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DECES D’UN TALIBE A OUAGADOUGOU : l’association des maitres coraniques exige toute la lumière sur les circonstances

Le mouvement « Libérez des enfants talibés » a tenu une rencontre avec l’Association des maîtres coraniques du Burkina (AMC/BF) le 26 novembre 2020 au siège de l’association à Ouagadougou pour demander la suspension pure et simple du projet de retrait des enfants talibés de la rue.  Une rencontre qui intervient suite au décès du talibé Daouda Maïga retiré de la rue le 21 octobre dernier et qui a suscité d’indignation de la part des maîtres coraniques. Il a été question d’appeler les uns et les autres à la retenue et demander la suspension du mouvement d’humeur annoncé le 29 novembre prochain. C’est le message que le mouvement, par la voix de son porte-parole,  Abdoul Rahouf Pafadnam, a livré au cours de ladite rencontre.

 

Le 21 octobre dernier, le décès de Daouda Maïga, un enfant retiré de la rue, avait fait couler beaucoup d’encre et de salive. Les Maîtres coraniques avaient marqué leur indignation face au projet du gouvernement, à travers le ministère de l’Action humanitaire, de retirer les enfants Talibés de la rue. Selon Abdoul Rahouf Pafadnam, porte-parole du mouvement « Libérez des enfants talibés », une convention avait été signée entre le ministère en charge de l’Action humanitaire et les maîtres coraniques pour le retrait des enfants dans la rue. Mais, a-t-il déploré, le ministère n’a pas respecté son engagement, car a–t-il expliqué, les agents de l’action sociale « kidnappent » de force les enfants et souvent les pourchassent dans la rue pour les amener de force dans les centres de récupération. « Nous avons voulu, à travers cette rencontre avec les maîtres coraniques, donner un message de paix et sensibiliser ces derniers à ne tenir aucune manifestation liée au retrait des enfants de la rue ou enfants talibés. Vu que les Maîtres sont visiblement remontés et sont écœurés suite au décès, dans des conditions lugubres, du talibé Daouda Maïga, ils se préparaient à tenir une marche pour le dimanche 29 novembre prochain, mais nous avons trouvé nécessaire de discuter avec eux pour apaiser leurs cœurs », a laissé entendre le porte-parole. Cette rencontre a été également pour le mouvement et l’ensemble des Maîtres coraniques de demander l’arrêt pur et simple des traques des talibés. « Nous ne sommes pas contre le projet de retrait des enfants de la rue, au contraire, nous souhaitons l’implication de tous les Burkinabè pour sauver le projet. Personne ne souhaite que son enfant soit dans la rue pour mendier. Mais, c’est la manière de les enlever de cette rue et le fait d’interdire aux parents de voir leurs enfants que nous dénonçons. Nous exigeons la libération de tous les enfants talibés qui sont internés dans le centre. Nous voulons que le ministère suspende son projet de retrait d’enfants et de faire la lumière sur le décès de Daouda Maïga », a-t-il exigé.

Abdoul Rahouf Pafadnam, porte-parole du mouvement (micro), et ses camarades réclament la fin de la « traque des enfants talibés »

 

Expliquant les circonstances du décès du petit talibé de 7 ans, Daouda Maïga le 21 octobre 2020, le porte-parole a indiqué que l’enfant a été amené de force au centre. Ensuite, ses parents se sont déportés, à plusieurs reprises, sur les lieux, pour lui rendre visite, mais cela a été sans succès. Et c’est quelque temps après que le personnel du centre, où était interné le petit talibé, a appelé les parents pour les informer de la maladie de leur enfant qui a été hospitalisé au Centre hospitalier universitaire Charles De Gaulle. A en croire le porte-parole, quelques jours après, il a subi une intervention chirurgicale. Et par la suite, l’enfant est décédé sans que ses parents ne sachent sur quelle partie du corps il a été opéré. « Nous voulons que justice soit faite et que l’on nous dise la personne qui a donné l’autorisation de faire une intervention chirurgicale sans informer les parents de l’enfant », a-t-il exigé.  Le porte-parole a aussi souligné qu’un émissaire du Président du Faso les avait rencontrés leur demandant de se retenir afin qu’il puisse rencontrer tous les acteurs pour une sortie de crise. Mais, a-t-il poursuivi, ce que les maîtres coraniques dénoncent, c’est l’attitude de la ministre qui a tenu des propos lapidaires à l’endroit des maitres coraniques. Des propos qui avaient fait le tour des réseaux sociaux. Nonobstant l’indignation des Maîtres coraniques, pire, a-t-il ajouté, l’action sociale continue de traquer les enfants talibés.

 Didèdoua Franck ZINGUE

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