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Karim La Joie, le “ binguiste” de deux semaines en France : « Je n’étais pas certain qu’un jour, j’atteindrai un tel succès »

Il est assurément l’un des humouristes les plus suivis en ce moment au Burkina et même au-delà des frontières. Il a été dévoilé au public, ou au monde entier avec ses différentes vidéos sur le “ binguiste” de deux semaines en France. Vous l’aurez deviné, il s’agit de Karim la Joie, à l’état civil, Karim Ouédraogo. L’homme de la désormais célèbre phrase “c’est qui lui ?”, a plusieurs casquettes car, en plus de l’humour, il est comédien, cinéaste et musicien. Il était dans les locaux de actuburkina, le 24 juin 2024, et avec lui, il a été question de ses débuts dans l’humour, de ses projets après cette renommée, et bien d’autres sujets. Bonne lecture !   

Présentez-vous à nos lecteurs ?

Je suis Karim Ouédraogo à l’état civil, ex-étudiant, humouriste, comédien, cinéaste et musicien au passage, connu sous le nom de Karim la Joie, le “binguiste” de deux semaines en France.

Pourquoi le nom Karim la Joie ?

Parce que j’aime voir mon entourage dans la joie, j’aime partager la joie.

 Vous avez, lors de votre présentation, parler d’ex-étudiant. Est-ce à dire que vous avez fini les études ?

Non ! je n’ai pas fini les études mais je suis un étudiant retraité. C’est dire que je peux reprendre les études à tout moment, à l’université.

Depuis quand faites-vous l’humour et comment vous y êtes venu ?

Il faut dire que l’humour est une passion pour moi. Je le faisais au quotidien et je me suis dis qu’il fallait me recadrer et embrasser une carrière qui pourra me nourrir demain. Cela m’a motivé et quand j’ai pris aussi l’exemple de quelques vétérans du milieu, je me suis dit que je pouvais apporter ma pierre et représenter mon pays, pourquoi pas l’Afrique, à travers des thèmes captivants et des messages qu’on peut véhiculer facilement.

En plus d’être humouriste, vous êtes dans le cinéma et vous faites aussi la musique.  Cela ne fait-il pas trop de cordes à votre arc ?

Je reconnais que cela fait beaucoup mais c’est aussi un avantage que de pouvoir faire plusieurs choses à la fois. Quand tu sais faire beaucoup de choses, c’est une grâce et moi je remercie Dieu parce que ce n’est pas facile d’avoir plusieurs casquettes mais quand on constate qu’on peut se défendre à n’importe quel moment, cela est bon à prendre.

Êtes-vous convaincu que l’un ne prendra pas le dessus sur les autres ?  

Personnellement, ce n’est pas le cas car il y a des talents que je ne veux pas encore mettre au grand jour. Je préfère que cela reste ainsi et le moment venu, les gens découvriront d’autres facettes de moi.

Parlant de musique, vous avez un single intitulé “Toucher le FONER”. Quel est le message que vous aviez voulu passer à travers cette chanson ?

Le FONER, il faut le dire, c’est la fortune des étudiants. Ce fonds nous a tous aidés à un moment donné et les étudiants reconnaissent très bien son utilité. Donc non seulement ma chanson visait à montrer cela mais aussi, j’ai profité pour valoriser une icône de la musique burkinabè, en l’occurrence Floby, en faisant une parodie avec sa chanson “Toucher le plafond”.

Vos sketchs avec le binguiste qui fait deux semaines en France vous a beaucoup révélé au public et au-delà des frontières burkinabè. D’où vous est venue l’inspiration sur ce thème précis ?

En réalité, je fais mes tournages chaque dimanche. Je réunis mon équipe et on fait beaucoup de vidéos. Ce jour là, nous avions fait assez de vidéos et j’ai décidé de monter cette vidéo. En réalité, c’est une idée qui m’est venue comme ça. J’ai des cahiers de notes à la maison et quand j’ai une idée, je la note sur mon téléphone, de sorte à ne pas l’oublier.  Du coup, j’ai eu cette idée et au départ, j’avais voulu mettre une journée en France, après je me suis dit pourquoi pas une semaine et au finish, je dis deux semaines valent encore mieux. J’ai alors monté la vidéo et je voulais balancer ce jour à 13h parce que c’est à cette heure que je publie habituellement mes vidéos. Je suis resté dans le doute me demandant s’il fallait publier ou non.  Finalement c’est vers 14h que j’ai publié la vidéo et en quelques minutes, j’ai constaté qu’il y avait de nombreuses vues, des likes et des partages en grand nombre. J’ai pensé que c’était un rêve car je n’avais jamais vu cela. Mais la suite, c’est dingue !  J’ai publié sur tik tok qui est venu dépasser les followers sur Facebook. Je me suis dit qu’il fallait prendre cette affaire au sérieux et je  rend grâce à Dieu. J’avais peur que ça ne puisse pas continuer avec le même rythme mais Dieu merci, les vues, les likes et partages ne font que grimper.

Karim la joie dans les locaux de ActuBurkina

 Aujourd’hui vos vidéos, c’est des millions de vues à travers le monde. Vous attendiez-vous à cela ?

Il est vrai que j’ai fait assez de sacrifices et je crois que c’est tout cela que Dieu a vu et il a mis sa baraka. Sinon, avant l’histoire du binguiste de deux semaines, j’étais audacieux, je postais des vidéos. Mais je n’étais pas trop certain qu’un jour, j’atteindrai un tel succès. C’est vraiment énorme ! En réalité, je comptais juste me faire connaître dans mon pays mais aujourd’hui, je suis connu au-delà de ma patrie, et cela m’impressionne beaucoup. Tout ce que Dieu fait est bon.

Vous avez désormais une notoriété. Quelle est la suite en ce qui concerne vos projets ?

Il faut reconnaître que les choses sont arrivées d’un coup et nous sommes en train de nous organiser pour une tournée, pourquoi pas africaine ? J’ai des retours du côté de l’Europe et du coup, je profite de l’occasion pour lancer un appel à toutes les bonnes volontés qui voudraient vraiment me soutenir, à le faire car en le faisant, elles soutiennent la comédie burkinabè et africaine.

Vous êtes dans l’humour il y a quelques deux à trois ans. Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été confrontéés ?

 

Y a-t-il des humouristes burkinabè ou étrangers qui vous ont inspiré, qui vous ont incité à aimer le métier ?

Oui. Depuis l’enfance, je suivais certains devanciers, leurs parcours. Je sais que ça n’a toujours pas été facile pour ces derniers mais moi, personnellement, je suis venu avec mon inspiration propre et j’essaie de m’inspirer du courage, de la bravoure de ces devanciers pour pouvoir m’imposer aussi dans le milieu. Des aînés nous conseillent dans l’ombre et il y a certains à qui on voudrait ressembler.

Comment Karim la joie entrevoit-il sa carrière dans 5, 10 ans ?

Dans 5 ou 10 ans, je vois un Karim la Joie comme une fierté nationale, africaine et mondiale. Si je continue de recevoir ces encouragements, dans 5 à 10 ans, c’est de réaliser mes rêves consistant à aider les plus jeunes qui voudront emprunter le même chemin.  Les gens pourront dire que j’ai bataillé et j’y suis arrivé.

Quel est le message que vous avez à adresser à ceux qui aiment ce que vous faites ?

 

Entretien réalisé par Colette DRABO

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