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Alice Aditoua, artiste-musicienne burkinabè : “ Pour moi, la musique burkinabè est devenue une affaire de bras longs”

Elle fait partie des voix sûres de la musique du terroir Kaséna, qui s’apprête à célébrer ses 10 ans de carrière musicale. Avec quatre albums au compteur, Alice Aditoua à l’état civil Aditoua Koumangba, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, donne rendez-vous aux mélomanes et à ses fans, le 24 mai prochain au CENASA, à 20h, pour revisiter son riche répertoire musical. Elle était dans les locaux de actuburkina, le 20 mai dernier. Au cours des échanges, Alice Aditoua a dressé un bilan de ses 10 années de carrière avec des hauts et des bas, s’est prononcée sur la musique burkinabè dans son ensemble et le concert inédit qu’elle entend offrir le 24 mai prochain, avec en toile de fond un hommage à sa tante Aga Denise. Lisez plutôt !

Vous fêtez cette année vos 10 ans de carrière musicale. Dites-nous, quel bilan dressez-vous de vos 10 années de parcours ?

Je pense que 10 ans de parcours, c’est beaucoup. Il y a eu de bons moments comme de mauvais qui ne m’inquiètent d’ailleurs pas. Ce n’est pas facile surtout quand on est une femme dans ce milieu. Si tu es une femme-artiste, il faut savoir te comporter. Des gens vont dire du n’importe quoi sur toi comme d’autres vont dire du bien de toi. En 10 ans de parcours, j’ai été confrontée à beaucoup de situations mais je me suis battue et j’ai au total 4 albums.  Quand je suis arrivée au début, j’avais une côte de popularité mais après, les gens m’ont oubliée. Cette situation arrive à toute personne. En tout cas, j’ai beaucoup souffert. Souvent pour avoir le simple carburant, c’est compliqué mais j’ai tenu bon et le meilleur reste encore à venir.

En 10 ans de carrière, vous totalisez 4 albums. Quels sont les différents thèmes que vous abordez dans vos chansons ?

Dans mes chansons, ce sont des messages passe partout que je véhicule. Je parle de nos mamans et papas, des femmes qui ont eu des maris qui les soutiennent comme il faut mais qui font du n’importe quoi et vice-versa, des filles qui n’ont pas connu la joie du mariage, en fait je parle de tout ce qui est faits de société. Je chante en langue Kaséna, le Dagomba et l’Ashanti, toutes des langues du Ghana, que je parle très bien, je parle le mooré et je me débrouille en français.

Pour vos 10 ans de carrière musicale, vous organisez un concert le 24 mai prochain. A qui doivent s’attendre les mélomanes ?

 

Le concert aura lieu au CENASA, à 20H. Je demande au public de sortir massivement et je promets un vrai show à mes fans. Dans mes chansons, je m’adresse à tout le monde en donnant des conseils. Donc j’attends tout le monde pour faire la fête.

L’artiste-musicienne, Alice Aditoua

Quel est votre regard sur la musique burkinabè aujourd’hui ?

 Pour moi, la musique burkinabè est devenue une affaire de bras longs. Si tu ne connais pas des gens, si tu veux, il faut savoir bien chanter, personne ne te verra. Voilà pourquoi je dis que c’est de la politique. Il faut connaitre des gens avant que ta musique passe.

 Est-ce une situation qui vous dérange au point de vouloir abandonner la musique  ?

Cela ne m’arrivera jamais parce que la musique que je fais est un don de Dieu. Je ne suis pas allée dans une école de danse ou de musique. Mais quand je rentre au studio, je ne rentre pas avec un papier mais immédiatement, je sors quelque chose. Tout cela fait que je ne me décourage pas. Sinon j’ai été confrontée à plein de situations qui devraient me décourager mais au contraire, ces difficultés m’ont galvanisée et je dis qu’il n’est pas question d’abandonner quoi que ce soit. Malgré la situation, je ne me suis jamais découragée et je ne me vois pas non plus en train de le faire.

Menez-vous une autre activité en dehors de la musique ?

Comment voyez-vous votre carrière dans les 10 années à venir ?

C’est un très grand plaisir pour moi d’organiser mes 10 ans de carrière parce que c’est maintenant que les gens commencent à me voir venir. C’est ce qui me plait. Quand je me préparais pour faire sortir mon 1er album, j’ai perdu ma mère. Au moment où je me préparais pour mes 10 ans de carrière, voilà que mon père aussi vient de décéder. Ce sont des évènements qui devaient me décourager mais étant donné que ma musique est un don de Dieu, je ne vais pas me décourager. Je pense que c’est une chance pour moi. C’est Dieu qui a voulu les choses ainsi et cela m’interpelle à me battre jusqu’au bout.

Quels sont vos projets après ce concert ?

J’ai un projet de tournée en Allemagne mais en 2025. Il y a un concert en préparation à Abidjan. Après mon concert du 24 mai, j’irai en Côte d’Ivoire pour les préparatifs et sa concrétisation. Aussi, j’ai pris la décision de faire le tour de tous les grands maquis de Ouaga, Bobo-Dioulasso, et d’autres localités.

Quel est votre message à l’endroit de vos fans et des mélomanes à quelques heures de la tenue de votre concert ?

 

Propos recueillis par Colette DRABO

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