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CRISE LIBYENNE: l’incontournable Haftar !

Qui dirige la Libye de feu Mouammar Kadhafi ? Le Premier ministre Fayez al-Sarraj ou les djihadistes de l’Etat islamique (EI) ? Non, c’est peut-être le Général Khalifa Haftar. Car, c’est ce dernier qui semble avoir le contrôle de la situation en Libye. Non seulement il livre une guerre sans merci sur le terrain contre les islamistes de  tout poil qui écument le pays, mais aussi il semble avoir la caution de certains pays étrangers. C’est le cas de l’Egypte du Général Al-Sissi qui voit en Haftar l’homme de la situation, si fait qu’il n’hésite pas à lui apporter son soutien militaire. On se rappelle encore que des avions de guerre égyptiens étaient intervenus en Libye, pilonnant les positions des djihadistes basés à Bengazi, il y a de cela quelques mois. Dans la foulée, le Général Haftar avait aussi bénéficié du soutien de son puissant voisin qu’est le président tchadien Idriss Deby Itno qui, rappelons-le, l’avait reçu en septembre dernier avec tous les honneurs dus à un chef d’Etat. Et ce n’est pas tout. Les 27 et 28 novembre derniers, le Général Haftar était en séjour à Moscou en Russie où il a clairement demandé une intervention militaire similaire à celle de la Syrie à son hôte. Cette visite est la deuxième du genre au pays de Vladimir Poutine. En effet, en juin dernier, Haftar y avait déjà rencontré le ministre russe de la Défense, en la personne de Serguei Shoigu, et le Secrétaire du Conseil de sécurité nationale, Nikolaï Patrouchev.

Le Général Haftar est en train de s’imposer petit à petit

 

En tout cas, même s’il a été mis en marge du gouvernement d’union nationale parrainé par les Nations unies, qui peine encore à prendre corps, le Général Haftar est en train de s’imposer petit à petit sur la Libye. Il est presque devenu incontournable au point qu’il est difficile d’imaginer une sortie de crise en Libye sans lui. Et ce n’est pas le Premier ministre Sarraj qui dira le contraire ; lui qui semble aujourd’hui dépassé par les événements. Pendant ce temps, Haftar, lui, engrange des victoires militaires sur le terrain, en témoigne la récente prise du croissant pétrolier aux mains des fous d’Allah. Sans oublier que l’homme, au plan intérieur, est soutenu par bien des tribus et non des moindres. Alors, pourquoi la Communauté internationale ne veut-elle pas composer avec le Général Haftar, si cela peut permettre de trouver un remède au mal qui ronge la Libye depuis maintenant plus de cinq ans ? Question à mille inconnues à laquelle seules les grandes puissance mondiales peuvent répondre ; elles qui, on le sait, entretiennent cette crise sans fin. Or, on sait qu’ils sont nombreux les pays occidentaux qui, voyant les choses aller à vau-l’eau en Libye, ne cachent pas leur sympathie pour Haftar dont l’action, sur le plan diplomatique, se heurte malheureusement à l’embargo onusien interdisant toute livraison d’armes à la Libye. Profitant donc de cette faiblesse de l’Etat, ou du moins ce qu’il en reste, les djihadistes de l’EI font la pluie et le beau temps, allant jusqu’à faire de certaines régions entières leur califat. Oh, qu’il est révolu, le temps où la Libye passait pour être un havre de paix où la moindre pagaille n’était pas admise. C’est à se demander si certains Libyens ne regrettent pas aujourd’hui l’ère Kadhafi ; tant on a l’impression d’être allé de Charybde en Scylla.

 

B.O

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