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Rapport 2020 sur l’état de la corruption au Burkina: la Police municipale prend la tête du peloton

Le rapport 2020 sur l’état de la corruption au Burkina Faso a été rendu public ce 11 novembre 2021 à Ouagadougou le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC).  Ce rapport, selon les responsables du REN-LAC a pour objectif de faire l’état des lieux du niveau de la corruption au Burkina Faso et surtout de proposer des mécanismes pour lutter contre le phénomène. 

« Selon notre rapport 2020, la Police municipale vient en tête avec un taux de 75,25% ». C’est du reste le contenu des résultats du rapport présentés par Issouf Paré, chargé des études au REN-LAC. Selon lui, pour l’année 2020, le REN-LAC a procédé par la méthode des quotas et l’indice synthétique de la perception de la corruption. Avec cette méthode, ce sont 2 000 personnes des 13 chefs-lieux de région et la ville de Pouytenga qui ont été touchés par les enquêteurs. En effet, il s’est agi de prendre en compte leur perception de la corruption, et leurs témoignages sur des faits de corruption, etc. L’ autre aspect qui a été pris en compte dans la réalisation de cette étude, c’est la notion de genre. Au compte des échantillons, 48,3% des enquêtés sont des femmes et la part des jeunes de 18 à 35 ans est très importante.

Le rapport général de l’enquête révèle que sur les 5 dernières années, la corruption a augmenté de 30%. Et la Police municipale vient en tête. Il conserve ainsi  »son maillot jaune » avec 75,21%. Elle est suivie de la Police nationale avec 28,96%, du service des Douanes 27,63%, de la DGTTM 22,14% et de la Gendarmerie avec 20,28%.

Selon le même rapport, le classement de la corruption et la fraude électorale pendant la pré-campagne et la campagne place le MPP en tête avec 69,9%. Il est suivi du CDP avec 11,6%, de l’UPC, 9,2%, de Agir Ensemble, 2,27% et du NTD avec 2,2%.

Au regard de l’impact négatif de la corruption sur les finances publiques et sur l’économie nationale, le Secrétariat exécutif du REN-LAC, Sagado Nacanabo a indiqué qu’il est nécessaire que des mécanismes soient mis en place afin de venir à bout du phénomène de la corruption.

Au terme du rapport, des recommandations ont été formulées par le REN-LAC aussi bien à l’endroit des acteurs étatiques, non étatiques ainsi qu’à l’endroit des services les plus corrompus.

A l’endroit de l’Etat, le REN-LAC recommande l’inscription de la lutte contre la corruption sous toutes ses formes au cœur de l’action gouvernementale, l’organisation d’une vaste opération de lutte contre la corruption dans tous les secteurs d’activité, la révision des mécanismes de financement public et privé des partis et formations politiques, l’interdiction de la subvention des CNIB, la mise en place un dispositif de répression de la corruption électorale et l’ouverture des frontières afin de réduire les opportunités de rackets routiers, etc.

A l’endroit des acteurs non étatiques, Sagado Nacanabo et ses camarades recommandent la création d’une coalition de la société civile pour la transparence, et une attention particulière aux actions de sensibilisation.

Quant aux services les plus corrompus, le REN-LAC recommande la digitalisation des systèmes de contrôle, la vulgarisation des infractions routières pouvant faire l’objet de contravention, l’accroissement de la veille citoyenne dans les différents services de l’administration publique, etc.

Didèdoua Franck ZINGUE

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