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Abraham Badolo, président de l’ADP: « Nous sommes fatigués de voir à chaque fois Simon Compaoré aller décorer nos frères à titre posthume »

Le président de l’Alliance pour la défense de la patrie (ADP), Abraham Badolo,  a animé une conférence de presse ce 11 octobre 2017, à Ouagadougou, pour dénoncer un certain nombre de faits, entre autres  la démission du gouvernement Thieba dans la prise en charge des attaques terroristes principalement au Nord, la remise en cause des libertés démocratiques.

Hier 10 octobre, le tribunal militaire a accordé une liberté provisoire au général Djibrill Bassolé, incarcéré depuis le 29 septembre 2015, dans le cadre du putsch du général Diendéré. Une décision qui n’a été favorablement accueillie au sein d’une certaine opinion, notamment d’Organisations de la société civile (OSC) dont des membres ont pris d’assaut l’état-major des armées pour exprimer leur mécontentement. Une action décriée par le président de l’ADP, Abraham Badolo, qui a demandé à la Sûreté d’interpeler tous ceux qui ont manifesté étant donné qu’ils ne disposaient d’aucune autorisation pour le faire. « Nous avons vu des gens aller manifester anarchiquement hier devant l’état-major sans autorisation préalable pour décrier la liberté provisoire accordée au général Djibrill Bassolé. Comme la Sûreté a l’art de convoquer des gens parce que ces derniers veulent manifester avec autorisation d’ailleurs, nous attendons de voir. Si dans les jours à venir, ces manifestants ne sont pas  interpelés et sanctionnés, c’est qu’il y a problème. C’est dire qu’il y a du deux poids, deux mesures, chose que nous n’allons pas tolérer », a martelé M. Badolo qui a déploré la remise en cause de certaines libertés démocratiques.

A ce titre, il a évoqué le cas du meeting du Cadre d’expression démocratique (CED) de Pascal Zaïda, prévu le 7 octobre dernier, et qui a été annulé par la mairie de Ouagadougou. Selon lui, les  motifs invoqués par la municipalité ne tiennent pas car pendant que les autorités permettent à des OSC proches du pouvoir d’organiser leurs activités, elles refusent d’accorder ces mêmes droits à d’autres. « C’est un véritable recul de notre démocratie. Que le président du Faso  fasse très attention parce que sous Blaise Compaoré, nous avons dénoncé ces pratiques et si après l’insurrection populaire, ils viennent mettre à mal l’avancée de notre démocratie, ils auront de sérieux problèmes avec nous », a-t-il déclaré.

Un sit-in devant la SONABEL si…

L’autre point abordé par les conférenciers a été la question de la lutte contre le terrorisme. De l’avis du président de l’ADP, le gouvernement Thiéba a tout simplement démissionné puisqu’il est incapable de trouver les solutions face à la recrudescence du fléau. Pour ce faire, M. Badolo a invité le ministre en charge de la Sécurité, Simon Compaoré, a démissionné de son poste. «  Nous sommes fatigués de voir à chaque fois Simon Compaoré aller décorer nos frères et sœurs soldats  à titre posthume. Depuis longtemps,  il n’a trouvé aucune solution, il n’est pas un homme de sécurité, ne s’y connait pas. Qu’il ait la décence de laisser sa place à quelqu’un qui s’y connait afin de nous éviter la catastrophe que vivent nos frères au Nord », a-t-il  lancé.

Outre le ministre Simon Compaoré, Abraham Badolo a exhorté également le Premier ministre Paul Kaba Thiéba à rendre le tablier face à « l’échec de son Plan national de développement économique et social (PNDES) ». « Si le chef du gouvernement avait un peu de décence, il aurait dû débarrasser le plancher car le PNDES reste aujourd’hui une illusion utilisée par le gouvernement pour meubler son temps », a-t-il affirmé.

En tout état de cause, l’ADP invite « le pouvoir en place à travailler à améliorer quantitativement et qualitativement les conditions de vie des populations plutôt qu’à  cacher ses échecs en réprimant les libertés fondamentales de ses citoyens ».

Par ailleurs, elle se réserve le droit d’organiser dans les semaines à venir un sit-in devant la SONABEL, la Nationalité de l’électricité si celle-ci ne trouve pas une solution « aux coupures sauvages de courant ».

Colette DRABO

Photo: Burkina24

 

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