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PROCÈS THOMAS SANKARA : « Je n’ai jamais accepté le coup d’Etat », Tibo Georges Ouédraogo

A la barre ce 2 décembre 2021 au Tribunal militaire de Ouagadougou, Tibo Georges Ouédraogo, un des accusés dans l’affaire Thomas Sankara qui n’avait pas encore comparu pour des raisons de santé. Accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, le lieutenant Tibo Ouédraogo et ancien patron de l’Escadron motorisé commando (EMC) dit ne pas reconnaître les faits. Les 68 ans bien sonnés et colonel à la retraite, Tibo Georges Ouédraogo était le chef commando de la mission qui devait neutraliser la FIMATS, le 15 octobre juste après le coup d’Etat.

Dans sa déposition, il dit ceci : « Lorsque j’ai reçu la mission, j’ai immédiatement appelé mes éléments qui m’ont rejoint devant le pied à terre de Gilbert Diendéré au Conseil de l’Entente ».

Selon lui, la mission qu’il avait à exécuter, n’était pas bonne. « On m’a dit d’aller neutraliser. Et pour moi, neutraliser c’est mettre une unité hors d’état de réaction », a-t-il précisé.  « Lorsque nous sommes arrivés, j’ai ordonné d’effectuer des tirs en l’air, ce qui a été fait. Mais il n’y a eu aucune réaction. Certains de mes éléments sont donc entrés par le mur et moi et plus 4 hommes, avons mis nos armes en bandoulière et nous avons soulevé les mains en l’air. Je leur ai dit que nous étions avec eux et que nous sommes là pour exécuter des missions en commun », a-t-il relaté. « Dites-nous, est-ce que la mission n’était pas d’abattre Vincent Sigué qui était le patron de la FIMATS ? » Interroge le président du Tribunal. « Je n’ai pas reçu mission de tuer Vincent Sigué. C’était un ami », a-t-il précisé. « Vous recevez une mission de neutraliser une unité, vous arrivez et vous effectuez des tirs en l’air. Est-ce que vous n’avez pas trahi la mission ? ». « Bien sûr. C’est parce que Thomas lui-même avait dit qu’un militaire sans formation politique est un criminel en puissance que moi j’ai fait le choix de ne tuer personne », a-t-il dit. De ce qu’il relate, il n’a jamais tué depuis qu’il est dans l’armée. Il dit avoir de bonne relation avec Thomas Sankara et ce qui lui est arrivé, il n’a jamais accepté que ce soit ainsi.

« A votre arrivée, si Vincent Sigué et ses hommes réagissaient. Quelle serait la conduite à tenir ? » Demande le président du Tribunal. « On allait se battre, rétorque l’accusé et d’ajouter que si c’était  lui seul qui effectuait la mission, il dirait à Vincent Sigué de s’en fuir, mais comme il était avec ses hommes, il n’avait pas autre choix que de l’abattre s’il le trouvait sans calcul. « Sinon si je refusais, c’est moi qui serais abattu », a-t-il insisté.

Finalement, est-ce que ce n’est pas le fait que vous n’avez pas trouvé Sigué que vous avez « pacifié » la mission ? « Je dirai oui ! » Répond Tibo Ouédraogo. « La mission c’était Vincent Sigué alors et non la FIMATS ? » Demande le président du Tribunal. « Non ! Répond-il. Si j’avais reçu pour mission d’arrêter Sigué, il ne sortirait pas ».

« Vous avez dit qu’on vous a arrêté et menotté durant deux ans. Alors que vous étiez le nouvel homme fort de la FIMATS après l’avoir récupérée des mains de Sigué. De la FIMATS à la prison, est-ce que vous pouvez nous en dire davantage ? Demande le président du Tribunal

« Après l’épisode du coup d’Etat, on m’a affecté à la production de la 5e région militaire et en 1989, ils ont dissout le corps et par la suite, j’ai été arrêté le 24 décembre de la même année par mon meilleur ami, Hamala Michel sous prétexte que je préparais un coup d’Etat avec Boukary Kaboré dit le Lion. Quelqu’un que je ne connais même pas ».

Et le Parquet de demander à l’accusé s’il avait connaissance qu’il y avait des tensions entre Blaise et Thomas. « Oui ! Mais je me disais qu’ils allaient transcender ces divergences », a-t-il affirmé.

« Étant à la FIMATS comme le nouveau patron, à qui rendez-vous compte ? » Interroge le Parquet. « Je rendais compte à Diendéré ».Vous dites que vous avez « pacifié » la mission. Peut-on pacifier une mission avec des armes ou en tirant en l’air ? Insiste le Parquet militaire. Qui vous a dit qu’on pouvait le faire facilement ? Rétorque l’accusé.

Didèdoua Franck ZINGUE

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