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BURKINA : La France autorise l’extradition de François Compaoré

La chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris a émis mercredi 3 décembre un avis favorable à l’extradition du frère de l’ancien président burkinabé Blaise Compaoré, accusé par la justice de son pays d’être l’instigateur de l’assassinat d’un journaliste.

La chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris a donné mercredi un avis favorable à l’extradition de François Compaoré, frère de l’ancien président burkinabé déchu Blaise Compaoré, a-t-on appris de source judiciaire.

François Compaoré est mis en cause par la justice de son pays pour l’assassinat d’un journaliste.

Ses avocats, Mes Pierre-Olivier Sur et Mathias Chichportich, ont annoncé que leur client s’était immédiatement pourvu en cassation, ce qui suspend les effets de cet avis.

Assassinat du journaliste Norbert Zongo

Arrêté le 29 octobre à l’aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par le Burkina Faso, il avait été laissé libre mais avec interdiction de quitter le territoire français.

Ouagadougou l’accuse d’avoir été l’instigateur de l’assassinat en décembre 1998 du journaliste Norbert Zongo, très critique à l’encontre du pouvoir de l’époque dans son pays. Trois autres personnes avaient été tuées en même temps que ce journaliste.

La Cour d’appel de Paris avait refusé dans un premier temps, en juin, de statuer sur la demande d’extradition du Burkina Faso et demandé des éléments matériels précis de nature à impliquer directement François Compaoré.

Peine de mort

Ses avocats soulignent que la chambre de l’instruction constatait que le juge burkinabé Emile Zerbo, chargé d’apporter ces éléments, avait ajouté aux déclarations du seul témoin oculaire des faits « une mention concernant la présence d’armes ».

« Cette manœuvre entache la crédibilité de l’ensemble des pièces transmises par le Burkina Faso », écrivent Mes Pierre-Olivier Sur et Mathias Chichportich dans un communiqué. Ils ont déjà fait valoir que leur client risquait la peine de mort, alors qu’il a déjà été entendu par une commission d’enquête internationale indépendante et la justice de son pays.

Une extradition politique ?

Ils estiment que les « vraies raisons » de la demande d’extradition « sont politiques » et s’élèvent contre une prise de position du président Emmanuel Macron lors de son voyage officiel au Burkina Faso en novembre 2017. Ce dernier avait alors déclaré qu’il ferait « tout pour faciliter » l’extradition de François Compaoré.

Blaise Compaoré, renversé en octobre 2014 après 27 ans de règne, est pour sa part réfugié en Côte d’Ivoire. Ce pays refuse son extradition, alors qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Thomas Sankara, lors du coup d’État qui l’a porté au pouvoir, en 1987.

Ouest-France avec Reuters

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