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PROCES EN ASSISES DE L’EX-PREMIERE DAME IVOIRIENNE:la saison des témoignages à charge est-elle ouverte ?

Le procès en assises de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo, a repris le 20 juin dernier, après une semaine de suspension. Poursuivie pour crimes contre l’humanité, l’ex-Première dame, depuis le premier jour de sa comparution, a nié toute implication dans les faits qui lui sont reprochés. Elle plaide non coupable ! Mais, les choses ont pris une autre tournure depuis le 29 juin dernier. En effet, pour la première fois depuis le début du procès, un ex-chef de milice, du nom de Moïse Metchro Harolde Metch dit « commandant Hôtel » ou Colonel « H », a déclaré que Simone Gbagbo avait bien joué un rôle important dans la crise postélectorale de 2010, en finançant des milices armées pro-Gbagbo. Cette fois, ce n’est pas « maïs », mais plutôt « caillou », pourrait-on dire, face aux nouvelles accusations portées à son encontre. Pour une fois, Simone Gbagbo est vraiment inquiétée par des accusations qui ne sont pas sorties de la bouche de n’importe qui : un ex-compagnon de lutte. On peut donc se demander si c’est la saison des témoignages à charge qui est ainsi ouverte. Car, depuis le début du procès, ni les documents brandis par la partie civile, ni les premiers témoins n’étaient accablants. Mais les déclarations du Colonel « H » arrivé à l’audience menotté, marquent un tournant. D’autant qu’il s’est présenté comme le « chef du Groupement des patriotes pour la paix (GPP) », une des nombreuses milices qui sévissaient en Côte d’Ivoire lors du règne de Gbagbo de 2000 à 2010.

Ce qu’on lui reproche, c’est d’avoir donné des moyens financiers, logistiques et des ordres aux miliciens

Il est vrai que dans sa posture de déni, Simone Gbagbo s’est toujours amusée à dire qu’il fallait apporter la preuve de sa culpabilité, ce que les juges ont toujours eu du mal à faire. Et c’est d’ailleurs cette faille que la « dame de fer » exploite à sa guise, en niant tout en bloc. La stratégie est toute trouvée : tout nier et demander à l’accusation d’apporter des preuves. Mais cette fois, même s’il ne tient pas lieu de preuve, ce témoignage du Colonel « H » a quelque chose de gênant et de moralement démontant. Cela dit, c’est dommage que parmi tous ces criminels de guerre, personne n’ait été capable d’exprimer le moindre regret vis-à-vis des parents des victimes, encore moins devant la nation ivoirienne. Gbagbo Laurent Koudou, Blé Goudé ou Simone Gbagbo ont tous adopté la même stratégie : la logique du déni total. Mais ce qu’ils ont oublié, c’est qu’en Côte d’Ivoire, tout se sait et on sait qui est qui.

Il faut rappeler que ce témoignage accablant vient après les aveux de Simone Gbagbo qui, au cours de son procès, a dit ceci : « C’est grave ce dont on m’accuse. Je suis choquée. Je n’ai envoyé personne faire la guerre, les combats, je ne les ai menés qu’avec ma bouche ». Tout le monde sait qu’elle n’a jamais été militaire encore moins milicienne. Ce qu’on lui reproche, c’est d’avoir donné des moyens financiers, logistiques et des ordres aux miliciens pour tuer des personnes aux mains nues. Et ces ordres, même si elles ne se donnaient que par la bouche, n’ont pas moins produit les effets que l’on sait.

Issa SIGUIRE

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