs à nous fixer, l’espérance à garder et l’engagement à maintenir.

1- Les objectifs de l’Education Catholique : être lumière à la suite du Christ

Le Christ s’est lui-même défini comme « la lumière du monde » (Jn 9, 5). A sa suite, l’Eglise Catholique, à travers ses structures éducatives, se fait le devoir d’apporter la lumière aux hommes, pour faire reculer les ténèbres et libérer les hommes de la nuit qui les maintient captifs.

« À ses enfants, l’Église est tenue, comme Mère, d’assurer l’éducation qui inspirera toute leur vie de l’esprit du Christ. En ce sens, l’éducation que l’Église poursuit consiste dans l’évangélisation et dans l’attention à la croissance des personnes qui cheminent déjà vers la plénitude de la vie du Christ.  Toutefois, la proposition éducative de l’Église ne s’adresse pas uniquement à ses enfants, mais aussi à tous les hommes pour promouvoir la personne humaine dans sa perfection, ainsi que pour assurer le bien de la société terrestre et la construction d’un monde toujours plus humain. » (Concile Vatican II, Déclaration sur l’éducation chrétienne, 28 octobre 1965, n° 7-8)

Si, dès le début de l’œuvre d’évangélisation dans notre pays, les missionnaires ont ouvert la première école catholique dès 1901, aujourd’hui, l’ampleur des établissements catholiques vient confirmer qu’une seule intention habitait et continue d’habiter l’Eglise : témoigner de l’amour de Dieu pour tout homme à travers l’instruction, l’éducation et l’annonce de la Bonne nouvelle du salut. La conséquence qui en découle est de faire en sorte que l’éducation catholique entretienne l’espérance dans le cœur des hommes. C’est le premier volet de son témoignage.

2- Garder l’espérance

« Tu dis que le monde va mal, mais si toi tu vas bien, le monde sera meilleur » (Saint Augustin). Dans l’épreuve, la peur et l’angoisse peuvent prendre le dessus sur nos motivations et nous pousser à déserter. Pourtant, nous sommes invités à oser espérer contre toute espérance, comme l’a fait Abraham, notre père dans la foi. L’espérance, c’est cet horizon qui nous met en mouvement dans l’instant présent.

La crise que nous vivons tend à empêcher la jeunesse à rester debout. Or, « la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant » (Saint Irénée de Lyon), l’homme debout et ressuscité. Le Christ continue d’inviter les structures éducatives de l’Eglise à dire à tout homme : « Lève-toi, prends ton brancard et marche. » (Jn 5, 8). Aux côtés des autres acteurs de l’éducation, main dans la main, travaillons à apporter la lumière là où s’épaississent les ténèbres.

C’est donc le lieu de féliciter nos vaillants enseignants qui se dévouent à la tâche et qui consentent d’énormes sacrifices pour maintenir l’espérance dans le cœur des apprenants. Il convient aussi de remercier les familles qui confient leurs enfants à la sollicitude de l’Education Catholique et qui développent des initiatives pour soutenir l’œuvre d’éducation. Nous ne saurions oublier les élèves et étudiants qui acceptent prendre le chemin de l’école et ne manquent pas d’initiatives pour soutenir leurs camarades en difficulté dans certaines zones en proie à l’insécurité.

C’est parce que vous avez foi en votre avenir, et les yeux fixés vers un objectif. Ne vous laissez pas voler votre avenir, votre espérance, car nous sommes attendus pour donner de bons fruits spécifiquement dans ce monde et à cette époque de grands défis. Le second aspect du témoignage tient donc à la permanence de l’engagement de l’éducation catholique sur tous les terrains où le devoir l’appelle.

3- Maintenir l’engagement

L’Eglise, en s’engageant dans l’éducation aux côtés de l’Etat, mettra toujours son honneur à promouvoir l’offre d’une éducation de qualité et continuera d’inculquer à la jeunesse les valeurs de fraternité universelle. C’est de cela que notre pays a le plus besoin au moment où tout tend à saper les initiatives de paix, d’un vivre ensemble harmonieux et de cohésion.

Cet engagement de l’Eglise invite tous ses fils et toutes ses filles, les hommes de bonne volonté et tous les acteurs de la chaîne éducative, à poser des actes concrets pour l’avènement d’un monde meilleur. Trois pistes peuvent être explorées dans les structures éducatives :

  • Sensibiliser. L’Education catholique ne doit pas se contenter de constater que notre pays vit une crise. Elle doit éveiller la conscience de tous les acteurs de l’éducation sur le sujet en initiant des sensibilisations de tous ordres à l’endroit des acteurs pour aboutir à des changements de comportements.
  • Promouvoir le dialogue inter religieux. Cela suppose que l’on n’évacue pas Dieu de nos établissements. Tous les acteurs de la vie scolaire pourraient initier des prières en faveur de la paix et travailler à la connaissance mutuelle des religions. Nous sommes enfants d’un même père : Dieu.
  • Poser des actes d’amour. Le Christ s’est identifié aux malades, aux prisonniers, aux étrangers, aux affamés, aux pauvres (cf. Mt 25, 35-36). De nos jours, nous voyons des scènes de misères inattendues à nos portes. Pour continuer à être témoins d’espérance dans ce monde en crise, osons poser des actes d’amour dans nos structures éducatives pour soulager la peine et atténuer le cri des innocents qui montent vers Dieu et qui nous atteignent. Ce n’est certes pas facile, mais osons ouvrir nos bras, les portes de nos cœurs et de nos établissements à ces autres enfants qui ont tout aussi droit au privilège de l’éducation scolaire dont jouissent ceux qui ne sont pas touchés par cette crise.

Chers fils et filles de l’Eglise Famille de Dieu au Burkina Faso, chers acteurs et partenaires de l’Education Catholique, au sortir de cette journée, ce qui doit le plus retenir notre attention, c’est notre détermination à changer la face du monde par l’éducation que nous donnons et recevons dans nos établissements catholiques et dans nos familles chrétiennes. Maintenons les valeurs éducatives dans le cœur et l’esprit des élèves, dans l’agir quotidien des enseignants et des parents afin de faire toujours luire le soleil de l’espérance sur notre monde. Confions à la Vierge, Mère et Educatrice, l’avenir de l’éducation dans notre pays.

Fait à Ouagadougou, le 25 mars 2023

 Mgr Gabriel SAYAOGO

Archevêque Métropolitain de Koupéla

Président de la Commission Episcopale pour l’Education Catholique

Articles similaires

An VIII de la mort du juge Nébié: l’Etat d’affirmer sa volonté d’accompagner les services d’investigation

ActuBurkina

Cité de Bassinko: les résidents toujours sans électricité

ActuBurkina

Sommet de l’Afrique sur le climat: des divergences entre chefs d’État sur la promotion des énergies vertes

ActuBurkina

Laisser un Commentaire

ACTUBURKINA

GRATUIT
VOIR