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CHARTE POUR LA PAIX AU MALI : la CMA rejette l’actuelle mouture

Les représentants de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) ont boycotté la cérémonie de la remise au président malien Ibrahim Boubacar Keïta de la « Charte pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale » organisée mardi à Bamako. Deux ans après l’accord de juin 2015, la CMA « rejette la présente charte qui ne saurait nullement l’engager ».

La « Charte pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale » a été remise au chef de l’État malien par le médiateur de la République, Baba Hakib Haïdara. Ce document de soixante pages, dont le contenu n’a pas été rendu public, est présenté comme le fruit de la conférence d’entente nationale qui s’est tenue à Bamako du 27 mars au 3 avril dernier.

La Charte pour la paix, dont la rédaction avait été confiée à un groupe d’experts, « reconnaît les causes profondes des crises qui ont marqué l’évolution de notre pays depuis l’indépendance et qui ont contribué à le conduire dans la situation qu’il connaît aujourd’hui », a précisé le médiateur de la République lors de la cérémonie.

Mais la cérémonie s’est tenue sans la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Les représentants de l’ex-rébellion à dominante touarègue ont boycotté l’événement. Dans un communiqué, la CMA estime que ce texte est « malheureusement le même projet de charte qui a été exposé pendant les missions de concertation sans aucune prise en compte des recommandations issues de ces missions ».

L’opposition regrette de n’avoir pas été associée

Le ton est dur. La CMA juge que « malgré les sacrifices et les concessions consentis par elle, il y a un déni radical et systématique de la part de l’État de la problématique de l’Azawad telle que formulée par les populations durant tout le processus ». Accusant le gouvernement malien de vouloir « évoluer unilatéralement », le communiqué conclut : « la CMA rejette la présente charte qui ne saurait nullement l’engager dans son format actuel. » Une porte est cependant laissée ouverte à de futures discussions « profondes et sérieuses sur la problématique de l’Azawad en vue d’obtenir une solution consensuelle ».

Présent, lui, lors de la cérémonie, Soumaïla Cissé, président de l’Union pour la République et la démocratie (URD) et chef de file de l’opposition, a également critiqué la méthode. Il a notamment pointé le fait que l’opposition n’a « pas (été) associée à la conception du document » et affirme même tout ignorer de son contenu.

Jeuneafrique avec AFP

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