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Lutte contre l’impérialisme international : les leçons que le peuple burkinabè doit tirer

Pour l’auteur du point de vue ci-dessus, Pr Taladia Thiombiano, qui n’est plus à présenter, le peuple burkinabè qui a fait le choix de prendre son destin en main, doit savoir tirer des leçons, surtout face aux tirs croisés de « l’impérialisme international » et de ses valets locaux. Lisez plutôt !

Après la sortie tonitruante du général Abou Tarka du Niger sur l’isolement international du Burkina Faso et du Mali en nous promettant un réveil douloureux parce que ces deux peuples ont décidé de prendre leur destinée en main, c’est au tour de l’eurodéputé Français Hervé Juvin du Rassemblement national (RN) de prendre la relève pour proposer une nouvelle intervention militaire conjointe des armées française et union-européenne au Burkina par amour selon lui pour le peuple burkinabè qui serait victime de massacres par l’armée Burkinabè. Nous n’allons pas donner des réponses détaillées à cette propagande dont le contenu est dénué de toute approche scientifique bien que Monsieur Hervé Juvin soit un professeur d’université de son Etat (pour des réponses appropriées se référer à Franklin Nyamsi dans Afrique mediav).

Pourquoi ces tirs croisés de l’impérialisme français et de ces valets africains (CEDEAO), et notamment le président du Niger Mohamed Bazoum ? Le problème, c’est que malgré la présence de l’armada de l’OTAN au Niger, les terroristes continuent de frapper dur le territoire nigérien. Le second problème est que la France n’a jamais digéré l’humiliation subie au Mali et au Burkina avec l’expulsion de ses bases militaires d’occupation. Le dernier problème, ce sont les succès engrangés par le MPSR II sur le terrain.

Quelle était la situation nationale au Burkina Faso avant l’arrivée du président Ibrahim Traoré dans l’effort de la lutte anti-terroriste ?

Pourquoi l’impérialisme français réagit de façon frénétique ?

Quelles leçons le peuple burkinabè tire-t-il du passé pour constituer un véritable rempart dans les noirs  desseins déstabilisateurs de la France ?

La situation nationale actuelle au Burkina

Depuis le 3 octobre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré et le MPSR2 sont arrivés au pouvoir suite aux échecs répétés du  MPCR I de Damiba dans la lutte contre le terrorisme. D’aucuns se plaisent à dire que depuis leur arrivée, rien n’a changé au plan sécuritaire. C’est vrai, je ne peux pas dire que tout baigne dans l’huile aujourd’hui. Mais pouvait-il en être autrement quand on sait que le corps était très gangréné et  que certaines parties étaient en train d’être amputées ? Face à cette situation de putréfaction, caractérisée par une armée qui n’avait que de nom, au regard de toutes les contradictions dont elle est l’objet, une armée sous-équipée dont certains premiers responsables étaient devenus des hommes d’affaires, des politiciens, une armée où les plus hauts gradés dont les poitrines sont cachées par les médailles n’osent pas aller au front et j’en passe. Cette armée qui est rentrée dans la politique depuis le 3 janvier 1966 demandait à être réorganisée pour mériter son nom d’armée nationale au service du peuple burkinabè. Par ailleurs, beaucoup d’intellectuels avaient créé leurs partis politiques pour en faire des fonds de commerce (près de 200 partis à la date du 30 avril 2023 selon le site W https//fr.m.wikipedia.org>wiki). Tout ce beau monde, militaires comme  civils n’avaient aucun sentiment national. La nation est cette belle jeune fille que tout le monde courtise pour sa beauté mais pas par amour.

Le résultat, on le connaît, c’est au finish, l’occupation de 40% du territoire national par le terrorisme et l’infiltration de cette gangrène jusque dans les concessions, les ménages et même dans les assiettes. Pendant ce temps, les hommes politiques dont les fonds de commerce fondaient comme beurre au soleil réclament à tue–tête périodiquement et en cœur avec leurs maîtres occidentaux et la CEDEAO d’Emmanuel Macron, le retour à une vie constitutionnelle normale, au prix de lourds endettements pour ses élections qui, en 2020 ont coûté  21 milliards de F CFA au contribuable burkinabè dans une période de déficits budgétaires et de crise sécuritaire.

Finalement, entre le président Blaise Compaoré qui faisait du terrorisme un fonds de commerce grâce aux rançons engrangées dans les prises d’otages d’occidentaux et le président Roch Marc Christian Kaboré qui pensait que le terrorisme était le produit de l’imagination des burkinabè, ces deux ont tracé un boulevard pour les terroristes qui n’en demandaient pas mieux.

Tels sont sommairement quelques aspects de la situation nationale au lendemain de la prise du pouvoir par le capitaine Ibrahim  Traoré.

La réaction frénétique de l’impérialisme français et de ses comparses

Il faut relever qu’il s’agit d’attaques croisées contre le Burkina Faso, à l’image de la sortie piteuse du général nigérien  Abou Tarka qui condamne le gouvernement burkinabè d’avoir fait le choix de défendre de façon endogène sa souveraineté contre le terrorisme et tous ses soutiens de l’OTAN et de l’ONU. Ce général ment tellement qu’il déclare que les armées de l’OTAN au Niger sont placées sous la direction de l’Etat-Major nigérien. Ah! Pauvres de ses enfants quand un vieillard à la barbe cotonneuse ment, mais disons par courtoisie délire ? Heureusement que le ridicule ne tue pas. Il faut rappeler que lors de l’attaque du convoi entre Déou et Oursi (le 17 février 2023) ayant fait 51 morts, selon certaines sources non confirmées ni démenties, les assaillants portaient l’uniforme nigérien. La semaine dernière, le président du Comité de l’union de Tilabéri (Niger), Amadou Abdou Maïga (aujourd’hui en prison) a, au cours d’un meeting, dénoncé avec force « le déploiement de forces étrangères, notamment françaises dans le département  de Terra et Dahérou de manière à les positionner sur les frontières du Burkina et du Mali – zones convoitées par les puissances étrangères pour leurs immenses richesses naturelles». Après avoir souligné que ce déploiement des forces françaises se fait dans la perspective de lancer  des attaques contre les deux pays frères, il mentionne «la présence de mercenaires tchadiens aux côtés de forces françaises et qui sont positionnées dans leur zone de prédilection que sont les trois frontières ». Vous pouvez comprendre la sortie spectaculaire du général nigérien Tarka quand il jubile comme quoi, le Niger a confié ses destinées à la France, l’Allemagne, l’Espagne, les Etats-Unis, les alliés africains, les agences des Nation unies, etc. Bon vent au Niger, le Burkina n’a pas de leçons à donner au peuple frère du Niger quant à ses choix stratégiques. Seuls les faits nous départageront.

 A ces tribulations de  ce général Tarka, s’ajoutent les propos haineux de M. Hervé Juvin  député du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, pour une nouvelle intervention de l’armée française et de l’OTAN par « amour » pour le peuple burkinabè pour arrêter dit-il un génocide programmé dans le pays (pour plus de détail CF  l’analyse pertinente du panafricaniste Franklin Nyamsi intitulée : Au député André Juvin qui appelle à une intervention militaire de la France et de l’Union européenne au Burkina Faso). A cet effet, vous pouvez voir le site htttps : //www.youtube.com/live/ipBNHrvcPRI?feature=share). Ce nazi de la pire espèce se surprend en compassion avec le peuple burkinabè soit disant victime de génocide de la part du gouvernement burkinabè. Voilà un monsieur qui se prend de compassion pour les violences faites au peuple burkinabè, donc n’aime pas la violence et pourtant qui a été condamné le 14 octobre 2018 à 1 000 euros d’amende pour violence contre son épouse (« coups de pieds » et « coups de poings » portés sur sa femme) selon L’Obs du Lundi 7 novembre 2018. Comment ce Monsieur Juvin, qui n’est pas capable de vivre de façon humaine et digne avec sa femme, la mère de ses enfants peut avoir de la compassion pour des noirs tant détestés par les nazis et son parti le Rassemblement national (RN). Ah! Quelle hypocrisie ?

Non, M. Juvin ! Le peuple burkinabè et son gouvernement ont décidé de prendre en main leur destinée. On vous remercie de vous soucier de notre sort, mais le peuple a dit qu’il ne veut plus voir de fantassins gaulois sur le sol burkinabè ! Vous semblez oublier que c’est votre président Nicolas Sarkozy avec Barack Obama et Tony Blair qui ont fait assassiner Kadhafi et taper dans l’essaim d’abeilles que sont les terroristes. Vous êtes nos bourreaux et vous êtes mal placés pour  vous soucier du sort des peuples africains que vous détestez tant.

Les leçons que le peuple burkinabè doit tirer face à ces tirs croisés

  • La première leçon que le peuple burkinabè doit tirer, c’est l’expérience de la Révolution du 4 août 1983 et de l’assassinat du leader charismatique Thomas Sankara le 15 octobre 1987 par « son frère et ami Blaise Compaoré ». C’est dire que les châteaux forts se prennent de l’intérieur. Le peuple doit  garder cela en mémoire.
  • Le président ghanéen, Nana Akufo-Addo à l’époque président de la CEDEAO, sans sourciller lors du sommet Etats-Unis-Afrique le 15 décembre 2022 avait accusé le Burkina Faso d’avoir passé un accord avec le groupe Wagner pour combattre le djihadisme en échange de l’exploitation d’une mine. Il poursuit en disant que « les mercenaires russes sont à la frontière nord » du Ghana. Combien de temps après, personne n’a pu montrer un seul mercenaire blanc ou noir se battre aux côtés des FDS et des VDP burkinabè ?
  • La nouvelle trouvaille, sinon le plat réchauffé, c’est la notion de génocide employée très tôt dans le conflit par les champions de la stigmatisation sans jamais pouvoir apporter la moindre preuve. Je pense que pour parler de génocide, il est bon de savoir qui tue qui ? quelle est la genèse du génocide ? De plus, on a vu le député fasciste gaulois, Juvin dégainer sur le mot et demander sans emballage une intervention de l’armée française et de l’OTAN.
  • Pour créer la psychose, un « porte-parole » des terroristes avait écrit en 2022 que les terroristes projetaient de venir fêter Noël à Ouahigouya et le nouvel an à Ouagadougou. Je vous laisse tirer vos conclusions. Le peuple doit savoir faire des discernements dans les écrits surtout quand ils sont alarmistes.
  • Rappelez-vous, il n’y a pas si longtemps que ça, avant l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré, on quémandait en vain les armes à la France pour que le peuple puisse se défendre, au lieu de cela, on nous envoyait des contingents militaires, spécialement ceux de la Légion étrangère pour nous défendre. En rappel, ce corps d’armée a été créé le 10 mars 1831 par le roi Louis Philippe pour être employé en Algérie, selon Wikipedia : https://fr.m.wikipedia.org>wiki. C’est une armée qui est essentiellement composée d’étrangers. Historiquement, ce sont des gens indésirables d’un certain nombre de pays européens qui sont recrutés pour des guerres coloniales. Ainsi, cette Légion étrangère qui ne peut servir en France a joué un rôle important dans les campagnes de la France pour la colonisation de l’Afrique et de l’Asie. Aujourd’hui, elle est déployée à des fins de recolonisation. Vous comprenez pourquoi, ces soldats chassés du Mali sont obligés de vagabonder un peu partout au Sahel. Cette Légion étrangère est-elle différente d’une armée de mercenaires ? C’est vrai que la langue française a ses subtilités !
  • Au regard de tous ces faits, on est en droit aujourd’hui d’être d’accord avec le ministre de la Défense, le colonel-major Kassoum Coulibaly quand il dit qu’« il y a une coalition internationale contre le Burkina », dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ;
  • cette coalition militaro-financière internationale orchestrée par l’impérialisme français est réelle. A ce titre, parcourons le message du grand panafricaniste Alain Foka sur son compte You Tube, et qui, il y a quelques semaines écrivait: N’oublions pas« N’attendons pas que les forces étrangères, vexées par l’audace de ces jeunes officiers, s’organisent et frappent comme elles en ont l’intention dans les prochaines semaines, pour tresser des couronnes à ces jeunes qui ont bousculé les habitudes. Leur échec (celui de ces jeunes officiers) n’épargnera personne ; pas même leurs adversaires…… ». Voilà qui est clair pour ceux qui en doutaient encore.
  • Pour attester ces dires, le président de la Conférence des chefs d’Etat de la CEDEAO, Umaro Sissoco Embalo a recours au terme « génocide » pour qualifier le drame survenu dans le village de Karma le 20 avril 2023. Il va jusqu’à suggérer de traduire le Burkina à la Cour pénale internationale (CPI). Toutefois, il faut remarquer qu’aucune enquête n’a été faite pour établir les responsabilités. C’est dire qu’on condamne avant de juger.  Très vite, le coupable a été trouvé par la CEDEAO, ce syndicat de chefs d’Etat à la solde de l’impérialisme français à qui le président Macron fait des injonctions chaque fois pour sanctionner tout pays récalcitrant comme le Mali ou le Burkina Faso.
  • Des gens écrivent pour dire que rien n’a changé au plan sécuritaire depuis l’arrivée du capitaine Traoré. C’est vrai, il y a des échecs mais aussi beaucoup de succès. Seulement, ceux qui disent que la situation sécuritaire s’est empirée n’ont jamais fait un travail scientifique pour donner dans un bilan comptable des preuves. Bon nombre d’entre eux oublient que quand ils faisaient partie des régimes précédents, ils ne parlaient pas. Il faut savoir que dans une guerre, vous tuez l’ennemi, mais dans un premier temps vous ne pouvez pas éviter qu’il vous inflige aussi des pertes. Le tout est de savoir si vous subissez plus de pertes ou non que l’ennemi. Pour mémoire, la comptabilité est une opération à partie double avec un débit et un crédit. Alors, quel est le solde, messieurs les comptables?
  • Les raisons de toute cette haine intérieure sont dues aux succès retentissants qui sont engrangés au quotidien au plan militaire et qui voient s’envoler les espoirs de retour d’un grand nombre de professionnels diplômés de la politique.

 L’appel que nous lançons, c’est une très grande mobilisation du peuple burkinabè pour contrer les velléités putschistes de l’impérialisme international instrumentalisé par la France et leurs valets africains et locaux. Nous en appelons à la jeunesse burkinabè, à tous les panafricanistes pour une mobilisation constante contre les mensonges des supplétifs de la CEDEAO et de son président bissau-guinéen dans leurs tentatives putschistes. Nous prenons à témoin l’opinion internationale, et particulièrement africaine quant à l’agression qui se prépare contre un Etat souverain qui lutte pour son indépendance totale.

Peuple burkinabè, jeunesse consciente du Faso, développez vos capacités de résilience comme vous le faites, renforcez votre formation politique, soyez d’intrépides combattants. Intellectuels panafricanistes, prenez vos plumes pour ne pas laisser le champ au mensonge et à ceux qui sont « heureux dans la voie de la domination ». Si vous ne pouvez être sur le terrain militaire, soyez au moins sur le terrain intellectuel pour  éclairer et transmettre  la vérité au peuple par vos écrits.

Aujourd’hui, le problème principal qui se pose au Burkina, c’est la libération totale et sans condition du territoire national ».

Pr Taladia THIOMBIANO

 

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