ActuBurkina
A la une Société

Burkina : Les populations dans les rues de Diapaga réclament plus de sécurité

Dans les artères de la ville de Diapaga dans la région de l’Est, ce 1er mars 2023, des milliers de personnes ont marché dans les rues  pour réclamer  plus de sécurité aux autorités de la transition. Nous vous proposons ici, l’intégralité leur message.

MESSAGE DES FORCES VIVES DE LA TAPOA
Avant tout propos, je voudrais vous inviter à fléchir genoux et à lever les bras en l’air en la mémoire des victimes de Partiaga tombées sous les balles assassines des terroristes.
Je vous remercie.
Chers frères et sœurs, chers élèves, chères mamans, chères épouses, chers papas, chères populations de la province de la Tapoa, au nom des Forces vives de la Tapoa, je vous dis bonjour avec un cœur meurtri, les larmes
aux yeux. Je tiens à vous féliciter pour avoir effectué massivement le déplacement malgré cette situation difficile que nous vivons tous depuis plusieurs semaines de cela sans aucune réaction de la part de l’État malgré nos cris de détresse et de demande de secours.
Je tiens à vous remercier pour le respect des 48heures de ville morte en hommage à nos concitoyens tombés à Partiaga.
Chères populations de la Tapoa, la situation est très grave. Vous n’êtes pas sans savoir que depuis plusieurs semaines, la commune de Partiaga a été la cible de harcèlements des groupes armées terroristes. En effet, le jeudi 16 février 2023, au moment où nous animions une conférence de presse dans la salle de réunion de la mairie de Diapaga pour dénoncer la situation sécuritaire dans la Tapoa, une embuscade a été tendue à la coalition patriotique où nous avons perdu malheureusement des éléments avec plusieurs blessés. Après constat, plusieurs éléments ne répondaient pas à l’appel. Ce qui a conduit la force patriotique à aller à la recherche de ces derniers le même jour. Malheureusement, trois personnes ont été retrouvées sans vie et d’autres toujours
introuvables. A la grande surprise désagréable de tous, le vendredi 17 février 2023, autour de 10 heures, la population et les VDP (Volontaires pour la Défense de la Patrie) ont constaté le départ des FDS (Forces de Défense et de Sécurité) de Partiaga sous prétexte qu’ils n’auraient pas d’armement et de minutions (pour ne pas dire un abandon).

Après ce départ des FDS, les VDP et les populations n’ont pas perdu espoir. Les VDP sont repartis à la recherche des autres, toujours portés disparus. Malheureusement, quatre personnes ont été retrouvées sans vie. Après plusieurs appels des VDP pour venir chercher les quatre(4) corps retrouvés, il n’y a eu aucune satisfaction. Les volontaires se sont consacrés à la protection de la ville en demandant vainement un appui jusqu’au samedi 25 février 2023 où il y a eu quelques frappes aériennes à Gangalinti neutralisant quelques terroristes. Malgré ces frappes, les terroristes continuaient à se rassembler à Gangalinti et Dahangou. Les populations ayant constaté toujours le rassemblement des terroristes s’agrandir, elles continuaient les appels de secours. Cela a été sans suite
jusqu’au dimanche 26 février 2023 à 6 heures que les terroristes commencèrent à envahir la ville de Partiaga.
Hélas ! Le drame du dimanche fut ! Une journée sombre, un massacre qui ne dit pas son nom.
Des personnes sans distinction de sexe et d’âge ont été tuées, certaines calcinées et d’autres égorgées ou fusillées. On en dénombre plus d’une soixantaine tuée et d’autres portées disparues. Je peux citer par exemple :
 TANKOANO Abdoulaye qui a été arrosé avec son propre carburant qu’il vendait et brulé dans sa propre
boutique.
 Les boutiques de COMBARY Adjima, TANKOANO Abdoulaye et l’atelier de couture de Madame
COMBARY Adjima ont été vidés de leur contenu.
 Vers 14heures du même jour, les terroristes sont revenus pour emporter tout ce qui est bétail et céréales.
 L’unique antenne téléphonique de Moov a été saccagée.
 Ils ont fait vider les habitants de la cour de l’actuel chef du village et bruler toutes les concessions.
 Le camp des déplacés de Gangalinti a été aussi brulé par les terroristes.
Pendant le drame, la ville se vidait de sa population en direction de certaines localités dont Namounou et Diapaga, à l’exception des personnes vulnérables dont leurs proches n’ont toujours pas leur nouvelle.
Chères populations de la Tapoa au regard de tout ce qui a été constaté, nous pouvons dire avec conviction que l’Etat burkinabè est responsable de ce drame qui pouvait être évité. Par conséquent, nous les Forces vives de la Tapoa avons décidé de porter une plainte contre lui (l’Etat Burkinabè) pour abandon, trahison et nonassistance à des personnes en situation de danger.
Population de la Tapoa, sur les huit(8) communes, il ne reste que deux (2) villes (Diapaga et Kantchari) qui aussi sont dans l’œil du cyclone, et sont coupées l’une de l’autre. Rien qu’ hier, nous avons appris la présence des terroristes aux alentours de Panyuaguidi et Tapoa Gourma (Tapoa Barrage) ou le bétail a été arraché et conduit à une destination inconnue ; cela est très inquiétant.


Population de la Tapoa, le mal est vraiment profond, nous sommes au bout du souffle, en effet :
 Les CSPS sont fermés, les malades abandonnés
 Pas d’évacuation sanitaire, nous ne comptons que les morts
 Plus de 13 842 déplacés internes dans la Tapoa à la date du 31 décembre 2022 selon le CONASUR

 L’assistance humanitaire au PDI est insuffisante
 Un seul réseau téléphonique caduc
 Pas de banque
 palais de justice fermé
 Aucune administration sur place
 Interdiction d’entrée et de sortie des véhicules même le fret
 Vol de bétail, des céréales, enlèvement d’individus
Au regard de tout ce qui a été sus-cité, la population de la Tapoa demande à l’Etat:
 D’assurer le minimum sécuritaire.
 De redéployer tout le personnel administratif, en commençant par le Haut-commissaire et tous les PDS
des 8 communes de la province
 De doter nos fds en armes et en minutions.
 De former les VDP au maniement des armes lourdes.
 D’augmenter le nombre de VDP de façon conséquente, les former et les équiper.
 Un camp militaire pour renforcer la brigade de gendarmerie de Partiaga.
 De faire un ratissage le plutôt possible afin de sauver les rescapés qui sont toujours dans la brousse et qui n’arrivent pas à rejoindre les autres villes.
 D’assister la population afin qu’elle puisse enterrer ses morts
 De fermer la mine de Boungou jusqu’à nouvel ordre.
 De rétablir les réseaux téléphoniques et la 4G.
Chères populations de la Tapoa, au nom des Forces vives de la province de la Tapoa, je vous invite à :
 Toujours collaborer avec les FDS et les VDP.
 Porter main-forte aux déplacés internes (en nourritures, vêtements, abris, appui financier, moral et autres)
 Dénoncer toutes les complicités afin que nous puissions venir à bout de ce phénomène.
Chères populations, la Tapoa souffre mais elle ne sombrera pas.
Vive la cohésion entre les populations et les FDS!
Vive la paix dans la Tapoa !
Vive la paix au Burkina Faso !
La patrie ou la mort nous vaincrons !!!
Je vous remercie
Pour les Forces vives de la Tapoa
Président du Comité à l’Organisation

YONLI Koandioa Pierre

Articles similaires

INCIDENTS AU CAMP GUILLAUME: le Gouvernement appelle les populations à vaquer à leurs occupations

ActuBurkina

ELECTION DE MUGABE ET PROJET DE CREATION D’UNE COUR AFRICAINE DE JUSTICE : La démocratie en deuil

ActuBurkina

COUR INTERNATIONALE DE JUSTICE: un Burkinabè à la Haye

ActuBurkina

Laisser un Commentaire

ACTUBURKINA

GRATUIT
VOIR