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SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE AU NIGER : Attention au basculement !  

A une semaine du second tour de l’élection présidentielle au Niger, le ton monte entre le pouvoir et l’opposition. En effet, l’opposition qui avait annoncé son retrait du processus électoral, appelle désormais à un boycott actif du second tour de la présidentielle. Face à cette situation, les syndicats ont décidé de tirer la sonnette d’alarme en appelant les deux parties au dialogue en vue d’une solution pacifique. Seront-ils entendus ? Rien n’est moins sûr. Car, l’opposition semble avoir choisi de  jouer à fond la carte du pourrissement. C’est à se demander si elle ne souhaite pas l’intervention de l’armée dans le débat politique pour mettre un terme au pouvoir du président Mahamadou Issoufou qu’elle ne veut pas voir, même en peinture. C’est le moins que l’on puisse dire.

La situation actuelle nécessite une médiation pour tenter de rétablir la confiance entre les différentes parties

Malheureusement, en dépit des flots incessants et des vagues montantes sur les rives du fleuve Niger, ni la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), ni l’UA (Union africaine) ne pipent mot. Elles se complaisent dans un silence coupable.  Attendent-elles le déclenchement de l’incendie pour venir ensuite jouer les pompiers ? Question à mille tiroirs. Toujours est-il que la situation actuelle au Niger nécessite une médiation pour tenter d’aplanir les difficultés et rétablir la confiance entre les différentes parties qui se regardent jusque-là en chiens de faïence. C’est  à ce prix que l’on pourra éviter le basculement qui se profile à l’horizon. On croise les doigts.

Valérie TIANHOUN

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IFIA AIN 14 mars 2016 at 20 h 27 min

Niger : crise socio politique, l’éternel recommencement.

Le sens de la pudeur retient beaucoup d’observateurs à apprécier objectivement la situation socio-politique du Niger. L’opinion générale ne s’en cache plus, certains des leaders politiques de la 7ème République n’ont pas le contrôle de leurs facultés mentales. Les actions qu’ils posent ne laissent aucun doute, même aux personnes les moins averties. Violation sans mesure de toutes les dispositions constitutionnelles dont ils tirent leur pouvoir. Refus catégorique d’obtempérer, non seulement aux institutions de régulation qui les interpellent et tentent de les ramener dans le cadre régulier de la Constitution, mais aussi aux observateurs avisés qui cherchaient à les raisonner. Ils restent insensibles aux injonctions et plaintes de la Justice, des partenaires de la Justice, des syndicats, des acteurs de la société civiles, des populations victimes de la mal-gouvernance et des simples citoyens. Il n’en faut pas plus pour soutenir sans autre forme de procès que le Niger est pris en otage par une «association de malfaiteurs » dirigées par des forcenés.

Cet instinct psychopathologique est contenable s’il ne s’est limité qu’à la poignée d’individus aux commandes. Mais le fond du problème est que la maladie – ayons le courage de le dire- est sociale.

Cette bande de forcenés ne peut pas sévir si dangereusement aussi longtemps, si elle n’tait pas soutenue par une certaine opinion qui a une sensibilité à conducteur variable.

Les actes, les plus nobles sont ignobles, pour elle, quand ils sont posés par certaines personnes. Les actes les plus inhumains, les plus barbares, les cruautés les plus indicibles, sont compréhensifs et même méritoires quand ils sont commis par certaines catégories de citoyens. Voilà le vrai problème qui interpelle une réflexion de fond et une action décisive et courageuse.
L’éternel recommencement!

Faudra -t- il continuer à souffrir éternellement le martyr? Des gens qui ne se réfèrent à aucune communauté, gèrent le pays, l’engagent sur les meilleures voies de développement au profit de tous, et lorsque tout est lancé, d’autres viennent comme des prédateurs pour tout détruire.
C’est ce que nous vivons depuis bientôt 3 décennies.

Après la Conférence Nationale, tout ce qui a fait la fierté du Niger pendant 30 ans a été réduit en cendres avec à peine trois mois de gestion. Il en fut ainsi tout au long de la décennie 90 excepté le cours intermède de 1995 et la relance à partir de l’année 2000 dans les pires conditions. Dans tous les cas, c’est le même homme qui est revenu recoller les morceaux et relancer le pays. Il s’agit de Hama Hamadou.

Aujourd’hui tous les Nigériens savent que le service public n’existe plus au Niger depuis l’avènement du régime de la 7ème République. Pire, tout s’est désintégré après le départ de Hama de la majorité.

Le Trésor ne répond plus à aucune dépense des services publics depuis 2014. Au delà de la passion et des engagements partisans, je mets à défi, quiconque qui peut me dire qu’il a pu retirer un seul franc du Trésor National, depuis deux ans pour un besoin de service public quel que soit le Ministère.
De l’autre côté, les ténors du régime et leurs familles jouent, littéralement parlant avec l’argent qui est censé servir au public.

La saisie quotidienne des milliards à l’aéroport, le refus de payer les droits des agents de l’Etat suite à des prestations régulières (rappel salaire, frais avancement, divers) avec la complicité active des syndicats et acteurs de sociétés civiles, bruyants voir hystériques en d’autres circonstances, n’en est que la partie émergée de l’Ice Berg.

Ajouté à ce mépris, le traitement cynique et sadique de citoyens innocents, qui exprime le caractère socialement pathologique de l’orientation.
Pour marquer la Volonté de Puissance pathologique des membres du régime, des Hauts responsables innocents de certaines communautés sont pourchassées, persécutés, spoliés de leurs droits les plus élémentaires, exclus, séquestrés, sous l’applaudissement d’un public sadique. Péremptoirement, pour s’aliéner cette opinion intoxiquée et manipulée, ils claironnent que c’est pour venger … (des victimes imaginaires) des régimes précédents sur lesquels il y a eu fixation lors de la formation idéologique en vue des génocides.

Chaque fois qu’ils commettent un crime ou un forfait, ils le justifient par des mensonges grossiers fabriqués dans les laboratoires de la manipulation sectaire ou évoquent des faits déplacés de leurs contextes « le Régime Diori-Boubou, le Régime de Kountché, de Ali Saibou et surtout de Hama « le Tonnerre », a fait la même chose ».

Comme si la société ne devait pas évoluer, capitaliser ses erreurs et les corriger pour ne plus y revenir.

Aujourd’hui personne ne reproche au PM Brigi Raffini les crimes de Massaoudou ou l’incurie de son Ministre de l’Enseignement Supérieur ou de la Santé. Pourtant, dès que Hama a une responsabilité dans un régime tous les impairs des dignitaires de certaines régions lui sont directement imputés. Le Ministre de la Justice, le Ministre de l’Intérieur, le Ministre de l’Enseignement Supérieur, celui de l’Education, sont tous ignorés dans leur service tant que l’acte n’est pas méritoire.

Cela dit, aujourd’hui même si Hama reprend le pouvoir, il aura à redresser les finances publiques et à rétablir avec beaucoup plus de difficulté l’équilibre social et la confiance entre les citoyens.
C’est ça l’éternel recommencement.

Pour y mettre fin – car cette récurrence risque tôt où tard d’engendrer des monstruosités – nous interpellons les institutions des Nations Unies pour qu’elles mettent le Niger sous tutelle et engager toutes les communautés dans une franche concertation pour mettre en œuvre une formule de gouvernement respectueuse des valeurs de chacun. Comme dit Hérodote, la Culture est Reine, et il n’est pas donné au commun des mortels de sortir de sa culture pour voir ses tares et ses qualités. J’ose croire que le rôle des Nations est de prendre le devant pour empêcher les conflits là où les prémices sont évidents, plutôt que de jouer les pompiers pyromanes en nous vendant les armes en sourdine, tout en nous engageant dans des pourparlers interminables.
C’est la seule voie qui permettra à ces communautés de préserver les relations positives séculaires qu’elles ont tissées, malheureusement viciées par des politiciens irresponsables à la limite de la pathologie.

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