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Maître Lvlilcielo, slameur burkinabè : « J’ambitionne d’aller plus loin »

Il se nomme Gaston Sawadogo à l’état civil, mais son nom d’artiste est Maître Lvlilcielo. Ce jeune artiste qui s’est spécialisé dans « le slam pour le développement », n’est certes pas très bien connu des mélomanes, mais il faut le voir sur scène pour savoir qu’il a du talent à revendre. D’ailleurs, pour découvrir son talent, il donne rendez-vous pour son concert qu’il organisera le 27 octobre prochain à l’institut Goethe, à 19h. Maître Lvlilcielo a beaucoup de cordes à son arc. En effet, en plus du slam, il est communicant et fait aussi de la voix off. Des projets, Maître Lvlilcielo en a, et compte se frayer une place honorable aussi bien au Burkina, en Afrique et dans le monde. Il était l’invité de actuburkina, le 10 octobre 2023 et voilà ce qu’il nous a confié.

 Tu as choisi le slam comme genre musical. Pourquoi le choix de ce genre musical ?

J’ai choisi le slam parce que d’abord c’est l’art par excellence pour l’éducation. On peut passer par le slam pour changer beaucoup de choses. Par exemple, avec la situation que nous vivons actuellement, par le slam, on peut éduquer, pour changer les comportements. On peut y passer pour soigner plusieurs maux de la société, par exemple la situation de la femme, la délinquance juvénile, l’usage non responsable des réseaux sociaux, etc. Le slam peut donc contribuer à résoudre des tous ces problèmes. C’est pourquoi je me suis lancé dans cet art, afin d’apporter ma touche pour un changement meilleur.

As-tu un album sur le marché ?

Non ! je n’ai pas encore d’album sur le marché mais je compte faire un maxi dans un cours terme. Actuellement, je suis en pleine la préparation de mon concert prévu le 27 octobre prochain à l’institut Goethe à Ouagadougou, à 19h. C’est après ce spectacle que je vais faire le maxi. Je n’ai pas encore commencé mais je pense bien le faire très bientôt.

Depuis quand es-tu dans la musique ?

C’est à partir de 2020 que j’ai débuté le slam. C’est vrai que j’écrivais des poèmes depuis la classe de 6e parce que j’étais acteur de théâtre, je pratiquais le dessin, la peinture. Arrivé à l’université de Ouagadougou, j’ai fait un stage en radio où je lisais les poèmes que j’écrivais à l’antenne. Il y a un slameur qui a écouté et m’a contacté pour apprécier le travail que je faisais. Et là, il m’a fait savoir que ce que je fais c’est du slam. Je me suis demandé ce qu’est le slam puisqu’en ce moment, je ne savais même pas que le slam existait. Après cela, ce slameur m’a invité à participer à une compétition que j’ai d’ailleurs remportée, en 2020. C’est de là que tout est parti.

L’artiste slameur, Maître Lvlilcielo

Quelles sont les thématiques abordées dans ton art ?

 C’est l’éducation. Comme je l’ai dit, je me suis spécialisé dans le slam pour le développement qui est un concept propre à moi. Certains font du slam pour l’amour, d’autres pour les femmes, pour les pères, mais moi c’est un slam pour le développement. Dans le développement, il y a toutes les thématiques qui touchent au développement durable et donc j’écris les textes sur des thématiques de développement durable en relation avec mon concept.

Ne penses-tu pas que ce genre musical s’intéresse juste à une catégorie de personnes, notamment la jeunesse, et met de côté les autres couches ?

Non, je ne le pense pas parce que le slam peut toucher toute la population et tout dépend. En effet, chaque slameur a sa cible. Il y a des slameurs qui ont pour cible les ministères, les ONG, les associations tout comme moi, il y en a d’autres qui vont cibler la jeunesse, d’autres encore la communauté rurale. Il y a des slameurs en mooré. Moi, je fais mon slam en Français mais j’ai un texte enregistré en mooré, même si je ne suis pas très fort en mooré, que j’ai fait passer sur une radio locale, et les gens ont vraiment apprécié. Donc le slam est dédié à tout le monde mais chaque slameur a sa cible. Moi j’utilise beaucoup de proverbes et les tournures dans mes textes. Et les sages qui écoutent ce genre de textes se retrouvent parce qu’on fait quand même l’effort de valoriser la culture burkinabè via les proverbes. Quand on échange avec les anciens, ils aiment beaucoup cela. C’est pour dire que les anciens ne sont pas mis de côté comme vous le pensez.

Penses-tu que le slam a de l’avenir au Burkina ?

 

Y a-t-il un slameur qui est ton idole, à qui tu aimerais ressembler ?

Tous les slameurs ont chacun une touche particulière que j’apprécie mais personnellement, je ne me suis pas inspiré d’un slameur. Comme je l’ai dit au début, je faisais du slam sans savoir que c’en était un. C’est grâce aux conseils de quelqu’un que tout est parti. Sinon, je n’ai pas écouté de slameur en tant que tel avant de commencer. Je me disais que c’était juste de la poésie que je faisais. C’est ce qui fait ma force parce que je n’ai pas copié, je ne me suis pas inspiré d’un slameur, je suis arrivé comme ça dans le monde du slam. Mais à partir du moment où j’ai su que le slam existait et que j’en faisais du slam, j’ai commencé à écouter d’autres comme Naël Melerd, Ombr Blanch, Malika la Slamazone, le slameur français Grand corp malade, etc.  Bref, j’écoute tous les slameurs parce chacun à sa touche particulière et j’apprends toujours des autres slameurs.

Quels sont tes projets à court et moyen termes ?   

Il y a d’abord mon spectacle du 27 octobre prochain, un défi que je me suis lancé. Nous avons commencé la communication et je me suis rendu compte que beaucoup de personnes aiment vraiment ce que je fais. Après cela, je vais faire un maxi de trois à quatre titres parce que je me dis qu’avec le slam, on n’a pas besoin de faire un album de plusieurs titres. Le slam c’est sur scène et moi je suis purement scénique.  Quand on veut découvrir Lvlilcielo, il faut l’inviter sur scène et il viendra démontrer son savoir-faire. Après le maxi, je tenterai de conquérir d’autres pays africains pourquoi pas au-delà. J’ambitionne en tout cas d’aller plus loin. Je me suis fixé un objectif à savoir : éduquer pour un changement de comportements et je pense que les ONG nationales et internationales peuvent me contacter pour cela. Ma vision du slam pour le développement, c’est de travailler avec les différents ministères, les ONG et bien d’autres pour pouvoir toucher le monde à travers ce que je fais.

Quels sont tes relations avec les autres artistes burkinabè ?

J’ai de bonnes relations avec tous les artistes que j’ai pu croiser. Le slam est une famille. J’ai pris part à des compétitions au cours desquelles j’ai rencontré des personnes. Nous sommes devenus une famille parce que nous faisons le même art avec presque les mêmes objectifs notamment éduquer, sensibiliser, ce qui fait que nous sommes liés. Je participe aux spectacles des autres et eux-aussi le font autant pour moi. Dans le domaine, il y a Smarty, Naël Melerd le slameur, et bien d’autres avec qui j’ai de bonnes relations et c’est ce qui est très intéressant. Le monde artistique burkinabè est une grande famille.

 Un message à tes fans ?

Interview réalisée par Colette DRABO

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