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Procès Thomas Sankara : «Je suis d’une région ou mentir attire la mort», Jean Pierre Palm

Toujours ce 30 novembre 2021, à la suite du témoin Mousbila Sankara, c’était au tour de Fidèle Toé, ex membre du GCB de comparaître devant le Tribunal et de dire sa part de verité sur le coûp d’Etat d’octobre 1987.

Après sa déposition, Fidèle Toé est resté dans des généralités sans donner de détails pouvant davantage éclairer le Tribunal. Une situation qui a amené le président du tribunal militaire a hausser le ton ces termes : «La rétention d’informations, je n’en veux pas. Trop de gens ont fait croire aux burkinabè qu’ils savent tout sur cette affaire. Il y en a qui ont donné des interviews à des organes de presse à tout-va, mais ici, devant le Tribunal, ils nous laissent sur notre faim. Si vous ne parlez pas ici, on utilisera les moyens de droit à votre encontre si jamais il est fait mention d’éléments que vous n’auriez pas mentionnés au Tribunal ». Ce commentaire du président du tribunal est intervenu après que des témoins, pour diverses raisons, aient omis de mentionner des détails pouvant éclaircir le Tribunal militaire sur les circonstances qui ont conduit aux événements du 15 octobre 1987.

Rentré en mai 1994 après 7 années d’exil, Fidèle Toé sera arrêté par les éléments du Colonel Jean Pierre Palm. Des propos que Jean Pierre Palm a nié à la barre au cours de la confrontation. « Je suis d’une région où mentir attire la mort», a-t-il juré. Vous ne reconnaissez pas avoir arrêté Adama Drabo celui là même qui a aidé Fidèle Toé à s’enfuir? Interroge le Parquet

Monsieur le juge, comment quelqu’un peut-il faire arrêter quelqu’un et contribuer à sa libération ? S’interroge Jean Pierre Palm

Vous semblez ne vous rappeler de rien M. Palm? Titille le président du Tribunal

«Je ne reconnais pas avoir arrêté Adama Drabo. C’est plutôt Laurent Sawadogo. Il est colonel à la retraite, il est toujours en vie », rassure M. Palm

 Lorsque le président du Tribunal militaire a demandé au témoin Fidèle Toé s’il avait un commentaire à faire, ce dernier, visiblement remonté à laissé entendre que si de grandes personnes qui ont posé des actes et tenu des propos, viennent s’asseoir aujourd’hui devant votre Tribunal pour ne pas les reconnaître, moi je n’ai pas de commentaire.

« C’est ce même Jean Pierre Palm qui m’a dit, que celui qui m’a aidé à quitter le pays a bien fait . Que sinon, lorsqu’ils venaient me chercher, c’était pour m’obliger à confesser qu’effectivement le complot de 20h était vrai et c’est pourquoi eux, ils ont pris les choses en main», a attesté le témoin

Mais pourquoi malgré les préventions imminentes de la classe politique et d’autres acteurs, Thomas Sankara n’a pas écouté? Interroge le président du Tribunal militaire.

«Sankara pensais qu’en raisonnant ses amis, il pouvait les amener à laisser tomber leur projet de coup d’État. J’ai l’impression que c’est un suicide », répond le témoin.

 Le procès se poursuivra le 1er décembre 2021 avec à la barre, Serge Théophile Balima, Michel Toé, Gabriel Tamini, Thérèse Katouinga.

Didèdoua Franck ZINGUE

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