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TRIPATOUILLAGE DES CONSTITUTIONS EN AFRIQUE : L’UA a l’occasion d’opère sa mue

L’envoyé spécial de l’Union africaine (UA), Edem Kodjo, dépêché au Burkina Faso au lendemain de la démission de Blaise Compaoré, a recommandé à l’organisation continentale d’introduire  dans sa charte  sur la démocratie, les élections et la gouvernance, «quelque chose qui limite les mandats » pour dit-il, «éviter  ce qu’ on a pu voir au Burkina Faso».  Même son de cloche pour l’opposant burkinabè Ablassé Ouédraogo, président du parti « Le Faso Autrement ». L’initiative est heureuse. Car, si l’UA accédait à leur requête, cela mettrait véritablement l’Afrique à l’abri de bien des drames liés à la gouvernance politique africaine sur laquelle on trouverait beaucoup à dire.  Reste à savoir si l’organisation panafricaine prêtera une oreille attentive à leur suggestion. Rien n’est moins sûr. Il ne faut pas se leurrer, l’UA  fait aujourd’hui beaucoup plus figure de syndicat des chefs d’Etat défendant d’abord les intérêts de ces princes régnants, que d’Union des peuples sur les aspirations desquels elle ne saurait badiner.

De fait, jusque-là, l’UA n’a jamais pris une position claire et nette face aux lubies des chefs d’Etat du continent, prêts à ramer à contre-courant de la volonté de leur peuple, même quand leur aspiration au changement devient des plus manifestes.  L’UA ne doit plus fermer les  yeux sur cette forte aspiration. Elle ne doit pas fermer les yeux sur les dérives des chefs d’Etat qui n’hésitent pas à s’essuyer les pieds sur la Loi fondamentale de leur pays. Le renouvellement régulier du personnel politique s’impose de plus en plus comme une nécessité. C’est une exigence noble et elle doit être encouragée. Il appartient  à l’UA de le  comprendre et surtout de  travailler à ce que cela soit une réalité. Autrement, l’organisation panafricaine court le risque de se mettre à dos  une population  africaine déjà excédée par certaines de ses prises de position, parfois même attentatoires à la démocratie.  Il faut le dire, par son laxisme dans la gestion de certaines crises en Afrique, elle est en train de perdre en crédibilité.

Tous doivent se dresser contre les forfaitures en préparation sur le continent

En tout cas, les populations africaines et la société civile  qui ont  compris qu’il ne faut  plus rien attendre  de cette  institution panafricaine, prennent de plus en plus leur destin en main. Un peu partout sur le continent, l’on s’organise pour obliger les têtes couronnées du continent qui rêvent d’un pouvoir à vie, à respecter scrupuleusement le sacro-saint principe de la clause limitative de mandats présidentiels.

La révolution  burkinabè qui a vu le départ de Blaise Compaoré, a surement impacté  positivement  la vie politique en Afrique.

Ici et là sur le continent, ce sont des populations  qui donnent de la voix, pour s’ériger contre des  velléités  de tripatouillages  constitutionnels. Ce ne doit pas être  seulement le combat des populations. Ce doit être le combat de tout le monde,   oppositions, société civile, etc.,  tous doivent se mettre debout pour se dresser contre les forfaitures en préparation sur le continent. C’est peut-être aussi de cette façon qu’on fera sortir l’UA de sa léthargie.  On ne peut pas réveiller quelqu’un  qui ne dort pas. Cette boutade pourrait convenir à la posture  jusque-là adoptée par l’Union africaine (UA), pour ce qui est de ses égards à l’endroit des chefs d’Etat du continent. Mais on peut croire que lorsque tout un peuple est debout contre un dictateur, l’UA n’aurait plus d’autre choix que de s’incliner devant la « vox populi ».

Seydou TRAORE

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