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Cancer du col de l’utérus: « On peut l’éliminer totalement par la vaccination et le dépistage »

Un autre type de cancer aussi fréquent chez la femme est le cancer du col de l’utérus. Le cancer du col de l’utérus est suspecté si lors d’un examen de dépistage, une anomalie apparaît. Des examens de diagnostic viennent confirmer la maladie et immédiatement la prise en charge doit être engagée.

Le cancer du col de l’utérus est une tumeur maligne du col de l’utérus. Le cancer du col de l’utérus est dû principalement à une infection par un virus, human papillomavirus(HPV) cancérigène lors d’un rapport sexuel non protégé et peut se déclencher 10 à 15 ans après.

C’est un type de cancer qui se développe à partir des cellules du col de l’utérus. Le col de l’utérus étant la partie étroite et inférieure de l’utérus qui relie le corps de l’utérus au vagin. Il touche plus les jeunes femmes. Le diagnostic se fait lors d’un examen gynécologique et par la biopsie (prélèvement d’une petite partie du col de l’utérus).

Si au début, le cancer du col de l’utérus est sans manifestations, à un stade avancé, il occasionne des douleurs et des saignements irréguliers. Des douleurs pendant les rapports sexuels, des saignements après chaque rapport sexuel, des pertes vaginales malodorantes, etc.

L’infection par le virus HPV est la plus fréquente des infections sexuellement transmissibles, dont 80% de femmes sont infectées une fois au moins dans leur vie. Dans 90% des cas, l’infection n’évolue pas et guérit spontanément.

Dans les 10% des cas restant, le virus persiste au niveau du col de l’utérus, provoquant des lésions pré cancéreuses pouvant évoluer vers un cancer après 15 ans en moyenne. Toutes les infections liées aux HPV n’engendrent pas un cancer du col de l’utérus. Certains HPV sont reconnus pour leur rôle dans la survenue de lésions bénignes non cancérigènes telles que les condylomes.

Le cancer se manifeste par une modification lente et progressive des cellules normales de l’épithélium cervical qu’on appelle dysplasie ou néoplasie intra épithéliale cervicale considérée comme précancéreuses. Non traitées, les cellules dysplasiques peuvent se transformer en cellules cancéreuses au terme de plusieurs années.

Ce qui prédispose au cancer du col de l’utérus : la précocité des rapports sexuels, la multiplicité des partenaires sexuels, être porteur du VIH, la multiparité, certaines infections sexuellement transmissibles….

Il n’y a pas de guérison spontanée du cancer du col de l’utérus. Non traité, le cancer va évoluer progressivement pour envahir les organes de voisinage et donnera des localisations à distance(métastases). Il finit par tuer la personne qui le porte.

Le traitement dépend du stade évolutif. Il comprend la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. Des traitements qui peuvent être utilisés seuls ou associés les uns aux autres. L’objectif étant de supprimer la tumeur et les métastases et de traiter les complications engendrées par la maladie. Pendant et après le traitement, tous les soins complémentaires sont conjugués par une équipe pluridisciplinaire pour soulager la patiente.

La prévention repose sur la vaccination et le dépistage. La vaccination est essentielle pour prévenir le cancer du col de l’utérus chez les jeunes filles de 9 à 15 ans qui n’ont pas encore eu de rapports sexuels. Une vaccination nouvellement intégrée dans le programme de vaccination élargi du Burkina. Pour le moment destiné à la jeune fille vierge, il concernera probablement à l’avenir le jeune garçon afin de rompre le cercle vicieux de la contamination du virus HPV. C’est un plaidoyer qui est formulé dans ce sens.

Pour celles qui connaissent déjà les relations sexuelles, il est préconisé de faire le dépistage pour une prise en charge précoce. Le dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus est recommandé à toutes les femmes de 25 à 65 ans. Les papillomavirus causent environ 3000 nouveaux cas de cancers du col de l’utérus chaque année, 300 nouveaux cas de cancers du vagin, 1100 nouveaux cas de cancers de l’anus. Devant des signes comme les saignements anormaux après les rapports sexuels, il faut consulter le professionnel de santé.

Le cancer du col de l’utérus se guérit efficacement si la prise en charge a été précoce.

Pr Charlemagne Ouédraogo

Gynécologue-obstétricien

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