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CONGO : Sassou fait honte !  

 

Après la CNEI (Commission électorale nationale indépendante), c’était au tour du ministre de l’Intérieur congolais de publier, à la gloire de Denis Sassou Nguesso, les résultats qui le donnent vainqueur de la présidentielle du 20 mars dernier. Et le dictateur d’espérer que ces résultats reflètent réellement la volonté du peuple congolais.  Est-ce à dire que les premiers résultats proclamés par la CNEI, étaient préfabriqués, comme le pense l’opposition qui les conteste? La question mérite d’être posée d’autant plus que les résultats donnés par le ministre de l’Intérieur, sont différents de ceux rendus publics par la CNEI. Du reste, le fait que ce soit un membre du gouvernement et non le président d’une institution indépendante, qui livre les résultats, peut paraître aux yeux des démocrates comme une incongruité.  Certes, il y a des pays où les résultats des scrutins sont publiés par l’Administration centrale sans que cela ne choque. Mais dans un pays de dictature comme le Congo Brazzaville, cet acte pourrait ne pas être anodin. On comprend d’ailleurs pourquoi l’opposition conteste la victoire de Sassou.  Un président qui aura battu campagne flanqué de chars de combat, qui aura coupé son pays du reste du monde pendant 48 heures (internet et communications téléphoniques coupés), peut-il se targuer d’être légitime ? N’est-ce pas parce qu’il préparait un énième coup contre la démocratie, que des journalistes de l’AFP et du journal « Le Monde » ont été violentés dans son pays ?

L’Occident devrait encourager les bons élèves en matière de démocratie

Ces faits montrent clairement que le dictateur ne se gêne même plus pour ses lubies.  Que l’on ne s’y trompe donc pas. Il est déterminé à aller jusqu’au bout de sa logique « pouvoiriste ». C’est sûr : Sassou veut régner sur le Congo ad vitam aeternam. Et les raisons peuvent se comprendre aisément : ses placards sont remplis de cadavres.  Et il a peur que son passé le rattrape dès qu’il ne sera plus au pouvoir. Avec cette nouvelle victoire, on peut dire qu’un nouveau président à vie nous est né en Afrique. Si après 32 ans à la tête de l’Etat, Sassou Nguesso n’est toujours pas rassasié de pouvoir, ce n’est pas demain la veille qu’il le quittera de bon gré.  Faut-il avoir honte d’être congolais ? La réponse est oui. Sassou fait honte ! Car l’image qu’il renvoie, en ce XXI siècle, au reste du monde à travers ses dérives, est très négative. Cela dit, les comportements de Sassou ne sont guère étonnants. Il est entouré de dictateurs qui se disputent la palme des longs règnes. Alors, est-ce la forêt qui empêche la démocratie de s’épanouir dans cette partie de l’Afrique ? En tout cas, contrairement à cette zone où les dictateurs rivalisent d’ingéniosité pour s’accrocher à leur fauteuil, l’Afrique de l’Ouest est plus à cheval sur les principes démocratiques. Et l’Occident devrait encourager les bons élèves en matière de démocratie, qu’on rencontre bien souvent en Afrique de l’Ouest et blâmer les cancres de la démocratie de l’Afrique centrale. Hélas, la défense de ses intérêts le rend parfois atone et aphone face à des tyrans comme Sassou Nguesso.

Dabadi ZOUMBARA

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