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PROCESSUS ELECTORAL AU BURKINA : « Si on n’y prend garde, ce sont les coûts des élections qui vont dégoûter les citoyens », Newton Ahmed Barry

Le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), en partenariat avec l’Union nationale des administrateurs civils du Burkina Faso (UNABF), a organisé ce mardi 23 mars 2021 au siège du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) à Ouagadougou, un « dialogue démocratique » à travers un panel. L’objectif de ce dialogue démocratique était de faire le bilan des élections de novembre dernier et envisager des perspectives.

Pour faire le bilan des élections couplées présidentielle et législatives du 22 novembre dernier, quatre panelistes rompus aux questions électorales étaient autour de la table. Newton Ahmed Barry, président de la commission électorale nationale indépendante (CENI), premier à prendre la parole a fait sa communication sur la « soutenabilité financière des élections et les stratégies ». Celui-ci n’est pas passé par quatre chemins pour démontrer les coûts très élevés de l’organisation des élections dans le format actuel. Le président de la CENI a indiqué à titre d’exemple, que pour l’organisation de ces élections, 40 milliards de F CFA ont été mobilisés pour l’enrôlement uniquement, qui n’est qu’une infime partie du processus électoral. Pour le président de la CENI, la démarche actuelle coûte très chère surtout avec le renouvellement fréquent du matériel électoral. Ce qui constitue dit-il, un enrichissement pour les firmes multinationales. « Si on n’y prend garde, ce sont les coûts des élections qui vont dégoûter les citoyens », a laissé entendre Newton Ahmed Barry. Il a pourtant estimé que ces coûts peuvent être minimisés. Pour ce faire, il a proposé de faire le choix intelligent d’adosser le fichier électoral à celui de l’ONI qui est bien opérationnel.

L’ancien ministre et ancien commissaire à la CENI, le juriste Abdoul Karim Sango, a analysé le cadre juridique et institutionnel de la CENI. Dans son diagnostic, il a fait remarquer, entre autres, que la qualité de membre de la CENI ne repose sur aucun critère de compétences techniques et d’exigences morales. Ce qui devrait être selon lui, une exigence dans le choix des membres d’institution d’une telle notoriété. Il a alors recommandé de créer un corps d’administrateurs électoraux, la nomination à la tête des démembrements de la CENI (CEPI CECI) d’administrateurs civils à nommer par le président de la CENI de concert avec le ministre de l’Administration territoriale. Aussi, suggère-t-il, que le président de la CENI soit désigné et nommé par le président du Faso et l’établissement d’un minimum de critères pour être membre de la CENI.

 

Une vue des participants au panel  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un diagnostic du processus électoral du 22 novembre 2020 a été posé par Lydia Zanga, secrétaire exécutive de la Convention des organisations de la société civile pour l’observation domestique des élections (CODEL). Sur les points forts de ces élections, elle a pointé du doigt l’audit du fichier électoral, le dialogue politique et la tenue effective des élections dans un contexte sécuritaire et sanitaire difficile ainsi que la forte participation de la diaspora au scrutin avec plus de 60% de participation. Des insuffisances, elle a évoqué les parties du territoire qui n’ont pas pu voter et l’insuffisance ou le manque de matériels dans des bureaux de vote. Comme recommandation, la secrétaire exécutive de la CODEL a insisté pour que les partis politiques puissent déployer des représentants dans l’ensemble des bureaux de vote. Ces observateurs devraient à son sens, être mieux outiller pour l’observation des élections.

Le quatrième paneliste en la personne de Kalifara Séré, ancien secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, ancien secrétaire permanent de la conférence nationale de décentralisation, a, quant à lui, abordé les réformes dans la perspective des élections locales de 2022. Il a fait savoir que le report des élections municipales devrait être mis à profit pour une meilleure organisation. L’administrateur civile à la retraite a déploré le fait que la CENI soit d’une composition tripartite (majorité-opposition-société civile). Il a estimé que c’est parce que les partis politiques ne font pas confiance aux administrateurs civiles pour l’organisation des élections qui a fait naître cette structure. Pour lui, la CENI est une institution insolite.

 

 Kiswendsida Fidèle KONSIAMBO

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