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FIN DE L’ULTIMATUM ET AFFAIRE DE PHOTO ABIMEE  DE NKURUNZIZA : Que fera Nkurunziza maintenant ?

 

L’ultimatum lancé par le président du Burundi a expiré hier,  15 juin. En effet, au  début du mois, Pierre Nkurunziza avait donné quinze jours aux rebelles de la commune de Mugamba, pour déposer les armes. Faute de quoi, les autorités utiliseraient « la force ». Maintenant que cet ultimatum a expiré sans qu’il ait obtenu gain de cause, l’on peut se demander ce que va faire Nkurunziza. Va-t-il continuer à massacrer  son propre peuple ? On a des raisons de craindre le pire. Beaucoup de jeunes Burundais, cibles privilégiées des sicaires du régime, ont  déjà quitté  la région de Mugamba ces derniers jours. Ils redoutent les arrestations arbitraires ou même des exécutions sommaires. Ce qui est inquiétant, c’est que tout cela se passe dans l’indifférence presque totale de la communauté internationale, à commencer par la l’Union africaine. D’ailleurs,  l’ultimatum de Nkurunziza  est une insulte à la communauté internationale. Car, pendant que les experts de l’ONU sont en train d’enquêter sur les violations massives de droits de l’Homme commises dans le pays, Pierre Nkurunziza se permet de menacer de tuer ses compatriotes. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le président burundais lance un ultimatum de ce type à l’issue duquel des populations  sont massacrées. En novembre dernier, à Bujumbura, une opération similaire avait été menée maison par maison. Des innocents ont été tués !  Aujourd’hui, Nkurunziza sait que son pays n’est  plus sous les projecteurs de l’actualité, comme il l’a été en mai 2015. C’est pourquoi il continuera de tuer, de massacrer si rien n’est fait pour l’en empêcher. Mais il doit savoir que  si l’ONU, l’UA et autres entités l’ont jusque-là laissé faire, ce sont les scolaires burundais qui lui feront payer tous ses crimes s’il  n’y prend garde.

Contrairement aux grandes personnes, les enfants  ne sont pas des hypocrites

Des collégiens burundais accusés d’avoir gribouillé  la photo du président dans des manuels scolaires, ont appris à leurs dépens qu’on ne s’attaque pas à un satrape qui se fait passer pour Dieu sur terre. Quelques élèves du collège communal de Gihinga dans la commune de Gisuru ont été chassés de leur école, le lundi 13 juin 2016. Mais ils ne se sont pas laissés faire, faisant preuve de solidarité et de témérité à toute épreuve. Le problème pour le pouvoir burundais, c’est que dans toutes ces écoles, il est difficile de savoir qui exactement s’est acharné sur le visage du président burundais, puisque chaque école dispose à peine de trois dizaines de livres qui passent d’une classe à l’autre, et ces classes comptent parfois jusqu’à 70 élèves. Qui pis est, ces élèves ont opté de ne pas se dénoncer. Contrairement aux grandes personnes, les enfants  ne sont pas des hypocrites. Quand c’est rouge, ils le disent tout net. Au président qui n’est visiblement pas aimé d’eux, ils ont le courage de le lui dire. Mais le satrape aurait tort de s’en prendre à eux au risque de les voir constituer le « terminus » pour son pouvoir. L’histoire a d’ailleurs montré que lorsqu’un dictateur s’en prend aux enfants, il court à sa  fin. Cela dit, pourquoi la photo d’un chef d’Etat dans un manuel scolaire ? Une preuve supplémentaire de la mégalomanie du boucher de Bujumbura qui donne encore la preuve d’avoir longtemps préparé son maintien à vie au pouvoir. Une couleuvre que ces élèves frondeurs ne sont pas prêts à avaler.

Issa SIGUIRE

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