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Transition au Burkina : Dr Ablassé Ouédraogo demande aux autorité s coutumières et religieuses d’assurer le «service après-vente » de l’accord du 02 Octobre 2022″

Ceci est une lettre ouverte du Président de Le Faso Autrement, le Dr Ablassé Ouédraogo, aux autorités coutumières et religieuses sur « la situation ambiante et sur les incertitudes qui pèsent sur l’avenir du Burkina Faso ». Il demande aux autorités coutumières et religieuses d’assurer le «service après-vente » de l’accord du 02 Octobre 2022″ qui a permis d’éviter le bain de sang.

« Honorables Autorités coutumières, religieuses et morales,
Nous recourons à la liberté du citoyen, garantie par notre Loi fondamentale, pour partager des inquiétudes, que nous avons vainement tenté de refouler, relativement aux incertitudes qui pèsent sur l’avenir de notre cher pays, le Burkina Faso. Les faîtières que vous animez ont fréquemment et brillamment contribué à la cohésion sociale, au dialogue et au vivre ensemble dans notre pays, longtemps considéré comme un havre de paix. Les Burkinabè dans leur immense majorité, en sont fiers et se reconnaissent dans vos multiples actions et efforts au service de la stabilité, la paix sociale et le progrès.

La plus récente de vos interventions décisives que les Burkinabè et la Communauté internationale ont saluée, est la médiation que vous avez effectuée entre les belligérants du MPSR 1 et du MPSR 2. Une médiation dont le résultat a été d’obtenir un accord en sept (7) points conclus entre le Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, Président de la Transition d’alors et le Capitaine Ibrahim Traoré, actuel Président de la Transition, le 02 Octobre 2022. Dans votre déclaration datée du 02 Octobre 2022, y relative, vous souligniez que notre cher pays, le Burkina Faso, vivait des moments d’incertitudes et qu’en ces moments difficiles, il y avait un risque d’escalades aux conséquences dramatiques.

Votre action a été salutaire et déterminante pour obtenir la démission du Lieutenant-Colonel Damiba et l’avènement du Capitaine Traoré au sommet de l’Etat. Votre action a surtout permis d’éviter des affrontements sanguinolents entre frères d’armes dont les conséquences humaines et matérielles auraient été incalculables et dommageables pour notre pays. Et les perdants auraient été assurément les Burkinabè. Depuis cette date, les choses ont évolué significativement. Le MPSR2, qui déroule son tapis, vient de boucler douze mois (12) de transition qui se conclut dans la consternation : la situation du Burkina Faso est plus que préoccupante car les espoirs suscités par le MPSR 2 se sont volatilisés.

Aujourd’hui, tous les patriotes et observateurs lucides et objectifs s’accordent à reconnaitre avec humilité que la recrudescence de la violence, de l’intolérance, la dégradation de la sécurité, les restrictions des libertés individuelles et collectives, le musellement de la presse, le recul de la démocratie, la déliquescence de l’économie, le lézardement du social et de la solidarité, sont la réalité du Burkina Faso d’aujourd’hui. Force est de constater que depuis le 02 octobre 2022, les Burkinabè sont réduits à vivre dans un environnement social marqué par le mensonge, la manipulation et le populisme en espérant un espoir d’un lendemain meilleur qui leur était promis sous les conditions de l’accord conclu sous votre égide.

Ainsi, le Burkina Faso est devenu le pays le plus mortifère et le plus touché par le terrorisme en Afrique et à l’échelle de la planète, le deuxième, après l’Afghanistan. On estime à près de 9.000 victimes et plus de 400 incidents au courant de cette année 2023 contre 310 incidents en 2022, selon l’Indice Mondial du Terrorisme (IMTM). La population burkinabè vit dans les pleurs et estime légitimement que leur pays peut être considéré comme un pays en danger de mort pour non-assistance. Face à la gravité extrême de la situation actuelle que connaît le Burkina Faso, nous nous sommes mis en devoir de vous lancer un Appel solennel.

Nous nous adressons à vous, Autorités Coutumières et Religieuses, ayant joué un rôle considérable et mémorable à cette étape charnière de l’histoire de notre pays – le seul que nous avons sur cette terre – à assumer votre acte et à vous assumer devant le peuple burkinabè. Pour ce faire, nous vous demandons d’assurer le « service après-vente » de l’accord signé le 02 Octobre 2022, ayant permis d’éviter le bain de sang. Le peuple burkinabè attend de vous l’évaluation et le bilan de la mise en œuvre de cet accord que vous n’avez pas daigné faire jusqu’à ce jour.

Aussi, est-il plus qu’urgent que vous entrepreniez sans délai une évaluation, sans complaisance et sans peur, de la crise angoissante et existentielle qui se développe en prenant en compte la mise en œuvre effective de l’Accord du 02 octobre 2022, chevillé autour de sept (7) points.

Votre honneur et votre responsabilité d’Autorités morales, ayant encore la dignité et jouissant toujours du respect profond du peuple burkinabè sont fortement engagés, car la situation désastreuse et affreuse que nous vivons, peut, si rien n’est fait et à temps, conduire à la disparition de notre pays, notre bien commun que nous devons laisser en héritage à nos enfants et petits- enfants. Pour notre part, nous demeurons convaincus que seule l’unité nationale armera notre cher pays des forces nécessaires pour relever tous les défis du moment. En outre, nous restons convaincus que l’unité nationale ne pourra se réaliser qu’à travers la construction d’une réconciliation nationale ouverte, inclusive et sincère ; Et nous savons que vous pouvez y contribuer avec succès.

Je vous souhaite bonne réception de la présente avec tout le respect requis. Veuillez agréer, Honorables Autorités Coutumières et Religieuses du Burkina Faso, l’assurance de notre haute considération.
« Rien n’arrête une idée arrivée à son heure ». »

Dr Ablassé OUEDRAOGO
Commandeur de l’Ordre National

Destinataires :
Le Ouidi Naaba Kiiba pour le compte de la Communauté coutumière ;
El Hadj Moussa KOANDA, pour le compte de la Fédération des Associations Islamiques du Burkina Faso (FAIB) ;
Le Pasteur Henri YE, pour le compte de la Fédération des Eglises et Missions Evangéliques (FEME) ;
Le Cardinal Philippe OUEDRAOGO pour le compte de l’Eglise Catholique

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