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COTE D’IVOIRE : énième coup de sang de soldats

Des soldats ivoiriens sont descendus dans les rues d’Abidjan, de Bouaké et Korogho en tirant des coups de feu en l’air pour marquer leur mécontentement après l’annonce la veille de la fin des mutineries qui touchent la Côte d’Ivoire depuis le début de l’année.

A Abidjan, des soldats mutins ont pris position devant l’état-major des armées, au camp militaire Galiéni, alors qu’à proximité d’autres militaires loyalistes et des policiers ont installé un périmètre de sécurité, a constaté un journaliste de l’AFP.

Cartouches en bandoulière, bonnets vissés sur la tête ou arborant des bandeaux de camouflage, les soldats mutins tiraient sporadiquement en l’air alors que d’autres petits groupes de soldats bloquaient tous les accès à l’état-major des armées.

Empêchant la population de circuler dans cette zone située dans le quartier du Plateau, leurs tirs faisaient fuir des chauves-souris nichées dans les arbres. Un soldat mutin paradait avec un lance-roquette…

« Ça a commencé à tirer vers 8 heures du matin, des cargos (camions militaires) sont passés, ils ont débarqué des militaires, ils tirent en l’air toutes les 2 ou 3 minutes », a déclaré à l’AFP une fonctionnaire dont les bureaux dominent le camp militaire…

A Korhogo, ville du nord ivoirien, des tirs ont également été entendus pendant la nuit et dans la matinée, selon des témoins contactés par l’AFP.

A Bouaké (centre), deuxième ville du pays et siège du 3e bataillon d’infanterie qui avait été l’origine du mouvement de contestation en janvier, des militaires mécontents ont parcouru vendredi les rues, en tirant en l’air.

D’autres militaires circulaient à bord de camions dans les rues où la plupart des commerces avaient fermé. Le campus universitaire de Bouaké a également été fermé.

La veille, une cérémonie en présence du président Alassane Ouattara et d’un sergent mutin et plusieurs soldats avait acté la fin des contestations.

Organisé sans la présence de la presse et diffusé en différé après montage, l’évènement se voulait un point final au mouvement de protestation de l’ensemble des forces de sécurité, alors que le pays est durement touché par l’effondrement des cours du cacao, qui ont vidé les caisses de l’Etat.

Le sous-officier mutin avait été présenté comme « le sergent Fofana », représentant du contingent des 8.400 anciens rebelles intégrés dans l’armée à l’origine du mouvement et dont une grande partie fait partie du 3e bataillon d’infanterie de Bouaké.

Il avait notamment « présenté ses excuses » au nom de ses camarades et annoncé que les mutins avaient décidé de « renoncer à toute revendication d’ordre financier ».

Le président Ouattara avait affirmé « croire à la sincérité de leurs paroles » et s’était dit certain qu’ils seraient désormais des « militaires exemplaires ».

AFP

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