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CHRYSOGONE ZOUGMORE A PROPOS DU DOSSIER NORBERT ZONGO : « ce que nous demandons, c’est qu’avant toute réconciliation, qu’on fasse d’abord la lumière sur ces crimes »

Le Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (CODMPP) et la Coalition nationale de lutte contre la vie chère (CCVC) ont organisé un meeting dans la matinée de ce 13 décembre 2020, jour anniversaire de l’assassinat du journaliste d’investigation, Norbert Zongo, et de ses trois compagnons d’infortune.  Une chose est sûre, c’est que 22 ans après ce drame, la soif de justice des mouvements en lutte ne faiblit pas.

13 décembre 1998-13 décembre 2020. Cela fait exactement 22 ans que le journaliste Norbert Zongo et ses camarades ont été tués dans des circonstances non encore élucidées. 22 ans après, la mobilisation et la soif de justice restent intactes car les organisations en lutte sont toujours debout. La preuve, elles étaient mobilisées ce matin du 13 décembre pour réclamer justice. Pour elles, le dossier qui a connu un temps de sommeil, a enregistré une avancée significative  en 2015, sous la Transition avec les auditions et inculpations de plusieurs personnes.   Mais, ont-elles regretté, le constat est le même malgré l’espoir suscité après l’insurrection populaire de 2014. 22 ans après donc, la justice se fait toujours attendre et ces organisations disent être déterminées à  aller jusqu’au bout pour  l’éclatement de la vérité sur ce dossier. « Que  chacun  se le tienne pour dit : ni les tergiversations, ni les obstacles dressés çà et là, à travers les diverses contorsions procédurales et autres demi-avancées ne viendront à bout de la détermination de notre peuple dans sa mobilisation pour la vérité et la justice pour Norbert Zongo et ses compagnons », a prévenu  le président du CDMPP, Chrysogone Zougmoré.

Le président du CODMPP, Chrysogone Zougmoré

 

Pour lui, les « vaines et multiples tentatives d’étouffer puis d’enterrer » le dossier Norbert Zongo et ses compagnons « seront toujours vouées à l’échec » car « même des siècles ne suffiront pas à entamer » leur farouche détermination. C’est pourquoi Chrysogone Zougmoré et ses camarades,  tout en exhortant le peuple à la vigilance,  réclament l’extradition de François Compaoré et le jugement des crimes lâches et odieux. A leur avis, pas question qu’au nom de la réconciliation et de la paix sociale, l’on sacrifie la vérité et la justice. « Personne n’est contre la réconciliation et la paix sociale. Mais il est inadmissible pour nous que l’on construise la réconciliation sur un champ d’impunité. Il est impossible et intolérable pour nous que l’ensemble des crimes de sang et de crimes économiques commis dans ce pays ne soient pas encore réglés et qu’on nous appelle à la réconciliation et à la paix sociale. Ce que nous demandons, tout naturellement, c’est qu’avant toute réconciliation, qu’on fasse d’abord la lumière, la vérité sur ces crimes et que justice soit rendue à toutes les victimes de crimes de sang impunis dans ce pays. Voilà le préalable que nous demandons. Réconciliation, paix sociale d’accord mais vérité et justice d’abord », a clamé Chrysogone Zougmoré ajoutant qu’il appartient à « ceux qui nous ont agressés de s’absoudre, de dire ce qu’ils ont pu faire et qu’ils soient jugés ».

Dépôt de gerbe de fleurs sur la tombe de Norbert Zongo

« Il n’y a pas de justice transitionnelle qui tienne. Nous ne sommes pas au Rwanda ou au Burundi où il y a eu une guerre civile, où il y a eu des massacres à grande échelle. Nous sommes au Burkina. Nous disons cela parce que, rappelez-vous de la fameuse journée nationale de pardon de 2001. Qu’est-ce qu’on en retient aujourd’hui? Cela n’a rien donné si ce n’est la dénomination de ladite journée. Ce jour-là d’ailleurs, des colombes lâchées ont refusé de voler parce que tout cela ressemblait plutôt à du cirque qu’à quelque chose de sérieux. La réconciliation d’accord mais la vérité et la justice sur les crimes de sang d’abord. Voilà la position, le principe du collectif », a-t-il conclu.

Bien avant le meeting, les responsables de la CCVC et du CODMPP sont allés déposer une gerbe de fleurs sur la tombe de Norbert Zongo au cimetière municipal de Gounghin.

Colette DRABO

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