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NOUVELLE MOTION DE CENSURE CONTRE ZUMA: encore et toujours lui !

Le président sud-africain, Jacob Zuma, s’est fait brebis, et le loup est en train de le guetter. C’est le moins que l’on puisse dire de la nouvelle motion de censure contre lui introduite par l’Alliance démocratique (DA) de Julius Malema. C’est la troisième du genre en moins d’un an, contre le chef de l’Etat sud-africain qui, visiblement, semble cuirassé contre la critique et immunisé contre la honte. Car, quand ce n’est pas une affaire de fesses, c’est un scandale financier que Jacob Zuma provoque, tant et si bien qu’il a fini par agacer même ses propres soutiens. La dernière affaire en date qui a défrayé la chronique, a été la publication d’un nouveau rapport de la médiatrice de la République, qui a mis à nu les liens compromettants que le président Zuma entretenait avec les Gupta, du nom de cette famille très riche bien connue en Afrique du Sud. Et ce n’est pas tout. Car, d’autres menaces se profilent à l’horizon, comme la reprise par la Justice de poursuites pour corruption, fraude fiscale et racket, abandonnées en 2009, dans une affaire de pots-de-vin, liée à un contrat d’armement. Autant de scandales indignes d’un chef d’Etat, qui plus est, se veut un héritier de Nelson Mandela. En tout cas, si le ridicule pouvait tuer, il y a longtemps que Jacob Zuma ne serait plus président. Lui-même, pour son propre honneur ou du moins ce qu’il en reste, aurait dû prendre les devants en débarrassant le plancher. Car, pour moins que ça, certains chefs d’Etat, à sa place, n’hésiteraient pas à prendre leurs responsabilités.

L’ANC donne l’impression d’avoir déjà oublié le revers qu’il a subi lors des dernières municipales

 

Mais tel n’est pas le cas pour Zuma qui, fort du soutien aveugle que lui accorde l’ANC, continue d’en faire à sa tête. C’est à se demander si l’ANC ne l’encourage même pas dans ses excentricités. Car, le parti, avec ses 249 parlementaires, a fait encore bloc derrière lui, allant jusqu’à qualifier la motion de défiance de « rituel annuel frivole » sur fond « d’arrogance grandissante » de la DA. Mieux, le Secrétaire général du parti trouve même « prématurés et infondés » les appels au départ de Zuma, dont le mandat prend normalement fin en 2019. Alors question : combien de scandales Zuma provoquera-t-il d’ici la fin de son mandat ? Et combien de motions de défiance l’opposition ne manquera-t-elle pas de déposer contre lui sur la table du parlement ? Difficile d’essayer de répondre à ces questions sans décocher des flèches à l’ANC qui, par son attitude, joue à un jeu dangereux. En effet, le parti donne l’impression d’avoir déjà oublié le revers qu’il a subi lors des dernières municipales, qui, en réalité, traduisait le trop plein de ressentis des Sud-Africains. Franchement, ce n’est tout de même pas normal qu’à cause d’un seul individu, coule tout un parti historique comme l’ANC qui a fait la fierté de tout un continent du fait du charisme de ses dirigeants d’alors. L’ANC doit survivre à Jacob Zuma qui, comme le disait quelqu’un, a provoqué « le chaos dans la jeune démocratie sud-africaine ». Il n’est ni plus ni moins qu’un accident de l’histoire de la Nation arc-en-ciel, à l’image d’un éléphant dans un magasin de porcelaine.

 

B.O

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