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GAMBIE : Yahya Jammeh décrète l’état d’urgence à deux jours de l’investiture d’Adama Barrow

À deux jours de l’investiture du nouveau président Adama Barrow, Yahya Jammeh a déclaré l’état d’urgence en Gambie mardi 17 janvier alors que ses homologues de la région l’appellent à quitter le pouvoir et qu’un navire de guerre nigérian fait route vers les côtes de son pays.

Après 22 ans passés à la tête de la Gambie, Yahya Jammeh semble avoir du mal à abandonner le pouvoir. Après avoir contesté le résultat des élections, qui donnait son rival Adama Barrow vainqueur, il a instauré l’état d’urgence mardi lors d’une allocution à la télévision publique, dénonçant « un niveau d’ingérence étrangère exceptionnel et sans précédent » dans la vie politique gambienne qui crée une « atmosphère hostile injustifiée qui menace la souveraineté, la paix et la stabilité du pays ».

Après son recours raté auprès de la Cour suprême, il semblerait que le président ait trouvé un nouveau moyen de retarder l’échéance. Mais celui-ci fonctionnera-t-il ? Constitutionnellement, le président peut décréter l’état d’urgence pour sept jours. Il peut être prolongé jusqu’à 90 jours, mais seulement avec l’aval de l’Assemblée nationale.

Toujours est-il que la tension a encore monté d’un cran en Gambie, après que trois ministres de Jammeh ont démissionné, et alors qu’un navire de guerre nigérian croise le long des côtes ghanéennes en direction de la Gambie, rapporte la BBC. En effet, le président nigérian Muhammadu Buhari a été nommé médiateur par ses pairs de la Cedeao pour résoudre cette crise politique d’ampleur. Il lui faudra agir vite : la cérémonie d’investiture d’Adama Barrow, le vainqueur de l’élection présidentielle, est censée se tenir le 19 janvier prochain.

Ce dernier est toujours accueilli par le Sénégal dans l’attente de sa prise de fonctions. Du côté de Yahya Jammeh, l’avenir est plus incertain que jamais. Après le Nigeria, le Maroc aurait à son tour proposé de l’accueillir, alors qu’Adama Barrow a officiellement déclaré qu’il n’était pas nécessaire qu’il quitte le pays.

Si l’avenir semble imprévisible au plus haut sommet de l’État, la situation reste tout aussi floue pour le reste de la population. Plusieurs milliers de Gambiens ont déjà quitté le pays, craignant que l’instabilité politique actuelle ne suscite une vague de violences. Pour ceux restés au pays, les prochains jours vont se dérouler dans l’attente fébrile d’un dénouement. Et dans l’inquiétude.

Jeuneafrique avec AFP

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