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Gestion du ministère de la Sécurité : l’UNAPOL fustige la création d’un « service fantôme » par le ministre

L’Union police nationale (UNAPOL) a animé, le 18 mai 2021,  sa première conférence de presse de l’année au cours de laquelle elle a  fustigé la gouvernance de son  ministre de tutelle, Ousséni Compaoré. Le SG de l’UNAPOL, Siyalé Moussa Palm et ses camarades l’ont mis en garde contre  le refus de réintégration des siens licenciés depuis 2019. Elle annonce dans la foulée que dans les jours à venir, si rien n’est fait, le syndicat prendra ses responsabilités pour que la décision de justice soit respectée.

 

« L’Union police nationale n’est pas morte contrairement aux supputations de ses détracteurs », a-déclaré Siyalé Moussa Palm, SG de l’UNAPOL. Ce 18 mai, elle a fait une sortie médiatique au cours de laquelle elle a révélé « un semblant de collaboration dilatoire » entre elle et son ministre de tutelle. Près d’une heure d’horloge, l’UNAPOL, après avoir égrené un chapelet de difficultés, a dit qu’elle changera de fusil d’épaule. L’UNAPOL a affirmé qu’elle donne un dernier avertissement au ministre de la sécurité Ousséni Compaoré qu’elle tient pour seul responsable des manquements qui entrave la bonne marche de la sécurité au Burkina. Elle a annoncé, dans la foulée, que les semaines qui suivront seront déterminantes, si le mutisme du ministre persiste. « L’UNAPOL entend utiliser tous les moyens pour la satisfaction de sa plateforme revendicative », a déclaré le Commissaire principal de police (CPP),  Siyalé Moussa Palm, par ailleurs SG de l’UNAPOL. Au titre des revendications, l’UNAPOL a évoqué que le problème d’armements posé depuis 2019 demeure toujours. Toute  chose qu’elle dit ne pas comprendre. Selon les conférenciers, « une vingtaine de lettres ont été transmises au ministre de la Sécurité entre novembre 2020 et avril 2021 pour attirer l’attention de celui-ci sur les préoccupations de la police nationale et des policiers ». Mais, toujours selon eux, le ministre a fait semblant de rencontrer le syndicat pour montrer qu’il prêt pour le dialogue, ce qui n’est pas le cas.  Ils jugent l’attitude du ministre de « pur dilatoire, car à chaque occasion, le ministre effleurait toujours un sujet sur toute une liste et s’excusait quelques instants après au motif qu’il a des urgences ».

Autre préoccupation abordée par les flics, c’est la question de l’armement et des équipements de la police pour le combat. A en croire les conférenciers, le « besoin demeure toujours ». Le syndicat a aussi avancé un autre problème en lien avec leurs galons. Et selon le SG, le « projet de décret sur les galons n’a même pas été transmis en Conseil des ministres, de sorte qu’aujourd’hui, il y a des personnels de la Police nationale qui ne peuvent pas porter l’uniforme car les attributs de leur grade n’existent pas ». En plus de cet aspect, M. Palm et ses camarades ont évoqué la question du carburant. « Le taux du carburant servi aux unités d’intervention dans le cadre des opérations de sécurisation du pays est passé du simple au tiers. Pour des véhicules qui nécessitent 15 000 FCFA de carburant, il ne leur est servi que 5 000 FCFA, les motos qui ont besoin de 5 000 FCFA de carburant n’en reçoivent que 2 000 ou 3 000 FCFA. Ces taux sont très dérisoires eu égard aux activités et les chefs sont parfois obligés d’emprunter du carburant pour des interventions urgentes », ont-ils confié.

Un « service fantôme » créé au cabinet du ministère de la Sécurité

Selon les déclarations des conférenciers, « les compagnies qui relèvent du groupement CRS de Ouagadougou,ont 500 000 FCFA de carburant par trimestre, soit autour de 5 000/jour et pendant ce temps, un office à peine opérationnel, se retrouve avec 50 millions de FCFA de carburant. C’est normal que son DG dise qu’il utilise ce carburant pour motiver ses amis ». De l’avis de Siyalé Moussa Palm et ses camarades, « il est envisagé très prochainement un simulacre de relecture de la loi sur la sécurité intérieure ». Une relecture que le syndicat a dit  ne pas accorder du crédit car « les coulisses de l’organisation font penser à un folklore dont il ne sortira pas grand-chose et ce serait dommage ».

Outre cela, le syndicat a fustigé la création d’un « service fantôme » au cabinet du ministère de la Sécurité. Un cabinet fictif  dont  les policiers ont exigé la suppression dudit secrétariat particulier bis qui a été mis en place sans texte.

Par ailleurs, les conférenciers ont affirmé que cette sortie médiatique constitue « la dernière action d’interpellation verbale à l’endroit de l’autorité ». Faute de réponse sincère et satisfaisante dans les prochains jours, l’UNAPOL annonce qu’elle sera dans l’obligation de changer de fusil d’épaule. « Nous tenons d’office à nous excuser auprès des populations pour les éventuels désagréments que notre lutte pourrait engendrer », a laissé entendre le CPP de police Siyalé Moussa Palm.

Didèdoua Franck ZINGUE

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