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SITUATION SOCIOPOLITIQUE AU CONGO : La grande hypocrisie du PS français  

 

Dans un communiqué rendu public, le Parti socialiste (PS) français met en doute la crédibilité des élections au Congo Brazzaville. Cette sortie médiatique vient conforter l’opposition qui avait dénoncé les conditions de déroulement de la présidentielle et rejeté par conséquent, ses résultats. Sassou a flairé le danger, en procédant à des arrestations d’opposants, ces derniers jours, après l’appel à la désobéissance civile lancée par le général Jean-Marie Mokoko. L’on se souvient que c’est François Hollande qui avait poussé le fantôme dans la maison Congo par sa posture d’encouragement vis-à-vis de Sassou Nguesso au moment où celui-ci envisageait de modifier la Constitution de son pays pour briguer un nouveau mandat. A travers cette déclaration, on a envie de croire que le PS tente d’arrondir les angles pour se donner bonne conscience. Il vole ainsi au secours d’un Hollande socialiste qui manque visiblement de principes à l’endroit des dictateurs africains. En tout cas, cette position du PS contre Sassou semble à usage extérieur et confine au « ponce pilatisme ». Contrairement à Hollande, son  prédécesseur, Nicolas Sarkozy qui est un homme de droite, avait, sous son mandat présidentiel, affiché des prises de positions claires et hardies et était plus proche du discours de la Baule au regard de sa ferme hostilité vis-à-vis des dictateurs africains. En tout cas, Sassou a déjà empoigné « sa chose », et il est clair que ce ne sont pas les prises de positions du PS français qui le feront plier, d’autant qu’il a des raisons de craindre pour l’après-pouvoir. La question qu’il convient de se poser suite à  cette déclaration du PS, est la suivante : ragaillardie par ces propos, jusqu’où ira l’opposition dans sa lutte ?

L’UA fait dans la lâcheté face à la crise congolaise

Déjà, le front constitué par l’opposition semble se fissurer sans doute sous l’effet de manœuvres du président Sassou, puisqu’un des opposants vient de refuser de signer le protocole de la Coalition contre Sassou. L’on est tenté de croire que l’opposition mène une bataille perdue d’avance au regard de la situation qui est la sienne. Le Général Mokoko, ancien Chef d’état-major de l’Armée congolaise, qui pourrait incarner l’alternative, aura-t-il les mains libres pour mener le combat contre Sassou et son système ? Il a exigé le recomptage des voix au terme du scrutin présidentiel. Et cette exigence  paraît impossible à satisfaire au regard de la détermination de Sassou à s’accrocher au pouvoir et qui a suffisamment pris les dispositions pour fabriquer « ses résultats » à la présidentielle. En coupant les télécommunications ainsi que la connexion internet, Sassou a montré jusqu’à quel point il n’est pas prêt à céder le pouvoir. Même les dénonciations de telles mesures lors des votes, n’ont en rien ému le dictateur. Va-t-il pleuvoir sur le Congo ? En tout cas, jusque-là, aucune voix ne s’est élevée contre Sassou, pas même l’UA que le PS a invité à résoudre le problème congolais. L’UA fait dans la lâcheté face à la crise congolaise. En attendant, Sassou peut continuer à arrêter à tour de bras ses opposants.  Et il est fort à parier que Hollande continuera à fermer les yeux dessus. Lui qui est bien plus  préoccupé par la courbe du chômage en France, qui ne fait que grimper et qui pourrait voir en Sassou un allié dans la résolution de ses problèmes domestiques.

Lonsani SANOGO

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