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PROCES THOMAS SANKARA : « C’est une partie de moi qui s’en est allée le 15 octobre », Bernard Sanou

Le procès de Thomas Sankara et de ses 12 compagnons s’est poursuivi ce 25 novembre 2021 au Tribunal militaire de Ouagadougou avec les témoins. A la barre, le colonel Bernard Sanou, commandant du génie militaire au moment des faits. Après sa déposition, celui-là même qu’on accuse à tort ou à raison, d’avoir procéder à l’arrestation du commandant Abdoul Salam Kaboré, il a répondu, tour à tour, aux questions des avocats de la partie civile mais aussi à celles de la défense.

En effet, il a indiqué qu’au lendemain du 15 octobre, soit dans la matinée du 16, Lingani aurait convoqué les chefs militaires et les responsables des directions de services pour une réunion de crise. Et dans l’après-midi, il aurait eu une audience avec le capitaine Blaise Compaoré. Une audience qu’il avait d’ailleurs demandée bien avant la survenue des malheureux évènements. Pour lui, cette audience avait pour but de comprendre davantage le pourquoi du drame. Et selon les explications de Blaise Compaoré, ce fut une arrestation qui a mal tourné. « Et je lui ai dit que donc finalement, ce que je craignais est arrivé », a indiqué Bernard Sanou.

Pour lui, c’est clair que Blaise Compaoré ne s’est pas levé seul un matin pour prendre la décision de faire un coup d’Etat. Il a été certainement encouragé par d’autres acteurs ou d’autres camarades de la classe politique. Il a certainement contacté des proches.

En répondant aux questions des avocats de la défense, le témoin Bernard Sanon n’a pas voulu davantage s’étaler sur les faits qui ont valu l’assassinat du président Thomas et 12 de ses compagnons. « Je voudrais que vous vous situiez dans les circonstances de l’époque. Je vous dis que c’est une partie de moi qui s’en est allée le 15 octobre (…) », s’est-il voulu concis.

Après Colonel Bernard Sanou, c’était au tour de Issa Dominique Konaté, membre du CNR au moment des faits, aujourd’hui conseiller spécial du président du Faso. Economiste à la retraite, M. Konaté a, pour sa part, indiqué qu’il était en plein réunion du côté de l’hôtel indépendance pour les préparatifs du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) lorsqu’il a attendu les crépitements des armes du côté du Conseil de l’Entente. Il a dû écourter la réunion et partir à la Maison du peuple pour voir les derniers réglages. C’est après de vaines tentatives pour joindre le responsable du secrétariat, David Saba, qu’il a décidé de partir. C’est en rentrant chez lui qu’il a croisé l’adjudant Alain Ilboudo aux alentours du rondpoint de la bataille du rail qui lui aurait dit, qu’il paraît qu’ils ont tiré sur le président Sankara. « Je lui ai demandé qu’en pareil circonstance, quelle est la conduite à tenir ? Il m’a dit de rentrer et de rester à l’écoute », a laissé entendre Issa Dominique Konaté.

 Mais dites-nous ce que vous en savez avec les courants politiques de l’époque et leur implication dans le coup d’Etat ?

Au moment des faits j’étais de la cellule du Groupe communiste Burkinabè (GCB) et membre du bureau politique du CNR. Et dès le lendemain des évènements, des militaires du Conseil sont venus me chercher pour une réunion d’urgence. Arrivé au Conseil, j’ai trouvé Henri Zongo, Jean-Baptiste Lingani et Blaise Compaoré. A l’en croire, la réunion avait pour l’objectif de de voir comment il fallait assurer la continuité des affaires courantes de l’Etat.

Au-delà du GCB, y avait-il d’autres groupes ?

Oui ! Il y avait l’OMR, l’ULCR, l’UCB et bien d’autres. Le PAI avait déjà quitté le CNR au moment où Je l’intégrais.

Issa Dominique Konaté serait celui qui a conduit une délégation dans les pays voisins notamment le Niger, le Mali et la Côte d’Ivoire, pour leur expliquer la situation qui prévalait au Burkina Faso. C’est sur les aspects d’idéologies et de courants politiques que le président du Tribunal a suspendu l’audience.

Elle sera reprise le 29 novembre 2021 avec Philipe Ouédraogo, Ernest Nongma Ouédraogo, Fidèle Toé, Mousbila Sankara et Serges Théophile Balima.

Didèdoua Franck ZINGUE

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