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PROCES THOMAS SANKARA : Quand le témoin  Abdrahamane Zétiyenga charge le Gal Diendéré

Les dépositions des témoins se sont poursuivies ce 8 décembre 2021 au Tribunal militaire de Ouagadougou avec à la barre Adrahamane Zétiyenga Léonard.

L’adjudant-chef major Abdrahamane Zétiyenga était le N°2 du lieutenant Diendéré dans le cadre du management de la sécurité au moment des faits. Un mois avant les faits, soit le 05 septembre 1987, il dit être en stage à Po pour l’obtention de son Brevet d’adjudant-chef.

« J’avais de très bonne relation avec le président Sankara et je partageais avec Gilbert Diendéré, le déjeuner avec le président », a-t-i lconfié.

Selon M. Zétiyenga, avant même son départ pour Pô, la situation entre Thomas Sankara et Blaise Compaoré était déjà délétère. « Un jour, lors d’une sortie dans la ville de Po, j’ai rencontré Somda Der qui est venu rendre visite à sa famille. Quand je lui ai demandé des nouvelles du président Sankara, il m’a confié que les choses vont mal. Et le 08 octobre 1987 j’ai reçu un courrier du président Sankara dans lequel celui-ci m’expliquait la situation qui prévalait », a-t-il indiqué. « Inquiet, j’ai demandé une autorisation d’absence le 10 octobre 1987 pour me rendre à Ouagadougou. Une fois arrivé, j’ai rencontré le président Thomas Sankara, qui lui m’a dit qu’il trouvé une solution et que les choses rentreront dans l’ordre. De mon côté, j’ai promis au président Sankara de rencontrer le lieutenant Diendéré afin qu’ensemble nous organisions une réunion de crise pour apaiser les tensions entre les différentes gardes rapprochées. Et le lendemain je suis allé voir Gilbert Diendéré et je lui ai fai le point de ma conversation avec le président. En cherchant à savoir ce qui se passait, mais franchement c’était la première fois qu’il se comportait de la sorte avec moi. Nous avons toujours été en  bons termes. En tant qu’ami, j’ai trouvé son attitude bizarre. Et depuis le 11 octobre jusqu’au 15, jour des évènements, j’ai constaté un climat de méfiance. Nos relations se sont détériorées et moi je suis resté dans mon coin », raconte le témoin.

Il a relevé que tout le long de la réunion de crise, le lieutenant Diendéré, n’a pas dit un mot et n’a eu aucune réaction. Et c’est plus tard qu’il les aurait rappelés, pour leur faire savoir qu’il a reçu un message faisant état d’un complot à 20 h. Complot au cours duquel Sankara devrait mettre à exécution son plan contre Blaise Compaoré. Et c’est pour éviter qu’il y ait un bain de sang, lui (Diendéré) voulait Thomas Sankara pour le  mettre en résidence surveillée.

« Vers 14 h, sur ses instructions, raconte le témoin, j’ai mon poste vers la radio et voici la mission : interdire tout accès vers le Conseil lorsque le cortège de Sankara franchira la barrière pour la réunion qui devait se tenir. Et c’est lorsque le président est rentré au Conseil avec son cortège, que les coups de feu nourris se faisaient entendre. Donc je me suis dit que sûrement ce sont les éléments commis à l’arrestation de Sankara qui faisaient des tirs de sommation pour dissuasion. Vers 17 h, Somda Eugène, un élément de la garde présidentielle, dit être venu s’enquérir des nouvelles du président après avoir entendu les coups de feu. Je lui ai refusé l’accès du conseil, au regard des institutions que j’avais reçues. Après réflexion, je l’ai laissé entrer mais le fait accompagner par un soldat. Quelques temps après, le soldat est revenu au pas de course, le regard vide. C’est lui qui m’a informé que Sankara et ses compagnons ont été tués. J’ai été surpris. J’ai attendu Diendéré en vain. Je vous avoue que ma crainte, était qu’après le départ de Eugène, les éléments du palais ne descendent sur le Conseil et que les deux camps ne s’affrontent mais fort heureusement, cela n’est pas arrivé », a laissé entendre M. Zétiyenga.

Le témoin dit être resté à son poste toute la nuit et a vu deux cargos quitter le Conseil pour  une destination inconnue. Ils avaient à leur bord des détenus qui sont allés creuser les tombes des 13 personnes pour  les enterrer. Et le lendemain vers 7h, il a rejoint l’intérieur du Conseil (de gré ou de force) et a constaté des mouvements.

Le témoin a, en outre, révélé qu’avant son audition, le Gal Diendéré aurait envoyé son chauffeur chez lui le supplier de dire devant le juge d’instruction, qu’il n’était pas au Conseil de l’Entente le 15 octobre 1987.

Le procès se poursuivra au Tribunal militaire de Ouagadougou avec la confrontation de Diendéré, Manag-Naaba (le chauffeur de Diendéré) et Zétiyenga.

Didèdoua Franck ZINGUE

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